Impartialité : la vérité est au fond du puits (Pas de midi sans info)

Révision de Pierre Tourangeau, ombudsman | Services français

Révision par l’ombudsman de Radio-Canada d’une plainte à propos d’une entrevue diffusée sur ICI Radio-Canada Première, le 27 août 2014.

LA PLAINTE

La plaignante, Mme Oro Anahory-Librowicz, en a contre une entrevue menée par le journaliste Jacques Beauchamp, diffusée sur ICI Radio-Canada Première, le 27 août 2014, dans le cadre de l’émission Pas de midi sans info qu’il anime. Mme Anahory-Librowicz estime que cette entrevue était truffée de mensonges et d’omissions.

L’entrevue avec M. Nago Humbert, le président fondateur de Médecins du monde Suisse, portait sur les conséquences pour les Gazaouis du conflit armé entre Israël et le Hamas, au pouvoir à Gaza, pour lequel on venait de s’entendre sur les conditions d’un cessez-le-feu permanent.

Voici la plainte de Mme Anahory-Librowicz :

« La discussion porte sur le dernier cessez-le-feu entre Hamas et Israël. Le journaliste semble sceptique quant au respect du cessez-le-feu. On s’attendrait à ce qu’il explique pourquoi, à savoir que le Hamas a rompu 12 fois les accords de cessez-le-feu dans la dernière confrontation qui a opposé les deux parties : les 15, 17, 20, 26, 27 et 28 juillet; les 1er, 4, 5-8 (deux fois), 10-13 et 19 août. Mais, à aucun moment dans cette entrevue, il n’a été question des violations du Hamas. C’est tout de même étonnant!

Nago Humbert (l’invité) : « Le blocus épouvantable de Gaza depuis 2006 qui prive la population ». Le blocus a été imposé en 2007, après la prise de pouvoir de Gaza par le Hamas. Ce dernier fait est sciemment ignoré alors qu’il est fondamental pour comprendre la situation. Comment réagirait tout autre pays devant un ennemi dont le but avoué est de l’oblitérer? Protéger ses frontières. C’est ce qu’Israël a fait. Cependant, depuis 2007, tous les jours il y avait des camions – d’Israël vers Gaza – chargés de vivres, de médicaments et de matériaux de construction (qui ont servi à creuser des tunnels et non pas à construire des écoles, des immeubles ou des hôpitaux). De plus, Israël fournit l’eau et l’électricité aux habitants de Gaza, du jamais vu entre deux belligérants! Tous ces faits sont passés sous silence.

Jacques Beauchamp (le journaliste) demande à son invité : « Est-ce qu’on n’est pas pris au piège où chaque 3 ou 4 ans Israël décide de refrapper à nouveau? ». M. Beauchamp décide d’ignorer le fait que, chaque fois qu’il y a eu une opération militaire à Gaza, Israël a répondu à d’incessants tirs de roquettes sur ses civils. Donc ce n’est pas qu’Israël « décide de refrapper », mais que le Hamas provoque une confrontation en décidant lui de lancer des roquettes sur la population civile israélienne. Israël, comme tout autre pays dans une situation semblable, ne fait que se défendre.

Nago Humbert parle de Gaza comme d’un « pays occupé ». Mais Gaza a été évacué par Israël en 2005. Ce mensonge n’est pas contredit par le journaliste, comme il aurait dû l’être.

Jacques Beauchamp soulève la question des boucliers humains dont se sert le Hamas pour se protéger. A quoi Nago Humbert réplique de façon plus que désinvolte que « tout Gazaoui est un bouclier humain », se faisant ainsi complice de la stratégie répugnante du Hamas de sacrifier sa propre population, y inclus femmes et enfants, pour accroître le nombre de victimes civiles et tourner l’opinion publique contre Israël.

Nago Humbert s’indigne contre les frappes israéliennes sur des abris et écoles de l’ONU. A quoi M. Beauchamp réplique prudemment : « On suspecte qu’il y ait de l’armement de Hamas » dans ces bâtiments de l’ONU. A quoi M. Humbert répond qu’il ne sait pas ce qu’il y a dans ces édifices. Or l’ONU a bien reconnu que des armements étaient bel et bien cachés dans ses écoles et abris, car ceci est documenté par des photos et vidéos.

Nago Humbert dit que des ambulances ont été frappées par Israël. Là encore, transporter des terroristes dans des ambulances est une stratégie connue du Hamas.

Jacques Beauchamp : « Gaza était bouclée complètement ». Ceci est faux, il y avait des convois de nourriture, médicaments, … (voir ci-dessus).

D’autres faits importants qui ne sont pas révélés aux auditeurs :

  • Personne ne peut entrer et opérer à Gaza sans l’appui du Hamas, surtout les journalistes, médecins et ONG. Alors M. Humbert, qui se rend deux fois par an à Gaza, doit se plier à la censure imposée par Hamas quant à ce qu’il révèle ou ne révèle pas. Par conséquent, ceci enlève toute crédibilité à ses propos. Ce n’est pas « un point de vue humanitaire » qui est présenté, comme l’annonce Radio-Canada. C’est le point de vue du Hamas.
  • Israël soigne dans ses hôpitaux des victimes civiles de Gaza.
  • Israël a ouvert des cliniques mobiles pour soigner les civils palestiniens le long de la bande de Gaza et Hamas a attaqué ces cliniques pour empêcher sa propre population d’être soignée.

Mais le fait le plus important qui est passé sous silence c’est l’immense fossé moral et idéologique entre Israël, un pays libre et démocratique, qui partage les mêmes valeurs que le Canada et le monde occidental, et le Hamas, organisation terroriste dont la charte précise que son objectif est de détruire Israël et sa population juive.

En ignorant délibérément ce fait, Radio-Canada cultive l’ignorance du public et fait preuve d’aveuglement moral dans sa couverture d’un conflit sans précédent, où l’un des belligérants a un objectif ouvertement génocidaire. En ignorant cette vérité, les faiseurs d’opinion deviennent complices de ce projet macabre. »

LA RÉPONSE DE LA DIRECTION DE L’INFORMATION

Mme Micheline Dahlander, chef, Diversité et Relations citoyennes, a répondu à la plaignante au nom de la direction de l’Information.

Voici sa réponse :

« Vous critiquez l’entrevue menée par l’animateur Jacques Beauchamp avec Nago Humbert, le président fondateur de Médecins du monde Suisse (...). Vous estimez que l’entretien est truffé de mensonges.

(…)

D’abord, revenons sur les faits. Israël et le Hamas ont conclu la veille un accord de cessez-le-feu permanent dans la bande de Gaza, sous l’égide de l’Égypte, après 50 jours de combats et plus de 2 000 morts. Cet accord prévoit notamment l’ouverture des points de passage entre Israël et Gaza, l’extension des zones de pêche et la levée partielle du blocus. L’animateur a ainsi interrogé M. Humbert sur deux aspects : la durabilité de ce cessez-le-feu et l’ampleur de la tâche qui attend les travailleurs humanitaires à Gaza.

Vous mentionnez que le blocus de Gaza a commencé en 2007 et non en 2006, comme l’a indiqué le fondateur de Médecins du monde Suisse. En fait, Israël et l’Union européenne suspendent dès 2006 l’aide directe au gouvernement palestinien à la suite de l’élection du Hamas. En 2007, le gouvernement israélien décrète la fermeture de tous les points de passage entre Gaza et Israël. Il réduit aussi considérablement le nombre de produits autorisés à entrer à Gaza.

Lorsque Jacques Beauchamp demande à son invité "est-ce qu’on n’est pas pris dans un piège où à chaque 2, 3, 4 ans Israël décide de refrapper à nouveau?", l’animateur fait référence aux conflits armés entre le Hamas et Israël déclenchés de manière cyclique, soient ceux de l’été 2014, de l’été 2012 et de l’hiver 2008-2009. Il ne s’agit nullement ici de prendre parti pour l’un ou l’autre des belligérants.

Vous reprochez aussi à M. Humbert de se faire complice de la stratégie "répugnante du Hamas de sacrifier sa population" lorsqu’il dit que "tout Gazaoui est un bouclier humain". Nous croyons plutôt que ces propos font référence à la difficulté pour les civils de Gaza de se protéger des frappes israéliennes dans un territoire minuscule et fortement peuplé, l’un des plus denses de la planète.

