Le Québec peine-t-il à retenir ses immigrants francophones? (ICI Radio-Canada.ca et Désautels le dimanche)

Révision de Guy Gendron, ombudsman | Services français

Révision par l’ombudsman de Radio-Canada d’une plainte à propos d’un reportage de Danny Braün, présenté à l’émission Désautels le dimanche, le 3 juillet 2016, et de sa version écrite mise en ligne sur ICI Radio-Canada.ca le 30 juin 2016, portant sur la rétention des immigrants francophones au Québec.

LA PLAINTE

Le 2 juillet 2016, M. Guillaume Marois porte plainte contre « le reportage de Danny Braün diffusé à Désautels le dimanche et dont on peut lire une version écrite en ligne sur la page de Radio-Canada ». Le texte, intitulé Le Québec peine à retenir ses immigrants francophones, avait été publié le 30 juin 2016, quelques jours avant la diffusion du reportage radiophonique – il a été présenté en ondes le 3 juillet. La plainte est donc arrivée la veille de la diffusion du reportage radio. En conséquence, il faut en comprendre qu’elle ne porte que sur sa version web.

Selon M. Marois, ce texte « laisse sous-entendre que le Québec serait aux prises avec un sérieux problème de rétention des immigrants francophones. Ces derniers partiraient en grand nombre vers l’Ontario où l’intégration se ferait mieux ». Or, objecte-t-il, cette affirmation n’est soutenue que par le témoignage de quelques immigrants sans aucune représentativité statistique.

« Les chiffres sur la rétention des immigrants francophones diffusés par Citoyenneté et Immigration Canada, dit-il, vont d’ailleurs complètement à l’encontre de ce reportage. »

Il en veut pour preuve le rapport intitulé Mobilité interprovinciale des immigrants au Canada de 2006 à 2011, daté de juillet 2014, qui indique que « le taux de rétention des immigrants francophones unilingues est de près de 98 % » au Québec.

Le plaignant ajoute que « la seule statistique fournie par le journaliste (à l’appui de l’existence du problème de rétention des immigrants au Québec) concerne l’ensemble des immigrants et non spécifiquement les immigrants francophones ». Cette statistique est présentée ainsi dans le reportage :

« Au total, près du quart des immigrants québécois partent vers d’autres provinces canadiennes, principalement l’Ontario. »

Or, soutient le plaignant, « ce chiffre est comparable à celui des autres provinces (même si le journaliste se garde de le mentionner), ce qui ne permet pas de conclure que le Québec serait aux prises avec un problème particulier de rétention des immigrants ».

En conséquence, estime-t-il, l’information à la base de ce reportage est erronée.

LA RÉPONSE DE LA DIRECTION DE L’INFORMATION

Le 18 juillet 2016, la direction de l’Information a répondu au plaignant par la plume de M. André Dallaire. Je ne reproduirai pas ici cette réponse en entier, car elle consiste essentiellement en une énumération plutôt aride de statistiques (ceux que cela intéresse davantage trouveront en annexe de cette révision le texte intégral de la réponse de Radio-Canada et la réplique point par point du plaignant).. Elle rappelle que le reportage s’appuyait sur une étude de l’OCDE (juin 2016) et sur celle de l’Institut Fraser (juin 2016). Elle ajoute qu’une autre étude, publiée par le ministère de l’Immigration, Diversité et Inclusion du Québec (juin 2015) corrobore le problème de rétention des immigrants de langue maternelle française au Québec. Les données qu’elle contient, précise-t-on, proviennent des personnes inscrites au fichier de la Régie de l’assurance maladie du Québec.

« On y lit (p.7) que sur l’ensemble des 484 867 personnes immigrantes admises de 2004 à 2013, 366 226 étaient déclarées présentes au Québec en janvier 2015, ce qui correspond à un taux de présence de 75,5 %. »

Le taux d’absence (ou de départ) est donc de 24,5 %.

Plus loin, la réponse ajoute que lorsqu’on examine les données en retenant le critère de la langue maternelle française, chez les immigrants économiques (choisis par le Québec), le taux de départ est de 23,4 %.

Dans un deuxième temps, la réponse procède à une analyse des limites de l’étude citée à l’appui de la plainte, soit celle de Citoyenneté et Immigration Canada (juillet 2014) intitulée Mobilité interprovinciale des immigrants au Canada de 2006 à 2011. Cette étude, rappelle la direction de l’Information, utilise les chiffres provenant de la Base de données longitudinale sur les immigrants (BDIM). Or, note André Dallaire, « parmi les 1 517 250 immigrants qui sont devenus résidents permanents du Canada entre 2006 et 2011, 1 010 120 d’entre eux sont inscrits dans la BDIM. De ce nombre, 1 008 745 ont déclaré une province de destination et ont donc été pris en compte dans les calculs des taux de rétention ».

Ainsi, plus de 500 000 immigrants sont exclus de ces résultats sur les taux de rétention, un nombre très substantiel auquel il faudrait ajouter 130 000 autres pour tenir compte des limites statistiques de la BDIM « qui (selon Statistique Canada) a un taux de couplage global d’environ 87 %, (ce) qui veut dire que la marge d’erreur est de 13 % ».

Malgré les contraintes de cette étude, poursuit la direction de Radio-Canada, les données qu’elle contient « ne font que confirmer les propos du reportage » lorsqu’elles indiquent que 5 645 migrants secondaires en provenance du Québec âgés de 25 à 34 se sont installés en Ontario et que 3 175 autres, âgés de 35 à 44 ans, ont fait de même. « Fait intéressant, l’Ontario a attiré le plus grand nombre de migrants ayant déclaré ne connaître que le français à leur arrivée », souligne Radio-Canada.

Ensuite, précise la réponse de M. Dallaire, l’étude de Citoyenneté et Immigration Canada indique que « parmi les gens d’affaires (travailleurs autonomes, entrepreneurs, investisseurs et autres gens d’affaires) qui ont immigré au Québec, 78 % vivaient toujours dans cette province en 2011 ». C’est donc dire que le taux de départ de 22 % « correspond, encore là, aux données du reportage », affirme la direction de l’Information. Elle cite ensuite les chiffres concernant les immigrants travailleurs spécialisés qui sont particulièrement intéressants, car les taux de rétention du Québec et de l’Ontario sont à peu de choses près identiques : 89,6 % pour le Québec, le seuil le plus élevé au Canada, et 89,5 % pour l’Ontario. Malgré cela, poursuit la réponse de Radio-Canada, « quelque 11 600 travailleurs qualifiés et membres de leurs familles ont quitté le Québec pour s’établir principalement en Ontario (6 985 personnes) ».

Ce déluge statistique se termine par une explication à l’effet que les reportages radiophoniques se prêtent mal à la présentation d’une accumulation de chiffres et que le reportage de Danny Braün en avait donc fait l’économie.

« Cependant, à la lecture de vos observations, force est de reconnaître que le volet internet de son reportage aurait gagné à ce que diverses statistiques soient mieux exposées et leurs sources indiquées de manière claire. Nous avons donc convenu d’adjoindre au reportage écrit, publié sur le site de Radio-Canada, un encadré apportant les précisions nécessaires. »

Ainsi, le texte du reportage fut mis à jour (la dernière fois le 14 juillet 2016) et on y trouve un tableau reprenant quelques statistiques tirées de l’étude du ministère de l’Immigration, Diversité et Inclusion du Québec (juin 2015), (présence en 2015 des immigrants admis au Québec de 2004 à 2013). On y mentionne qu’en janvier 2015, 24,5 % de toutes les personnes immigrantes admises au Québec de 2004 à 2013 ne s’y trouvaient plus. Ce « taux d’absence », en ne tenant compte que des personnes immigrantes dont la langue maternelle est le français, était de 23,4 % chez les immigrants sélectionnés par le Québec (immigration économique) et de 21,7 % pour le total des immigrants francophones (soit les immigrants économiques, ceux du regroupement familial, les réfugiés et les autres catégories).

LA DEMANDE DE RÉVISION

Le 18 juillet 2016, soit à peine quelques heures après avoir reçu la réponse de Radio-Canada, M. Marois s’en déclare insatisfait et demande à l’ombudsman de se prononcer. Il précise d’entrée de jeu qu’il est docteur en démographie et postdoctorant à l’Université de Montréal où il se spécialise spécifiquement sur les questions de mobilité, « des questions que j’étudie depuis de nombreuses années ».

Si la réponse de Radio-Canada contenait beaucoup de chiffres, la réplique de M. Marois les décortique point par point. Je vais résumer ses principales objections en essayant de leur rendre justice, mais ceux que cette affaire intéresse davantage trouveront en annexe de cette révision l’intégralité des arguments et contre-arguments des deux parties.

  • Les études de l’OCDE et de l’Institut Fraser évoqués comme source du reportage ne présentent aucune donnée relative au sujet en cause, soit la mobilité interprovinciale des immigrants francophones.
  • Les chiffres tirés de l’étude du ministère de l’Immigration, Diversité et Inclusion du Québec retiennent le critère de la « langue maternelle française » alors que plusieurs immigrants francophones (parlant le français), peuvent avoir une langue maternelle autre. La mobilité interprovinciale des immigrants selon la connaissance du français lui apparaît un indicateur plus pertinent.
  • L’indicateur du « taux de départ » (ou du « taux d’absence ») n’étant pas significativement plus élevé au Québec que dans les autres provinces, « il est donc injuste de parler de problème spécifique au Québec (comme le) laisse entendre le reportage ».
  • Il est faux de dire que la marge d’erreur de l’étude de Citoyenneté et Immigration Canada est supérieure à celle du ministère de l’Immigration, Diversité et Inclusion du Québec et le grand avantage de la première est qu’elle porte spécifiquement sur la mobilité interprovinciale – « soit le sujet du reportage » – alors que la seconde ne parle que de la non-présence d’une personne dans la province, qu’elle soit décédée, repartie dans son pays, dans un autre ou déménagée ailleurs au Canada.
  • Il est exact que plusieurs immigrants francophones quittent le Québec pour se rendre en Ontario et il ne faut pas s’étonner que le Québec soit la principale province d’où provient cette migration secondaire, considérant la proximité géographique des deux provinces et le fait que le Québec se positionne en deuxième place pour le nombre d’immigrants reçus, après l’Ontario. Or, soutient le plaignant, « le reportage dit qu’il y a un problème spécifique de rétention des immigrants francophones au Québec ».
  • « Pour parler d’un problème spécifique au Québec, il faut une comparaison de la rétention avec les autres provinces, ce qui n’est pas fait ici. »
  • Or, les chiffres sur le taux de rétention des travailleurs qualifiés évoqués dans la réponse, indiquant que le Québec en détient le record canadien, « confirment qu’il n’y a pas de problème spécifique au Québec », ce qui montre qu’il est « complètement injuste de prétendre que "Québec peine à retenir ses immigrants", tel que rapporté dans le titre de l’article ».

LA RÉVISION

Introduction :

Il est assez ironique que le long reportage radiophonique de Danny Braün, qui ne contient à peu près aucune statistique (sinon une sur le pourcentage élevé d’immigrants dans la ville de Toronto), donne lieu à un tel débat de chiffres. Pour mémoire, son reportage diffusé à Désautels le dimanche, le 3 juillet 2016, avait été présenté ainsi par Frank Desoer, l’animateur de l’émission :

« Danny Braün, mon collègue, s’est rendu en Ontario il y a quelque temps, dans la grande région de Toronto, où il a rencontré de nombreux immigrants francophones qui sont passés par le Québec avant de tenter un deuxième départ réussi, cette fois, en Ontario. »

Le reportage était constitué presque entièrement de témoignages d’immigrants de multiples origines ayant en commun de maîtriser la langue française et qui, après avoir d’abord été accueillis au Québec, vivent et travaillent maintenant dans la région de Toronto. Les causes de leur migration interprovinciale sont diverses, certains disant avoir dû s’y résigner parce qu’ils n’arrivaient pas à faire reconnaître leurs compétences professionnelles au Québec, particulièrement dans le domaine de l’enseignement. Chacun y allait de son impression sur les différences culturelles entre les deux provinces, et de son expérience personnelle d’intégration dans les deux sociétés d’accueil. Le reportage d’une dizaine de minutes était suivi d’une discussion en studio avec deux spécialistes des questions de diversité et d’intégration professionnelle des immigrants, soit Thomas Gulian et Maryse Potvin. Le thème central de cet échange peut se résumer ainsi : qu’est-ce que le Québec pourrait faire pour mieux accueillir et retenir ses immigrants, particulièrement ceux qui y ont été choisis parce qu’ils parlaient la langue française et qui possèdent donc les meilleures chances de s’intégrer à cette société majoritairement francophone?

Tel que mentionné plus tôt, la plainte de M. Marois, formulée la veille de la diffusion de ce reportage, porte non pas sur son contenu, mais sur un court texte mis en ligne sur le site web d’ICI Radio-Canada, qui en offre un résumé. De la même manière qu’une traduction arrive rarement à rendre toutes les subtilités d’un texte (on dit que « traduire, c’est trahir »), résumer en moins de 500 mots un reportage de 10 minutes peut s’avérer une aventure périlleuse. On doit aller à l’essentiel, escamoter des détails, arrondir les angles, avec le risque, parfois, de déformer le propos par manque de nuances.

Les principes en cause :

Au fond, la plainte est relativement simple : elle conteste l’exactitude du titre coiffant le texte web de ce reportage : Le Québec peine à retenir ses immigrants francophones. L’exactitude est l’une des principales valeurs inscrites dans les Normes et pratiques journalistiques (NPJ) qui gouvernent le travail des employés du service de l’Information de Radio-Canada. Elle est définie ainsi :

Exactitude

« Nous recherchons la vérité sur toute question d'intérêt public. Nous déployons les efforts nécessaires pour recueillir les faits, les comprendre et les expliquer clairement à notre auditoire. (…) »

L’étude du grief :

La présentation du reportage radiophonique de Danny Braün a duré près d’une minute. L’animateur a pu y faire référence à une étude de l’OCDE rendue publique deux semaines plus tôt et décrivant la ville de Montréal comme un « véritable paradoxe », une ville « francophone, jeune, universitaire, innovatrice, culturellement vivante », mais où des immigrants ne trouvent pas d’emplois à leur mesure ou, pire, pas d’emploi du tout. « Dans bien des cas », explique Frank Desoer, la réalité qui attend des immigrants francophones au Québec « est toute autre » que celle qu’on leur avait fait miroiter; « beaucoup ont de la difficulté à se trouver un emploi, faire reconnaître leur formation professionnelle ou tout simplement s’intégrer à la culture québécoise. »

Cette longue amorce s’est résumée dans la version web du reportage par un titre de quelques mots : Le Québec peine à retenir ses immigrants francophones. Est-il exact? J’estime que oui bien que je comprenne que certains considèrent le contraire. Je pourrais le formuler autrement : ce n’est pas faux, bien que ça ne dise pas clairement « toute la vérité et rien que la vérité », comme le veut la formule consacrée. Si je reporte cet avis sur la plainte qui fait l’objet de la présente révision, je pourrais dire que M. Marois a raison de douter de la véracité de ce titre sans que pour autant Radio-Canada ait tort. Je m’explique :

Il me semble que ce titre s’appuyait moins sur une statistique que sur un contexte, soit celui de la publication de l’étude de l’OCDE, réalisée à la demande de la Ville de Montréal, et qui concluait que « les talents qui affluent à Montréal en repartent trop rapidement », selon les mots du secrétaire général de l’organisme, Angel Gurria. Les principaux journaux québécois avaient d’ailleurs mis en évidence ce problème de rétention et d’inclusion des immigrants au marché du travail, le Journal de Montréal titrant : Portrait socio-économique de Montréal : problèmes de productivité et d’intégration .

Bien sûr, cette étude ne portait pas spécifiquement sur les immigrants francophones, mais le journaliste Danny Braün – puisqu’il travaille pour la radio française de Radio-Canada – a cherché à incarner cette situation de fuite des talents en parlant à des immigrants francophones vivant aujourd’hui à Toronto après avoir d’abord vécu au Québec. Ce choix éditorial se justifie de plusieurs manières : la majorité des « migrants interprovinciaux » francophones se trouvant en Ontario proviennent du Québec, ce qui, comme le dit le plaignant, est d’ailleurs tout à fait normal étant donné la proximité géographique et le poids démographique des deux provinces; ensuite cela permet de donner une voix humaine francophone, donc plus facilement compréhensible, au problème d’intégration déploré par l’OCDE et, de surcroît, reconnu par le maire de Montréal, Denis Coderre; enfin, il me semble que le reportage repose aussi sur une proposition implicite, à savoir que le Québec, étant la seule province à majorité francophone au Canada, devrait avoir une rétention exemplaire de ses immigrants francophones.

Est-ce que « le Québec peine à retenir ses immigrants francophones », comme le dit le titre de l’article? Peiner, c’est avoir de la difficulté, ce n’est pas échouer. Qu’un immigrant francophone sur 5 ou sur 4 n’habite plus au Québec quelques années après y avoir immigré, cela me semble suffisant pour dire que la province a de la difficulté à les retenir. Et cela, peu importe la raison de leur départ, peu importe l’endroit où ils se trouvent par la suite, et peu importe si le même phénomène se produit ou non dans les autres provinces. En d’autres termes, on pourrait s’attendre à mieux. Sans doute, il aurait été préférable que le titre de l’article se rapproche davantage de la formulation utilisée dans la présentation du reportage à la radio où le phénomène était décrit avec plus de nuances en utilisant des qualificatifs comme « dans bien des cas » ou « beaucoup » pour décrire l’étendue du problème. On imagine ainsi qu’un titre affirmant que « le Québec peine à retenir plusieurs de ses immigrants francophones », par son caractère moins englobant, aurait moins prêté flanc à la critique.

L’aspect le plus récurrent de la plainte de M. Marois porte sur le fait que « le reportage dit qu’il y a un problème spécifique de rétention des immigrants francophones au Québec ». Je ne partage pas son avis. Que le Québec ait un problème ne signifie pas qu’il soit le seul à l’avoir. Rien dans le texte ne permet d’arriver à cette conclusion sinon le fait que le reportage ne s’intéresse qu’aux immigrants francophones ayant quitté le Québec, et qu’il tente de comprendre pourquoi cela s’est produit en ne faisant le parallèle qu’avec leur expérience québécoise. Or, il s’agit précisément de l’angle éditorial du reportage, le problème qu’il tente de mieux saisir. Le reportage ne se présente pas comme une analyse globale des phénomènes de migration interprovinciale au Canada, un sujet d’étude sans doute fascinant. Il tente plutôt d’éclairer un débat, de participer à une meilleure compréhension d’un enjeu d’intérêt public et de refléter les diversités régionales et culturelles du pays, autant d’aspects au centre de la mission de service public de Radio-Canada.

Avant de conclure, je me dois de corriger une erreur sans doute involontaire des deux parties dans cette affaire à propos des chiffres provenant de l’étude de Citoyenneté et Immigration Canada sur la mobilité interprovinciale des immigrants. Leur interprétation de ces statistiques en ce qui concerne la langue me semble un peu hasardeuse dans la mesure où les données de cette étude rapportent non pas l’appartenance linguistique des immigrants mais leur « langue officielle connue à l’admission » au Canada : soit l’anglais, soit le français. Ainsi, un immigrant venu d’Espagne, dont l’espagnol serait la langue maternelle et la seule langue d’usage à la maison mais qui possédait quelques notions de français à son arrivée au Canada, se retrouverait dans la case « français » de cette étude. De là à dire qu’il ne connaît « que le français à (son) arrivée », comme l’écrit la direction de l’Information de Radio-Canada, ou encore de parler d’ « immigrants francophones unilingues » comme le fait le plaignant, il y a un grand pas qui ne facilite pas la compréhension de cette affaire.

Conclusion

Le texte du reportage de Danny Braün, mis en ligne sur ICI Radio-Canada.ca le 30 juin 2016 sous le titre Le Québec peine à retenir ses immigrants francophones, respecte les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada bien qu’une formulation moins générale de cette affirmation eut été plus conforme à la valeur d’exactitude.

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Annexe : La réponse de la direction de l'Information à M. Guillaume Marois et la réplique de ce dernier.

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