Doit-on toujours corroborer les reportages des autres médias avant d’en faire état? (ICI Radio-Canada.ca)

Révision de Pierre Tourangeau, ombudsman | Services français

Révision par l’ombudsman de Radio-Canada d’une plainte à propos d’un article publié sur ICI Radio-Canada.ca portant sur le recours aux lois contre les crimes haineux.

LA PLAINTE

Le plaignant est M. David Ouellette, directeur associé, affaires publiques (Québec), du Centre consultatif des relations juives et israéliennes, un groupe de pression qui défend les intérêts de la communauté juive canadienne et de l’État d’Israël.

M. Ouellette se plaint d’un article publié le 11 mai 2015 sur ICI Radio-Canada.ca portant sur le recours aux lois contre les crimes haineux à l’endroit de ceux qui appellent au boycottage d’Israël. Il considère que cet article a enfreint la valeur d’exactitude des Normes et pratiques journalistiques (NPJ) de Radio-Canada.

Cet article était en fait l’adaptation française d’un reportage paru le même jour du journaliste de la CBC, Neil Macdonald. Je précise d’entrée de jeu qu’il ne me revient pas de traiter les griefs que le plaignant entretient à l’égard de l’article original de M. Macdonald puisque cette tâche appartient, le cas échéant, à ma collègue ombudsman de la CBC, Mme Esther Enkin.

M. Ouellette en a également contre les propos tenus sur le même sujet le 12 mai 2015 par l’animatrice de l’émission radiophonique Phare Ouest, Mme Marie Villeneuve, sur ICI Radio-Canada Première à Vancouver. Les responsables de l’émission n’ayant pas encore répondu au plaignant, je m’abstiendrai de traiter cet aspect de la plainte dans la présente révision.

Voici les extraits pertinents à cette révision de la plainte de M. Ouellette :

« Le 11 mai dernier, la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) a publié un reportage de Neil Macdonald intitulé Ottawa threatening hate charges against those who boycott Israel. Trois heures plus tard, Radio-Canada a publié une brève qui informait que "le gouvernement canadien de Stephen Harper a l’intention d’utiliser les lois contre les crimes haineux contre les groupes de pression canadiens qui appellent au boycottage d’Israël" (Keefer, Michael : Criminalizing Criticism of Israel in Canada, globalresearch.ca, 2 avril 2014).

La prémisse du reportage de Neil Macdonald repose sur des spéculations distribuées sur Internet depuis un certain temps par des militants anti-Israël. En effet, ceux-ci prétendent depuis l’introduction en 2014 du projet de loi C-13 sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité qu’un amendement apporté à la définition de groupe identifiable qui y ajoute, entre autres, le critère d’origine nationale, est un "cheval de Troie" visant à criminaliser les appels au boycottage d’Israël et des Israéliens.

Neil Macdonald a entrepris de demander au ministère de la Sécurité publique si celui-ci disposait des outils légaux pour honorer l’engagement déclaré du ministère des Affaires étrangères canadien à combattre l’antisémitisme et la campagne de boycottage d’Israël. La porte-parole du ministère de la Sécurité publique a redirigé le journaliste à plus d’une reprise vers le ministère des Affaires étrangères en guise de réponse à ses questions sur la campagne de boycottage anti-Israël.

Néanmoins, lorsque la porte-parole du ministère de la Sécurité publique a fourni à Neil Macdonald les provisions du Code criminel qui traitent de propagande haineuse et lui a fait part d’un programme gouvernemental d’infrastructure sécuritaire pour les communautés à risque de crimes haineux, sans doute pour répondre à sa question sur l’antisémitisme, le journaliste a hâtivement conclu que le gouvernement "signale son intention d’utiliser les lois sur les crimes haineux contre les groupes de pression qui prônent les boycottages d’Israël". Comme l’a noté La Presse en éditorial le 14 mai, "elle n’a pas précisé si cela référait à l’antisémitisme en général ou au boycottage, ni ce que le gouvernement entendait faire avec cet arsenal juridique".

Bref, les conclusions de l’article de la CBC, reprises et relayées par Radio-Canada, relèvent de la spéculation. Tant et si bien que quelques heures après la publication du reportage, la CBC a elle-même changé le titre de Ottawa threatening hate charges against those who boycott Israel à Ottawa cites hate crime laws when asked about its 'zero tolerance' for Israel boycotters. En fait, les articles de Radio-Canada et de la CBC sont tellement dépourvus de fondement, que La Presse a pris la mesure inhabituelle de les réfuter magistralement dans l’éditorial cité plus haut en concluant que "les faits sont limpides. La menace reste imaginaire".

Ce n’est pas la première fois que les allégations de ces groupes anti-Israël font surface dans les médias. Le 19 mars 2014, le correspondant parlementaire du Chronicle Herald, Paul McLeod y avait consacré un article, à la lecture duquel on ne peut que déplorer le manque de diligence de la CBC et de Radio-Canada. Car contrairement au radiodiffuseur public, le quotidien de Halifax a déployé "les efforts nécessaires pour recueillir les faits, les comprendre et les expliquer clairement", comme le stipule la valeur d’exactitude enchâssée dans les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.

Ainsi, le Chronicle Herald a noté que le Code criminel faisait déjà référence à l’origine nationale et que la Charte canadienne des droits et libertés proscrit déjà la discrimination en fonction de l’origine nationale. On ajoutera, question de démontrer que l’amendement, loin d’être exceptionnel, innovateur ou suspect, harmonise le Code criminel avec les chartes des droits de la personne du Québec, de l’Ontario, du Saskatchewan, du Manitoba et de la Nouvelle-Écosse.

De plus, le quotidien de Halifax a cherché d’autres explications que les allégations avancées par les groupes anti-Israël pour l’amendement apporté au Code criminel en s’adressant au ministère de la Justice. Celui-ci a expliqué au journaliste que "l’amendement est conçu pour correspondre au libellé d’un protocole du Conseil européen" sur les discours haineux.

Enfin, le Chronicle Herald ne s’est pas contenté, à la différence de la CBC et de Radio-Canada, de donner la parole aux groupes anti-Israël, mais a consulté une experte en droit antidiscrimination qui a soutenu que "le libellé est probablement conçu pour offrir davantage de protection aux immigrants dont les origines ethniques et nationales ne sont pas toujours alignées".

Il est d’autant plus navrant que Radio-Canada n’ait pas respecté sa "valeur d’exactitude" que j’avais pris soin, en anticipation à la publication d’une version française de l’article de la CBC, de contacter le directeur de la rédaction numérique de Radio-Canada pour lui relater les éclaircissements que je présente ici.

Malheureusement, Radio-Canada n’a pas tenu compte de mes arguments (…) et il aura même fallu que j’intervienne pour que le déni catégorique du gouvernement y soit rapporté, des heures après qu’il eut été rapporté dans d’autres médias.

(…)

Je vous soumets donc, en conclusion, que la brève et l’article de Radio-Canada, fondés sur des allégations et des conclusions spéculatives, n’ont pas respecté la valeur d’exactitude des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada (…). »

LA RÉPONSE DE LA DIRECTION DE L’INFORMATION

M. Pierre Champoux, directeur de la rédaction numérique à ICI Radio-Canada.ca, a répondu au plaignant au nom de la direction de l’Information.

Voici l’essentiel de sa réponse :

« Dans votre plainte, vous évoquez notre conversation téléphonique de l’après-midi du 11 mai 2015, alors que vous aviez pris la peine de me mettre en garde contre certaines conclusions auxquelles était parvenu Neil Macdonald dans son article publié sur CBC.ca. Vous vous expliquez donc mal la publication, peu de temps après, sur ICI Radio-Canada.ca, d’un article reprenant l’essentiel de l’histoire de CBC.

Je serai transparent avec vous, M. Ouellette.

Au moment de notre échange, je connaissais l’existence de la brève parue en matinée dans le fil d’information en continu, mais j’ignorais que la rédaction numérique s’apprêtait à publier un article plus étoffé. Je ne peux ni ne cherche à être informé de chaque article que nous mettons en ligne : ICI Radio-Canada.ca en publie plus de 150 par jour. J’ai fort probablement appris l’existence de notre article (publié à 17 h 34) en même temps que vous, peu après notre conversation téléphonique. Je conçois donc que vous ayez eu l’impression de ne pas avoir été entendu mais je vous assure qu’il n’en est rien. J’ajouterai également que la mise à jour (à 19 h 10) incluant le démenti du ministre Blaney était complètement indépendante de votre intervention, même si les apparences peuvent laisser paraître le contraire. Ce démenti a été ajouté au texte dès qu’il a été porté à l’attention du secrétaire de rédaction.

Il ne m’appartient pas, je crois, de juger de la démarche journalistique ayant conduit à la publication de l’article de Neil Macdonald sur CBC.ca. Pas plus que mon équipe n’a à douter de la crédibilité de son contenu, si tant est qu’elle juge pertinent de reprendre l’histoire pour publication sur ICI Radio-Canada.ca. Comme tout journaliste de Radio-Canada/CBC, Neil Macdonald est réputé faire son travail dans le respect des Normes et pratiques journalistiques de la Société. En adaptant son histoire pour nos plateformes numériques francophones, mon équipe travaillait l’esprit tranquille et ne sentait pas le besoin de vérifier chaque information, chaque affirmation contenues dans l’article de Neil Macdonald. Nous avions cependant la responsabilité d’assurer un suivi et c’est ce que nous avons fait en ajoutant la réaction du ministre Blaney. Enfin, j’approuve pleinement la décision de mon équipe de reprendre l’histoire de CBC. »

LA DEMANDE DE RÉVISION

M. Ouellette n’a pas été convaincu, estimant toujours qu’ICI Radio-Canada.ca « a adapté un reportage spéculatif qui ne semble pas respecter la valeur d'exactitude et qui a laissé de côté des informations ajoutées au reportage de la CBC qui mettaient à mal les spéculations de son auteur ».

Il ajoute que l'éditorial de La Presse et l'article du Chronicle Herald, qu’il a cités en exemple, démontrent que CBC et Radio-Canada « n'ont pas déployé tous les efforts pour recueillir les faits et les expliquer clairement ».

En conséquence, il a souhaité que je révise sa plainte.

LA RÉVISION

Comme je l’ai indiqué plus haut, il ne me revient pas de juger si l’article publié sur CBC.ca par le journaliste Neil Macdonald enfreint ou non les NPJ.

Toutefois, en toute logique, je ne peux en faire abstraction si je dois me prononcer sur l’adaptation en français qui en a été faite et diffusée sur ICI Radio-Canada.ca.

Je m’en tiendrai donc, à propos de l’article de CBC.ca, à quelques considérations.

D’abord, le propos de l’article était légitime et d’intérêt public pour les raisons suivantes :

  • Le ministre de la Sécurité publique du Canada, M. Steven Blaney, a effectivement dénoncé devant l’ONU, le 22 janvier 2015, la campagne internationale de boycottage contre Israël qu’il associait à de l'antisémitisme, celui-ci étant visé par les lois sur les crimes haineux (« Le Canada a adopté une approche de tolérance zéro à l’égard de l’antisémitisme et de toute forme de discrimination, y compris la rhétorique contre Israël, et les tentatives de délégitimer Israël, comme le mouvement de boycottage, désinvestissement et sanctions. » , tiré du site du te du ministère des Affaires étrangères du Canada;
  • Israël et Ottawa ont effectivement signé un protocole d’entente le 21 janvier 2015 engageant le Canada à lutter contre cette campagne par la voie de la « diplomatie ouverte »;
  • La France a effectivement utilisé des lois contre les crimes haineux pour accuser, et parfois condamner, des militants appelant au boycottage d’Israël;
  • Le plaignant estime que « la prémisse du reportage de Neil Macdonald repose sur des spéculations distribuées sur Internet depuis un certain temps par des militants anti-Israël ». En fait, ces « spéculations » découlent des éléments que je viens d’indiquer et qui font que les organismes canadiens appelant au boycottage d’Israël craignent que le gouvernement utilise les provisions du Code criminel contre les crimes haineux à leur endroit.

Je rappelle que l’article de la CBC reposait sur un échange de questions et de réponses entre le journaliste Neil Macdonald et la porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Mme Josée Sirois.

À mon humble avis, sur la base de cet échange, il ne m’apparaît pas évident qu’on pouvait conclure hors de tout doute, comme l’a fait le journaliste dans la première phrase de l’article, « que le gouvernement Harper avait l’intention de recourir aux lois sur les crimes haineux contre les groupes qui plaident en faveur du boycottage d’Israël (The Harper government is signalling its intention to use hate crime laws against Canadian advocacy groups that encourage boycotts of Israel) ».

Cette phrase a été traduite ainsi dans l’adaptation française qui a été faite du reportage de M. Macdonald sur ICI Radio-Canada.ca :

« Le gouvernement fédéral songe à utiliser les articles du Code criminel contre la propagande haineuse pour s'en prendre aux organismes qui militent en faveur du boycottage des produits israéliens, rapporte CBC. »

M. Ouellette voit dans le fait pour ICI Radio-Canada.ca d’avoir rapporté cette conclusion et le contenu de l’article de CBC une infraction à la valeur d’exactitude des NPJ de Radio-Canada qui demande aux journalistes de déployer « les efforts nécessaires pour recueillir les faits, les comprendre et les expliquer clairement ».

Je ne peux partager ce point de vue. Car dans le présent cas, comme chaque fois qu’on adapte du matériel qui vient d’agences de presse ou d’un autre média, les faits ont été recueillis par d’autres.

Dans ces circonstances, il est irréaliste de penser qu’on peut refaire la recherche et la cueillette d’information nécessaires pour valider les faits. S’il fallait se plier à pareil exercice, les médias d’information seraient amputés d’au moins la moitié de leur contenu. Évidemment, on ne peut pas publier n’importe quoi. C’est pour cette raison que les médias utilisent, en les citant, des sources fiables et crédibles comme les grandes agences de presse, ou les médias importants.

Je remarque que c’est exactement ce qu’ICI Radio-Canada.ca a fait dans l’adaptation française du texte de la CBC (« le gouvernement fédéral songe à utiliser… selon CBC »).

J’ajoute que le titre de l’article, Vers la criminalisation du boycottage d'Israël au Canada?, utilise la forme interrogative, ce qui vient relativiser le contenu de l’article de CBC.

Pour le reste, je considère que les rédacteurs d’ICI Radio-Canada.ca ont fait « les efforts nécessaires » pour comprendre les faits et « les expliquer clairement ».

Le plaignant estime que l’article de Neil Macdonald et, en conséquence, son adaptation française ne sont que « spéculations » qui ne résistent pas à l’analyse. Il en veut pour preuve un article du Chronicle Herald, de Halifax, et de La Presse, de Montréal, qui en arrivent à des conclusions différentes.

Je soumets que l’article du quotidien d’Halifax fait lui aussi mention des craintes exprimées dans l’article de la CBC, même s’il présente des opinions divergentes.

Quant à l’éditorial du quotidien montréalais, il s’agit essentiellement d’un point de vue qui repose sur une interprétation différente des faits.

Je note toutefois que l’éditorialiste conclut que le message « sans nuance » et « partisan » du gouvernement Harper sur la question des appels au boycottage d’Israël, « ses déclarations laconiques envoyées par courriel sous forme de copier-coller » n’aident pas à « décoder » ce que signifient concrètement ses politiques présentées « en slogans ».

Et c’est justement ce flou qui rendait le projet de l’article de Neil Macdonald pertinent.

Cela dit, M. Ouellette reproche au directeur de la rédaction numérique d’ICI Radio-Canada.ca, M. Pierre Champoux, de ne pas avoir réagi à la mise en garde qu’il lui a servie au téléphone après la publication par CBC de l’article de Neil Macdonald, mais avant qu’ICI Radio-Canada.ca n’en publie l’adaptation française.

« Malheureusement, écrit-il, Radio-Canada n’a pas tenu compte de mes arguments (…) et il aura même fallu que j’intervienne pour que le déni catégorique du gouvernement y soit rapporté, des heures après qu’il eut été rapporté dans d’autres médias. »

M. Pierre Champoux, à qui j’ai parlé pour les besoins de cette révision, admet que M. Ouellette lui a fait part dans un courriel envoyé à 18 h 40 du démenti du ministère de la Sécurité publique.

Mais il assure n’en avoir pris connaissance et n’y avoir répondu qu’à 19 h 20, soit dix minutes après que la version modifiée du reportage ait été publiée.

Il ajoute que c’est à la suite d’un coup de téléphone du porte-parole du ministre Steven Blaney, M. Jean-Christophe de Le Rue, que le secrétaire de rédaction en fonction en début de soirée a modifié l’article pour tenir compte du démenti.

M. de Le Rue réagissait ainsi à l’article qui avait été mis en ligne à 17 h 34. Il a alors qualifié l’article original de CBC « d'inexact et ridicule », y voyant une « bizarre théorie du complot ».

Le titre de l’article a donc été modifié pour mentionner le démenti (Vers la criminalisation du boycottage d'Israël au Canada? Ottawa dément), et la première phrase du reportage a été mis au conditionnel (« songerait »).

M. Ouellette croit que le démenti aurait dû être rapporté avant, d’autres médias l’ayant fait « des heures » plus tôt, avant même que Radio-Canada publie son article à 17 h 34.

Il est vrai que le réseau Global a publié à 16 h 07 une dépêche rapportant le démenti d’un porte-parole du ministre Blaney, mais on y indiquait aussi que le bureau du ministre refusait de dire sans équivoque que le gouvernement n’utiliserait jamais les lois sur les crimes haineux contre ceux qui encouragent, planifient ou participent à des boycottages.

Vrai aussi que CBC a inclus le court démenti dans un article complémentaire à son texte principal. Cet article, intitulé Lisez l’échange de courriels entre Neil Macdonald de la CBC et le ministère de la Sécurité publique du Canada (Read email exchange between CBC's Neil Macdonald and Public Safety Canada), ne fait aucune mention du démenti dans le titre. Il a été publié à 18 h 15.

C’est finalement à 19 h 10 que Radio-Canada a modifié son article pour inclure le démenti, soit 1 h 36 min après sa diffusion.

CBC, de son côté, n’a mis en ligne un texte portant clairement le démenti qu’à 21 h 56 (Tories deny plan to use hate crime laws against Israel boycotters; Les conservateurs nient vouloir utiliser les lois contre les crimes haineux contre ceux qui boycottent Israël).

Je suis suffisamment familier avec le travail d’un « pupitre » dans une salle de rédaction pour savoir qu’on ne peut constamment surveiller les fils de presse et les réseaux concurrents qui vous inondent d’informations et de nouvelles en provenance de partout.

Lorsque des nouvelles d’importance éclatent, tous les moyens sont pris par ceux qui les diffusent, agences de presse, médias, organismes ou gouvernements, pour les faire connaître : alertes sonores sur les fils de presse, bulletins, flashs d’information, etc. Le cas échéant, on doit donc s’attendre à ce qu’on y réagisse rapidement.

Dans le cas présent, on ne peut guère reprocher à un secrétaire de rédaction de ne pas avoir remarqué la dépêche d’un réseau anglophone, ou encore une mention enterrée dans un article annonçant tout autre chose.

D’autant que les gouvernements ou les organismes publics réagissent habituellement à des reportages les concernant ou les mettant en cause par communiqué transmis par des agences spécialisées. D’après ce que j’ai pu constater, ce n’est pas la méthode qu’a retenue le cabinet du ministre de la Sécurité publique, ses porte-paroles se contentant de réagir au cas par cas en appelant directement les médias qui faisaient état du reportage de la CBC pour en démentir le contenu.

Conclusion

ICI Radio-Canada.ca n’a pas enfreint les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada le 11 mai 2015 en adaptant un article publié sur CBC.ca portant sur le recours aux lois contre les crimes haineux à l’endroit de ceux qui appellent au boycottage d’Israël.

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Version PDF de la révision.

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