Vous affirmez qu’il est mensonger de parler de Gaza occupé, car les colons juifs s’y sont retirés en 2005. Pourtant, Israël continue de contrôler l’espace aérien, maritime et les frontières de Gaza. Selon l’ONU "après le retrait d’Israël, la bande de Gaza est devenue un territoire hermétiquement fermé, prisonnier et occupé".

Enfin, vous contestez la crédibilité du fondateur de Médecins du monde Suisse en raison de son travail humanitaire à Gaza. Vous estimez que pour entrer et œuvrer à titre de médecin à Gaza, il faut épouser la cause du Hamas, ce qui est inexact.

Nous savons que le conflit israélo-palestinien, par sa durée et sa complexité, déchaîne les passions et nous avons le souci de le traiter avec la plus grande neutralité possible. Nous vous rappelons que les journalistes et animateurs de Radio-Canada sont soumis à un strict code d’éthique. Ils n’ont pas à prendre parti en faveur ou contre Israël ou le Hamas. Ils sont conscients des attentes élevées du public à cet égard. »

LA DEMANDE DE RÉVISION

Cette réponse n’a pas du tout convaincu Mme Anahory-Librowicz et c’est en ces termes qu’elle m’a demandé de réviser sa plainte :

« Cette réponse me parait insatisfaisante et incomplète pour les raisons suivantes :

  • Paragraphe # 3 : chaque conflit entre Israël et le Hamas, cité par Mme Dahlander a été provoqué par des tirs de roquettes répétés du Hamas sur la population civile israélienne. Pourtant M. Beauchamp demande à son invité : "Est-ce qu’on n’est pas pris au piège où chaque 3 ou 4 ans Israël décide de refrapper à nouveau?" au lieu de dire que chaque conflit a été déclenché quand le Hamas décide d’attaquer les civils israéliens. Mme Dahlander dit que Radio-Canada ne prend pas partie pour l’un ou l’autre des belligérants. Or le parti pris est évident.
  • Paragraphe # 4 : au sujet des boucliers humains, on ne peut pas tout simplement dire que "tout Gazaoui est un bouclier humain" lorsqu’on sait que le Hamas emploie sciemment une stratégie d’utiliser des civils comme boucliers humains pour multiplier le nombre de victimes civiles. Il a été documenté que le Hamas tire des roquettes à partir de mosquées, d’écoles, hôpitaux et de résidences. De plus, l’armée israélienne fait tout pour protéger les civils. Aucune armée au monde ne prévient de l’heure et du lieu où elle va frapper. Le Hamas, par contre, oblige la population de Gaza à ne pas se déplacer pour se mettre à l’abri. Même Mahmoud Abbas de l’Autorité palestinienne tient le Hamas responsable des pertes civiles palestiniennes. Mme Dahlander ne semble pas accepter les faits.
  • Paragraphe # 5 : Mme Dahlander cite l’ONU pour dire que Gaza est un territoire occupé, sans donner aucune source. Quelle agence de l’ONU, est-ce là où siègent les régimes les plus totalitaires de la planète (l’Iran, la Syrie, la Chine, l’Arabie saoudite et d’autres) qui n’ont d’autre souci que de convoquer leurs membres périodiquement pour condamner Israël afin de détourner l’attention des abus et des crimes dont sont responsables leurs propres dirigeants?

Finalement, Mme Dahlander n’a pas commenté les faits que j’ai mentionnés et qui ont été omis par votre journaliste :

  • Les bâtiments de l’ONU qui sont utilisés comme caches d’armes par le Hamas.
  • Les convois de nourriture et de médicaments qui arrivent tous les jours à Gaza depuis Israël.
  • L’abime moral qui sépare Israël et le Hamas.

C’est Descartes qui dit qu’une vérité partielle équivaut à un mensonge. Alors un journaliste ne peut mentionner certains faits et en cacher d’autres. »

LA RÉVISION

Le conflit israélo-palestinien est une inépuisable source de plaintes à l’endroit des contenus d’information qui en traitent à Radio-Canada. Très souvent, ces plaintes accusent les journalistes de partialité.

À de nombreuses reprises, j’ai eu l’occasion d’expliquer dans mes révisions que les auditeurs reçoivent et perçoivent ces contenus à travers le prisme de leurs propres valeurs, opinions et sensibilité. Lorsque leur avis sur une question ou un événement est très tranché, ils en considèrent la couverture journalistique hostile, ou beaucoup plus hostile à leur point de vue qu’elle ne l’est vraiment. Ce phénomène, d’ailleurs largement documenté et étudié dans les facultés de journalisme et de communication, porte un nom : l’effet du média hostile.

L’interminable et déplorable conflit entre les Palestiniens de toutes tendances et Israël n’est pas le seul à générer ce genre de réactions : il en va de même chaque fois qu’un enjeu social important soulève les passions dans la population et la mobilise en deux camps franchement opposés, comme ce fut le cas pour ce qu’on a appelé au Québec le « printemps érable » en 2012, ou pour le débat sur la « charte des valeurs québécoises », proposée par le Parti québécois en 2013 lorsqu’il était au pouvoir.

Dans le cas présent, Mme Anahory-Librowicz interprète de son propre point de vue des événements en affirmant que ce sont des faits indéniables. Par exemple, il est vrai qu’officiellement Israël motive ses attaques contre le Hamas par les tirs de roquettes contre son territoire, mais, en réalité, ces tirs se poursuivent sans arrêt depuis 2001. Il n’est donc pas exact d’affirmer, comme le fait la plaignante, que « chaque conflit a été déclenché quand le Hamas a décidé d’attaquer les civils » puisque ces attaques surviennent sans discontinuer depuis 13 ans.

Selon les chiffres fournis par l’Armée de défense d’Israël, le Hamas a lancé près de 15 000 roquettes et obus de mortier sur la population israélienne depuis 2001. En fait, Israël décide de répliquer à sa convenance à des moments choisis, ce qu’il a fait « chaque 3 ou 4 ans », comme l’a expliqué M. Beauchamp : à l’hiver 2008-2009, alors que le Hamas avait lancé sur son territoire plus de 4 000 roquettes; à l’été 2012 après avoir été bombardé par 2 248 roquettes; et à l’été 2014 alors que 216 roquettes « seulement » avaient été lancées sur sa population. Au vu de ces chiffres, on peut présumer que d’autres facteurs ont pu motiver les attaques d’Israël, particulièrement la dernière. Car si on devait suivre la logique de la plaignante, c’est une guerre permanente qu’Israël mènerait contre le Hamas à Gaza.

Toutes les autres objections de Mme Anahory-Librowicz sont sujettes à interprétation ou à discussion. J’en relèverai les principales :

  • « L’utilisation par le Hamas des Gazaouis comme "boucliers humains" et de lieux publics (hôpitaux, écoles, résidences) pour cacher des armes et lancer des attaques de roquettes. » Cela n’enlève rien au fait que Gaza est une zone urbaine surpeuplée où la population a du mal à se mettre à l’abri des bombardements massifs menés par Israël;
  • « L’armée israélienne fait tout pour protéger les civils. » Comme je l’ai fait remarquer dans une révision précédente, elle ne réussit pas très bien; selon les chiffres du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Organisation des Nations unies (ONU), les attaques d’Israël ont fait 2 104 victimes, dont 1 462 civils, parmi lesquels 495 enfants; les autorités palestiniennes fournissent un bilan un peu plus élevé, alors que l’Armée de défense d’Israël évalue le nombre de tués palestiniens quelque part entre 1 768 et 2 000, dont 1 000 combattants, admettant par le fait même la mort d’au moins 768 civils;
  • « Gaza n’est pas un territoire occupé; des convois de nourriture et de médicaments arrivent tous les jours à Gaza depuis Israël. » À part l’ONU, la plupart des pays occidentaux alliés d’Israël considèrent que les territoires palestiniens sont occupés, y compris Gaza, en raison du blocus et du contrôle qu’Israël y exerce; le Canada ne fait pas exception, dont la position officielle tient à ceci : « Le Canada ne reconnaît pas le contrôle permanent exercé par Israël sur les territoires occupés en 1967 (le plateau du Golan, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza). La Quatrième Convention de Genève s'applique dans les territoires occupés et définit les obligations d'Israël en tant que puissance occupante, en particulier en ce qui concerne le traitement humanitaire des habitants des territoires occupés. » C’est en vertu de ses obligations de puissance occupante qu’Israël doit fournir médicaments et vivres aux Gazaouis.
  • « L’immense fossé moral et idéologique entre Israël, un pays libre et démocratique, et le Hamas. » Ce fossé moral est un fait, la charte du Hamas étant ouvertement raciste et antisémite, voire génocidaire; le Hamas est une organisation considérée comme terroriste par la plupart des pays occidentaux, dont le Canada; son gouvernement est une dictature militaire féroce qui a pris le pouvoir par la force. Cela dit, cet aspect des choses est en soi un sujet qu’il serait d’ailleurs pertinent de fouiller et d’expliquer aux auditeurs de Radio-Canada autrement que de manière incidente, comme dans l’entrevue de M. Beauchamp, en mentionnant en passant que le Hamas se sert de sa population comme boucliers humains. Il demeure que Radio-Canada, dans d’autres contenus d’information sur ses différentes plateformes, a présenté régulièrement, sinon exhaustivement, ces caractéristiques particulières du Hamas, ce qui répond aux exigences d’équilibre des Normes et pratiques journalistiques (NPJ) de Radio-Canada.

À cet égard, voici comment est formulée la valeur d’équilibre des NPJ, à la lumière desquelles, je le rappelle, j’examine les plaintes qui me sont soumises :

« Introduction/Valeurs/Équilibre

Nous contribuons aux débats sur les enjeux qui touchent le public canadien en présentant une diversité d’opinions. Nos contenus d’information, dans tous nos médias, offrent un large éventail de sujets et de points de vue.

Lorsque nous abordons des sujets controversés, nous nous assurons que les points de vue divergents sont reflétés avec respect. Nous tenons compte de leur pertinence dans le cadre du débat et de l’ampleur du courant qu’ils représentent.

Nous nous assurons également de présenter ces points de vue dans un délai raisonnable. »

Je cite aussi la norme journalistique à propos des opinions émises par les invités et commentateurs appelés à s’exprimer sur les ondes de Radio-Canada :

« Opinions/Invités et commentateurs

Radio-Canada offre dans ses émissions toute une gamme de commentaires et d’opinions sur des sujets importants.

L’équilibre est atteint, avec le temps, grâce à la présentation de perspectives et de points de vue multiples qui reflètent une diversité d’opinions.

Afin que le public puisse pleinement comprendre le point de vue d’un invité ou d’un commentateur, il est important de mentionner ses liens d’association ou d’affiliation, ou encore, ses intérêts particuliers. »

En interviewant M. Nago Humbert, le journaliste Jacques Beauchamp présentait l’opinion particulière d’un travailleur humanitaire à Gaza, soit une de ces opinions diverses qui font partie de cet « éventail de points de vue » réclamées par les NPJ. M. Beauchamp a clairement indiqué la qualité de son invité, président de l’organisme Médecins du monde Suisse, impliqué et travaillant dans la bande de Gaza.

Enfin, comme je l’ai signalé plus haut, d’autres invités et commentateurs ont eu l’occasion tout au long de la guerre entre Israël et Gaza, à l’été 2014, d’exprimer des positions, opinions, points de vue et analyses différentes, divergentes et complémentaires sur les différentes plateformes de Radio-Canada.

Pour terminer, je me permettrai d’opposer à la citation de René Descartes, soumise à notre réflexion par la plaignante, cet autre passage de l’œuvre du philosophe français, tiré celui-là de son livre intitulé Les principes de la philosophie, publié en 1644 : « Que pour examiner la vérité il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu’il se peut. »

Et j’ajouterai, pour conclure, celle-ci du Grec Démocrite d’Abdère qui vécut plusieurs siècles avant notre ère : « En réalité, nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits. »

Conclusion

L’entrevue du journaliste Jacques Beauchamp avec M. Nago Humbert, président fondateur de Médecins du monde Suisse, diffusée sur ICI Radio-Canada Première, le 27 août 2014 à l’émission Pas de midi sans info, n’a pas enfreint les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.

Version PDF de la révision.

Pour me joindre : ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc