Épreuve des faits : plus crédible en citant ses sources (ICI Radio-Canada.ca, TJ)

Révision de Pierre Tourangeau, ombudsman | Services français

Révision par l’ombudsman de Radio-Canada d’un reportage diffusé sur ICI Radio-Canada.ca et au Téléjournal d’ICI Radio-Canada Télé, le 17 mars 2014.

LA PLAINTE

Une auditrice, Mme Monique Hamel, se plaint d’un reportage diffusé sur ICI Radio-Canada.ca et au Téléjournal d’ICI Radio-Canada Télé, le 17 mars 2014, intitulé Réduire les GES de 40 % en six ans est-ce faisable? Elle estime que les sources et la recherche à la base de ce reportage étaient insuffisantes.

Ce reportage a été réalisé par deux membres de l’équipe de vérification des faits de Radio-Canada, les reporters Vincent Maisonneuve et Jean-Philippe Robillard, appuyés par l’affectateur Daniel Boily. Cette équipe, créée dans le cadre de la couverture de la campagne électorale québécoise menant au scrutin du 7 avril 2014, vérifie l’exactitude et le réalisme de certains engagements pris par les partis politiques et de certaines déclarations des candidats.

La plainte de Mme Hamel porte sur un reportage qui entendait vérifier le réalisme de l’engagement de Québec solidaire à réduire de 40 pour cent sous le niveau de 1990 les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec.

Voici sa plainte :

« Vos journalistes (…), écrit-elle, prétendent faire l’épreuve des faits et plusieurs lecteurs se fient à leurs propos.

Leur seule source pour cet article est la Chaire de recherche de Pierre-Olivier Pineau aux HEC financée par Enbridge, Gaz Métro, Pétrolia & Cie.

Ils auraient pu facilement varier leurs sources ou, à tout le moins, en présenter une deuxième; par exemple, l’avis de David Suzuki est plutôt facile à trouver. Et il y en a plusieurs autres.

Lorsqu’on prétend faire l’épreuve des faits, il faut être à la hauteur de nos prétentions. J’aimerais avoir des explications pour ce manque de rigueur professionnelle. »

LA RÉPONSE DE LA DIRECTION DE L’INFORMATION

Mme Micheline Dahlander, du service Diversité et Relations citoyennes, a répondu à la plaignante au nom de la direction de l’Information. Voici l’essentiel de sa réponse :

« Pour cette série, une équipe de journalistes décortique presque quotidiennement les déclarations et promesses électorales des chefs de parti afin d’en vérifier la faisabilité, la véracité. Ils interrogent différents experts avant de produire un reportage et un texte accompagné de graphiques et de données statistiques. Le but de cette série est de donner l'heure juste sur les enjeux de la campagne électorale. Comme les reportages sont très courts, moins d’une minute, tous les intervenants interrogés ne se retrouvent évidemment pas à l’écran. Le journaliste résume leurs positions.

Dans le cadre de ce reportage (…), les journalistes ont interrogé différents experts, dont le professeur Pierre-Olivier Pineau des HEC et plusieurs représentants de groupes écologistes. Ils abondaient dans le même sens. C’est-à-dire que les experts consultés ont estimé qu’il fallait un changement radical des habitudes de transport pour atteindre cette cible de Québec solidaire. Ils ont aussi précisé qu’il était impossible d’électrifier assez rapidement les transports pour atteindre cette cible et qu’il fallait, pour y arriver, trouver un moyen, une mesure incitative, pour retirer plus de 40 pour cent des véhicules de nos routes. Toutes ces affirmations ont été étayées par nos recherches et consultations. Nous procédons toujours ainsi lors de nos vérifications de faits.

Ce reportage ne s’abreuve donc pas à une seule source, comme vous l’avez cru. D’ailleurs, notre politique journalistique nous impose d’avoir plus d’une source pour appuyer nos assertions. »

LA DEMANDE DE RÉVISION

Mme Hamel n’a pas accepté les explications de Mme Dahlander et m’a demandé de réviser sa plainte.

« Si vous avez plusieurs sources, réplique-t-elle, pourquoi ne pas les avoir nommées sur le site de ce reportage (au moins deux ou trois)? Pourquoi mentionnez-vous uniquement Pierre-Olivier Pineau dont la Chaire de recherche est financée par les pétrolières (…)? Considérez-vous que c’est une source fiable? Puis, qui sont ces experts et ces groupes écologistes dont vous faites mention? Pourquoi ne pas les nommer dans cet échange courriel?

Je demande à M. Tourangeau et à vous de partager avec les lecteurs de Radio-Canada (à commencer par nous) une liste significative de ces différentes sources (experts et groupes écologistes)… »

LA RÉVISION

Je précise d’abord que la version du reportage diffusée au Téléjournal était très courte : une minute à peine, précédé d’une introduction de 25 secondes par l’animatrice Céline Galipeau.

Aucun des « experts » que les reporters Vincent Maisonneuve et Jean-Philippe Robillard, et l’affectateur Daniel Boily disent avoir consultés pour leur reportage n’y est cité.

À partir des consultations qu’ils ont eues avec ces experts et de leurs recherches, le reportage affirme ceci :

  • pour atteindre la cible fixée par Québec solidaire, il faudrait « changer radicalement (les) habitudes (des Québécois) en matière de transport »;
  • il est « impossible d'électrifier assez rapidement les transports pour réduire les émissions de 40 pour cent d'ici 2020 »;
  • « pour atteindre cette cible, il faudrait, en moins de six ans, trouver une façon de retirer plus de 40 pour cent des véhicules actuellement en circulation »;
  • malgré la promesse d’investir des « milliards en transport en commun, la seule façon d'éliminer autant de voitures, c'est la contrainte, comme taxer massivement l'utilisation de l'automobile ».

La version web du reportage est plus détaillée. On y apprend entre autres que :

  • Québec solidaire « souhaite atteindre la cible de réduction de 40 pour cent sans avoir recours à des crédits obtenus via le marché du carbone », ce qui implique que « la diminution des GES doit être entièrement réalisée en territoire québécois »;
  • le « spécialiste en matière d'énergie, le professeur Pierre-Olivier Pineau, estime que, pour atteindre son objectif, Québec solidaire n'a d'autre choix que de s'attaquer au transport, la principale source de GES au Québec »;
  • « pour y arriver, Québec solidaire propose d'investir 20 milliards de dollars de plus dans le transport en commun, une stratégie saluée par les experts consultés »;
  • « même avec un réseau de transport collectif plus efficace, pour éliminer autant de véhicules en si peu de temps, il faut inévitablement décourager l'usage de l'automobile et taxer davantage l'usage d'une voiture »;
  • « le plan proposé en 2012 par le gouvernement Charest visait des réductions de 20 pour cent des émissions de GES par rapport à leur niveau de 1990; et que le Parti québécois avait proposé de faire un effort supplémentaire et de réduire de 25 pour cent les émissions d'ici 2020 »;
  • « ces cibles sont encore loin d'être atteintes, puisque le rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques évalue que le Québec peut actuellement espérer une réduction de 15 pour cent d'ici 2025 ».

L’article publié sur le web est aussi suivi de deux tableaux. Le premier identifie les cibles de réduction visées par le Parti libéral du Québec, le Parti québécois et Québec solidaire. Le second donne la répartition par secteurs d’activités des GES au Québec à partir des données officielles du ministère du Développement durable, Environnement, Faune et Parcs.

J’ai vérifié auprès des journalistes Robillard, Maisonneuve et Boily quelles avaient été leurs sources pour effectuer ce reportage. Ici, je me permettrai une nuance par rapport à ce que l’équipe de L’épreuve des faits avait affirmé à Mme Dahlander qui a répondu à la plaignante au nom de la direction.

Car si les journalistes ont consulté plusieurs experts, c’est surtout à travers leurs écrits et la nombreuse documentation disponible sur la question, incluant des documents fournis par Québec solidaire lui-même. En fait, ils n’ont parlé de vive voix qu’à deux personnes.

D’abord à M. Pierre-Olivier Pineau, professeur à l’école de gestion HEC de l’Université de Montréal. M. Pineau est depuis longtemps un expert réputé en politiques énergétiques. Un de ses champs de recherche est l’inefficacité et le développement durable en énergie et en transport. Il est aussi depuis peu titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, créée en décembre 2013.

Il est vrai que cette Chaire est financée par des entreprises, dont plusieurs du secteur de l’énergie, mais pas seulement par des pétrolières, comme l’affirme Mme Hamel dans sa plainte. Voici ces entreprises : BMO Groupe financier (banque), Boralex (hydroélectricité, éolien, thermique, solaire), Enbridge (transport pétrolier), Gaz Métro (distributeur gazier), Golder Associés (experts conseils en environnement et en géoingénierie), McCarthy Tétrault (cabinet d’avocats), Pétrolia (exploration pétrolière), PwC (avionnerie) et Valero (distributeur et raffineur de produits pétroliers).

Mais ce n’est pas parce qu’une chaire universitaire est financée par le privé que ses chercheurs y sont sous influence et inféodés aux objectifs de leurs mécènes.

Et, contrairement à ce qu’écrit Mme Hamel, la source n’est pas « la Chaire de recherche de Pierre-Olivier Pineau », mais bien M. Pineau lui-même, qui ne tire pas sa qualité d’expert de son appartenance à cette Chaire.

La plaignante demande à Mme Dahlander si elle considère M. Pineau comme une source fiable. J’ignore ce qu’elle répondrait, mais, en ce qui me concerne, je réponds « oui » sans aucune hésitation à cette question. Et, de mon point de vue, il est certainement plus neutre et impartial que n’importe quel autre expert associé à un organisme de pression ou à un groupe militant environnementaliste comme, par exemple, le Dr David Suzuki, recommandé par Mme Hamel.

N’empêche qu’il ne serait pas impertinent de prétendre que le Dr Suzuki lui-même pourrait trouver très difficile l’atteinte des cibles que s’est données Québec solidaire.

Je m’en réfère à sa prise de position sur la réduction de GES en marge de l’élection québécoise. Voici ce qu’il demande à cet égard, sur le site web de sa fondation, au prochain gouvernement québécois :

« Adopter dans les 100 premiers jours du nouveau gouvernement des plans ambitieux et crédibles pour réduire notre consommation de pétrole de 30 pour cent et nos émissions de gaz à effet de serre d’au moins 25 pour cent d’ici 2020. »

Ainsi, le Dr Suzuki considère « ambitieux » de réduire de 25 pour cent des émissions de GES d’ici 2020. Que dire alors d’un plan comme celui de Québec solidaire qui propose une réduction de 40 pour cent sur la même période?

L’autre spécialiste consulté par l’équipe de L’épreuve des faits, et non cité dans le reportage, est M. André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). Un groupe de pression environnemental, donc.

Selon l’enregistrement de la conversation entre le journaliste Jean-Philippe Robillard et M. Bélisle, il est clair que celui-ci trouve irréaliste l’objectif que s’est fixé Québec solidaire. Voici des extraits des propos de M. Bélisle que m’a remis M. Robillard :

« Écoutez, sérieusement, c'est un noble objectif, mais, dans la réalité, je ne peux pas voir comment ça peut se faire. Je comprends les explications de Québec solidaire, mais il faudrait quasiment éliminer le secteur des transports ou presque la moitié du secteur des transports d'ici sept ans. Non. C'est quant à moi un noble objectif pas tellement réaliste. »

« Il faudrait retirer à peu près plus que la moitié de la consommation du secteur des transports d'ici à 2020. Alors, oui, ça demande une révolution.

En fait, théoriquement, on peut dire c'est possible, (sauf qu'il faut) qu'on se lance dans le développement des transports collectifs et qu'on électrifie tout ce que l'on peut électrifier. Mais ça demande d'abord des sous. La première question : d'où proviendrait cet argent-là? Et ensuite, admettons qu'on aurait l'argent demain matin, on ne peut pas bâtir toutes ces choses-là, tout mettre ça en place si rapidement que ça. »

Pour terminer, je me contenterai de citer par ailleurs quelques extraits du rapport de la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, créée en juillet 2013 par le gouvernement québécois pour consulter les citoyens sur la question. Ce rapport est mentionné dans la version web du reportage.

Cette Commission a entendu 1 400 personnes au cours de 47 séances publiques en septembre et en octobre 2013, et a reçu 466 mémoires, dont un nombre considérable ont été présentés par des organismes ou des experts spécialisés en énergie ou en environnement. Tous ces mémoires sont d’ailleurs disponibles en ligne sur le site de la Commission.

Par son mandat, celle-ci devait produire un rapport de consultation pour le gouvernement et présenter des recommandations pour définir des orientations en matière énergétique
« conformes aux principes de développement durable, aux valeurs et à l'identité de la société québécoise ». Ces recommandations devaient aussi « permettre de répondre aux enjeux liés aux changements climatiques (…) ».

Voici ses principaux constats et recommandations sur la question de la réduction des GES :

  • « La Commission estime qu’en l’absence de nouveaux moyens draconiens pour réduire les émissions, même l’objectif (de 20 pour cent) ne sera pas atteint. (…) . Au mieux, la Commission estime qu’il est possible d’espérer les diminuer de 15 pour cent d’ici 2025. »
  • « Le gouvernement du Québec est conscient de l’insuffisance des moyens directs présentés (…) pour atteindre l’objectif légal de réduction de 20 pour cent. Voilà pourquoi il s’est engagé dans un système de plafonnement et d’échange de crédits de carbone (SPEDE) mis en place en vertu de la Western Climate Initiative (…). »
  • « RECOMMANDATIONS :
    • Objectifs de réduction des GES

1. Que le gouvernement du Québec adopte une cible de réduction des émissions de GES de 75 pour cent pour le secteur énergie à l’horizon 2050;

1.1 Qu’il adopte une cible intermédiaire de 20 pour cent de réduction de la consommation provenant des produits pétroliers d’ici 2025 pour une réduction de 15 pour cent des émissions de GES associées à l’énergie (…). »

Je remarque que la Commission considère qu’il faudra prendre de « nouveaux moyens draconiens » pour atteindre un objectif de 20 pour cent des GES en 2020 et ce, AVEC un système de plafonnement et d’échange de crédits de carbone (SPEDE), autrement qualifié de « bourse du carbone ».

Alors, quel genre de mesures devrait prendre Québec solidaire pour atteindre un objectif deux fois plus élevé – 40 pour cent – sans compter, rappelons-le, sur une participation à la bourse du carbone?

En toute logique, comme on le souligne dans le reportage, en changeant « radicalement (les) habitudes (des Québécois) en matière de transport », puisque le transport, rappelons-le, est responsable de 43,5 pour cent des émissions de GES au Québec, contre 28 pour cent pour l’industrie et 14 pour cent pour les secteurs résidentiel et tertiaire.

Dans ce contexte, et compte tenu des opinions expertes que les journalistes ont pu consulter et dont j’ai fait état dans cette révision, les conclusions du reportage sur la nécessité de réduire le parc de véhicules par des moyens contraignants, si Québec solidaire souhaite vraiment atteindre sa cible, me semblent pour le moins raisonnables. Je n’entretiens donc aucun doute sur leur bien-fondé.

J’ajoute que les reportages dits de « vérifications des faits » répondent tout à fait à la mission du service de l’Information de Radio-Canada, telle qu’elle est définie dans ses Normes et pratiques journalistiques (NPJ), en particulier à ces deux grands principes :

« Servir l’intérêt public

Notre mission est d’informer, de révéler, de contribuer à la compréhension d’enjeux d’intérêt public et d’encourager la participation des Canadiens à notre société libre et démocratique. »

« Préserver notre indépendance

Nous sommes indépendants des lobbies et des pouvoirs politiques et économiques. Nous défendons la liberté d’expression et la liberté de la presse, garantes d’une société libre et démocratique.

L’intérêt public guide toutes nos décisions. »

La valeur d’impartialité des NPJ dit aussi ceci :

« Notre jugement professionnel se fonde sur des faits et sur l’expertise. Nous ne défendons pas un point de vue particulier dans les questions qui font l’objet d’un débat public. »

Dans le cas présent, le jugement des journalistes s’est bel et bien fondé sur les faits – le programme de Québec solidaire, les conclusions de diverses études et rapports – et sur l’expertise – celle des spécialistes qui ont produit ces études et rapports, et ceux consultés directement par les journalistes. Sans compter, bien sûr, la propre expertise de MM. Robillard, Maisonneuve et Boily, tous spécialisés en économie.

Cela dit, même si je peux comprendre qu’on ne peut tout dire dans un reportage de moins d’une minute et qu’il faille aller à l’essentiel, j’aurais trouvé plus correct qu’on trouve le moyen d’identifier toutes les sources consultées, ou à tout le moins les plus importantes, qui ont permis de tirer les conclusions présentées dans le reportage.

Un des principes des NPJ concernant les sources d’information rappelle aux journalistes que « le public a besoin de savoir le plus précisément possible d’où et de qui provient une information pour pouvoir en apprécier la valeur et mettre les faits en contexte ».

Autre extrait pertinent en matière de sources :

« Nos reportages sont fondés sur des informations validées. Chaque fois que cela est possible, nos reportages font appel à des sources identifiées, de première main, qu’il s’agisse de participants à un événement ou de documents authentifiés.

L’importance d’avoir une ou plusieurs sources dépend de la nature et de la qualité de la première source. »

Je souligne que même si le temps accordé à la version du reportage diffusé au Téléjournal peut expliquer que M. Maisonneuve ait choisi de ne pas identifier les sources de ses informations, la version web, elle, aurait très bien pu contenir ces renseignements. C’est d’ailleurs l’avantage du web que de pouvoir traiter les sujets plus en profondeur, comme on a pu le voir dans ce cas-ci avec les renseignements supplémentaires et tableaux qu’on y a présentés.

Cette fois-ci, je considère ce « relâchement » comme une simple incartade, le contenu du reportage m’apparaissant fondé et fortement appuyé. Mais il m’apparaît tout aussi clair qu’un reportage gagne en crédibilité quand ce qu’on y avance est défendu par des sources fiables et identifiées.

J’invite donc les responsables de l’Information à réfléchir à cette question et à prendre les mesures nécessaires pour que les sources des journalistes soient connues le plus souvent possible, en particulier dans des reportages qui prétendent « rétablir les faits » et corriger des affirmations publiques, surtout en contexte électoral.

Conclusion

Un reportage sur un élément du programme électoral de Québec solidaire, diffusé sur ICI Radio-Canada.ca et au Téléjournal d’ICI Radio-Canada Télé, le 17 mars 2014, n’a pas enfreint les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.

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Version PDF de la révision.

Pour me joindre : ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc