Clinique Zéro Gravité : est-il inique d’exposer des cas de clients mécontents sans donner la parole à ceux qui sont satisfaits? (La facture)

Révision de Pierre Tourangeau, ombudsman | Services français

Révision par l’ombudsman de Radio-Canada d’une plainte à propos d’un reportage diffusé le 9 avril 2013 à Ici Radio-Canada Télé dans le cadre de l’émission La facture.

LA PLAINTE

Les plaignants sont MM. Yves Bélanger et Marc Bureau, tous deux docteurs en chiropractie et cofondateurs de la Clinique Zéro Gravité. MM. Bélanger et Bureau se plaignent d’un reportage, diffusé le 9 avril 2013, à Ici Radio-Canada Télé dans le cadre de l’émission La facture. Ce reportage portait sur le traitement de « décompression neurovertébrale » offert par leur clinique. Ils considèrent qu’il comportait plusieurs manquements aux Normes et pratiques journalistiques (NPJ) de Radio-Canada.

Les deux plaignants estiment que « la teneur du reportage aurait été fort différente » si son auteur, le journaliste François Dallaire, avait tenu compte des informations qu’ils lui avaient fournis.

Et ils ajoutent :

« Nous prétendons que M. Dallaire a transgressé des valeurs importantes des normes et pratiques journalistiques, notamment, l’exactitude des faits, l’équité et l’équilibre dans la présentation du reportage ainsi que l’impartialité dans le choix des éléments constituant son "plaidoyer". (…) (et qu’il) n’a pas respecté les règles strictes du journalisme d’enquête dont s’est doté Radio-Canada. »

MM. Bélanger et Bureau en ont d’abord contre l’affirmation par l’animateur de l’émission, en introduction au reportage, que les traitements prodigués à leur clinique sont « onéreux ». Affirmation appuyée par le journaliste dans le corps du reportage lorsqu’il dit que, « malgré l’absence de preuves scientifiques (sur leur efficacité), ces traitements coûtent très cher, entre 200 et 325 dollars la séance ».

Ils considèrent qu’il s’agit là d’un jugement de valeur qui ne résiste pas à la comparaison avec les prix pratiqués dans d’autres spécialités médicales exercées en cabinets privés et qui font appel à des équipements de haute technologie : dentisterie, orthodontie, esthétique, etc.

Mais l’élément central de la plainte porte sur l’amalgame que fait le journaliste entre la « traction » de la colonne vertébrale, une technique utilisée par certains chiropraticiens, et la « décompression neurovertébrale » pratiquée avec un équipement automatisé, entre autres par la Clinique Zéro Gravité de MM. Bélanger et Bureau.

Les plaignants affirment que le reportage entretient « une confusion importante (…) en plaçant au même niveau cette technologie, la traction conventionnelle et l’étirement de la colonne vertébrale ».

Ils en veulent pour preuve que le journaliste, tout comme le chirurgien orthopédiste Jean-François Roy et le directeur du département de chiropratique de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Martin Normand, parlent constamment de « traction » dans le reportage.

« Pourtant, ajoutent MM. Bélanger et Bureau, lors du tournage à notre siège social, de longues minutes ont été investies à expliquer à M. Dallaire les différences fondamentales entre la traction et la décompression. »

Ils en concluent que « le journaliste n’a pas livré une information juste aux téléspectateurs en entretenant volontairement une confusion afin d’appuyer une conclusion préalablement tirée ».

Les cofondateurs de la Clinique Zéro Gravité en ont aussi contre le choix des intervenants retenus par le journaliste pour discuter de la « décompression neurovertébrale » et du fait que son efficacité n’a pas été démontrée scientifiquement.

« Il est de notre humble opinion, qu’ici, écrivent-ils, le journaliste aurait dû consulter des protagonistes défendant les deux points de vue et surtout qui connaissent bien la technologie.

Il est dommage qu’il ait porté son choix sur le directeur du département de chiropratique qui en connaît peu sur la décompression puisqu’elle n’est pas enseignée dans sa faculté (les universités ne peuvent pas enseigner toutes les techniques et il en est ainsi également en médecine) et surtout, qu’il a refusé à deux reprises des dons d’appareils pour en faire l’étude!

(…)

Quant à l’autre expert, le Dr Jean-François Roy, pour qui nous avons le plus grand des respects, il faut reconnaître qu’il ne connaît pas cette technologie. Il pouvait cependant être contre le principe mais à titre d’opinion personnelle car certains de ses propres confrères utilisent la décompression quotidiennement et en sont d’ardents défenseurs.

Nous avons également soulevé ce point crucial à M. Dallaire et lui avons donné des références de médecins spécialistes et de médecins chercheurs qui reconnaissent la valeur thérapeutique de la décompression neurovertébrale. »

Et ils affirment que près de 200 articles scientifiques appuient leur protocole de traitement et que des médecins chercheurs sérieux qui travaillent dans des établissements prestigieux comme la Stanford University School of Medicine, la John Hopkins University School of Medicine et la Mayo Clinic de Scottsdale, en Arizona, « étudient depuis quelques années la décompression neurovertébrale et que leurs écrits ne font aucun doute sur la validité de cette technologie ».

« Certes, ajoutent-ils, nous avons été interrogés pour que l’on puisse "se défendre", faire contrepoids, mais ne sommes-nous pas des "experts non crédibles" considérant notre position de conflit d’intérêts? »

Les plaignants en ont également contre l’interprétation que fait le journaliste François Dallaire du « rapport Cochrane » qu’il cite dans son reportage. Le groupe de recherche Cochrane y est présenté comme un « regroupement international de scientifiques qui a passé en revue 25 études portant sur la traction sous toutes ses formes ». Le groupe a conclu, explique le journaliste, que « pour traiter les maux de dos, chroniques ou non, la traction n’est probablement pas efficace ».

MM. Bélanger et Bureau affirment que le rapport du groupe Cochrane ne mentionne pas la « décompression neurovertébrale » et ne conclut donc rien à son propos. Malgré tout, écrivent-ils, le journaliste a « pris la liberté d’adapter les conclusions à la décompression », manquant ainsi « à son obligation professionnelle d’impartialité et d’objectivité ».

Selon les plaignants, le reportage insinue aussi que leur organisation est malhonnête. Par exemple, parlant d’une patiente, le reporter dit :

« Son objectif était d’améliorer sa situation d’au moins 50 pour cent mais la clinique l’a convaincue de ramener ses objectifs à 20 pour cent. »

Là-dessus, MM. Bélanger et Bureau écrivent ceci :

« Cette portion de phrase laisse croire que nous forçons nos patients à se fixer des objectifs faciles à atteindre… probablement parce que nous ne pourrons faire mieux! »

Autres insinuations de malhonnêteté, à leur avis, dans les extraits du reportage qui suivent :

« Malgré l’absence de preuves scientifiques, ces traitements coûtent très cher, entre 200 et 325 dollars la séance. Mme Lafontaine a payé 4 500 dollars pour ses 20 traitements répartis sur 6 semaines. »

(…)

« Flore Marc-Aurèle a cessé de fréquenter la Clinique Zéro Gravité après avoir suivi 23 séances "d’étirement" et payé 5 375 dollars. Elle en retirait un soulagement, certes, mais il était de courte durée. »

(…)

« Zéro Gravité confirme que les améliorations ont été suivies par des rechutes. La clinique estime qu’elle aurait dû persévérer dans ses traitements. Mais à quel
prix? »

Les plaignants rappellent que leurs tarifs n’ont rien d’exorbitant en regard de l’équipement requis pour prodiguer leurs traitements. Et ils ajoutent que les traitements en question ne sont pas de simples « étirements » et qu’ils ne sont pas non plus « inefficaces ».

Ils ajoutent que plusieurs autres segments du reportage font la preuve de la « malhonnêteté » du journaliste, notamment en donnant « l’impression claire » qu’ils mentent à leurs patients « en leur disant que l’arthrose est traitable ».

Enfin, MM. Bélanger et Bureau croient que le journaliste a tiré des conclusions partiales des renseignements qu’on lui avait fournis sur les deux patientes dont il parle dans son reportage. Ils jugent que M. François Dallaire a délibérément ignoré certains éléments pour prouver que les traitements reçus ne les avaient soulagées que très brièvement.

Voici ce qu’ils écrivent à propos de leur première patiente insatisfaite, Mme Pauline Lafontaine, qui témoigne de son expérience dans le reportage :

« Elle a obtenu des résultats et se disait même sans douleur lors de son avant-dernière visite. À la dernière visite, elle mentionne que toutes les douleurs sont revenues, qu’elle est comme au début, mais elle ajoute avoir fait de la table d’inversion chez elle (ce qui est bien noté au dossier par notre docteur), ce qui est contre-indiqué et expliqué au patient au début des soins. Nous avions pourtant bien informé M. Dallaire que nous croyions fortement que Mme Lafontaine s’était blessée avec sa table d’inversion.

Mme Lafontaine mentionne qu’elle ressent des améliorations à 16 reprises (sur 20 visites). Ça aussi c’était consigné dans la photocopie du dossier que nous avons fait parvenir au journaliste (…) »

Et voici ce qu’ils disent à propos de Mme Flore Marc-Aurèle, l’autre patiente qui intervient dans le reportage pour affirmer, elle aussi, que le soulagement retiré des 23 traitements reçus était, selon les termes du journaliste, « de courte durée » :

« Mme Marc-Aurèle a eu bien plus qu’une demie à une journée de répit de ses douleurs tel que mentionné durant le reportage. Le dossier révèle en fait qu’elle rapporte seulement 10-15 pour cent de douleur sur une période de 11 semaines consécutives après la fin de ses soins. Elle était tellement bien qu’elle est allée à un voyage de pêche et selon ses dires auprès de nos adjointes-cliniques : "Ça brassait pas mal." Ses douleurs sont revenues suite à ce voyage. »

Autre reproche formulé par les plaignants :

« Il est intéressant de s’attarder au traitement de l’image lors du segment sur
Mme Flore Marc-Aurèle lorsqu’elle se dirige d’un pas assuré vers l’escalier à l’intérieur de sa résidence. Au moment où elle y arrive, l’image est ralentie afin de simuler une difficulté à monter les marches. »

Ils jugent donc que l’utilisation faite par le journaliste des techniques de production ne respecte pas « l'exactitude des faits et l'équité qu'exige la démarche journalistique », comme le réclament les NPJ de Radio-Canada.

De même, ajoutent-ils, « devant les évidences factuelles que Mme Lafontaine et Mme Marc-Aurèle mentaient, le journaliste aurait dû, en accord avec son code de conduite, retourner voir les participantes pour leur donner "l’occasion de préciser leur pensée" ».

Enfin, les plaignants pensent que l’intention de l’émission La facture et de son journaliste de réaliser un nouveau reportage (NDLR : ce reportage a été diffusé le 10 septembre 2013) à propos de leur entreprise relève de la vendetta et de l’acharnement. À leur avis, le comportement du journaliste, lors de la préparation de ce deuxième reportage, soulève des doutes sérieux sur son impartialité.

RÉPONSE DE LA DIRECTION DE L’INFORMATION

M. André Dallaire (aucun lien de parenté avec le journaliste François Dallaire qui fait l’objet de la plainte), directeur, Traitement des plaintes et Affaires générales, a répondu à MM. Bélanger et Bureau au nom de la direction de l’Information.

Voici ce qu’il affirme, d’entrée de jeu :

« De manière générale, ce reportage nous paraît équitable à votre endroit, vous laissant amplement d’espace-temps pour exposer vos vues sur la technique que vous privilégiez pour traiter des patients atteints de maux de dos chroniques. »

Puis il relève un à un les griefs des plaignants.

D’abord, sur le caractère onéreux des traitements dispensés par Zéro Gravité, le porte-parole de la direction de l’Information indique que « tous les patients à qui l’équipe de La facture a parlé ont mentionné le coût élevé des traitements : 4 500 dollars, 5 500 dollars, 6 500 dollars, 7 500 dollars, ce sont les sommes que les patients ont payées pour recevoir les traitements. (…)

Les traitements sont donc coûteux en soi pour plusieurs patients, d’autant plus que les professionnels sont absents durant les traitements et que la valeur thérapeutique de la technique n’est pas démontrée scientifiquement (…) ».

À cet égard, M. André Dallaire note que, dans une décision concernant deux employés de Zéro Gravité, le Conseil de discipline de l’Ordre des chiropraticiens a écrit :

« Le Conseil juge que l’image du chiropraticien doit correspondre à un suivi médical fait par un professionnel de la santé, ce qui est très éloigné du modus operandi de cette clinique qui reflétait une configuration pratiquement de nature industrielle ou purement mercantile. »

À propos de l’amalgame fait par le journaliste entre la « traction » et la « décompression neurovertébrale, » le porte-parole de la direction de l’Information rappelle que « l’appareil utilisé par Zéro Gravité vise la décompression vertébrale par l’étirement de la colonne vertébrale ».

« C’est, écrit-il, ce que vous avez expliqué au journaliste lors d’une rencontre à Québec. Vous avez alors employé à plusieurs reprises le mot étirement pour expliquer votre méthode de traitement. Voici d’ailleurs ce qui était dit dans le reportage pour décrire la technique : "Ce que Pauline Lafontaine a reçu, c'est un traitement visant une décompression neurovertébrale. Pour ce faire, la clinique étire la colonne vertébrale des patients à l’aide d’un lit mécanisé et assisté par ordinateur." Il y a un autre mot pour décrire cette technique et c’est "traction", comme nous l’a expliqué le chirurgien orthopédique, Jean-François Roy.

Le journaliste nous explique qu’il avait bien compris les nuances que vous établissiez entre la traction de la décompression neurovertébrale. Par la suite, une vérification diligente l’a amené à contacter de nouveau le Dr Roy pour son expertise. La facture lui a demandé s’il maintenait ses propos concernant la traction en général et la technique utilisée par Zéro Gravité, même après les précisions que vous aviez formulées. Voici sa réponse : "la distraction vertébrale utilisée avec Zéro Gravité est définitivement une forme de traction."

La facture a posé la même question au directeur du département de chiropratique de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Martin Normand. (…) M. Normand a l’avantage d’avoir essayé l’appareil. Voici ce qu’il en conclut : "C’est définitivement de la traction, car c’est une force qui est appliquée de façon verticale sur la colonne vertébrale. Donc c’est une traction, comme je pourrais appliquer avec mes mains, mais beaucoup plus forte." Le journaliste lui demande : "Est-ce que c’est mieux qu’une traction telle qu’on l’a déjà connue dans le passé ou c’est…" Sa réponse : "Ben c’est une traction, eux ils disent, orientée, mais c’est une traction, point."

Sur cette double vérification, et comme les plaignants utilisaient eux-mêmes l’expression « étirement », nous en concluons qu’il était justifié d’utiliser le terme « traction », ou « étirement », pour décrire les traitements offerts par Zéro Gravité. »

Sur la validité des études scientifiques concluant que l’efficacité de la décompression neurovertébrale n’est pas établie, M. André Dallaire considère que M. Martin Normand, directeur du département de chiropratique de l’Université du Québec à Trois-Rivières, et M. Jean-François Roy, chirurgien orthopédiste spécialiste de la colonne vertébrale, tous les deux cités dans le reportage de La facture, étaient tout à fait qualifiés et crédibles pour répondre de la valeur des traitements prodigués par Zéro Gravité.

Quant au fait que le journaliste n’a pas jugé bon de consulter les experts que les plaignants lui avaient suggéré d’interviewer, il écrit ceci :

« Une recherche rapide a permis à La facture de constater que l’un des premiers experts que vous proposiez, Christian C. Apfel, a été nommé en septembre dernier directeur médical de la société Excite Medical. Or, cette firme, en partenariat avec HTRD, les nouveaux propriétaires des actifs d’Axiom (entreprise en faillite qui a manufacturé et mis en marché les tables DRX9000) est devenue le seul fabricant autorisé des tables DRX9000. Dès lors, il aurait été pour le moins imprudent de considérer M. Apfel comme étant un expert indépendant.

L’équipe journalistique a préféré écouter ce que vous-même aviez à dire sur le sujet. »

Et il ajoute que trois scientifiques suggérés par les plaignants (Joseph Pergolizzi jr, Alex Macario et Charlotte Richmond) concluent, dans une étude effectuée pour le fabricant de l’appareil utilisé par Zéro Gravité, qu’en l’absence de groupes témoins, ils n’ont pas été en mesure de vérifier dans quelle mesure les bienfaits observés sur les patients étaient dus à l’effet placébo, à un rétablissement spontané ou aux traitements.

Et M. André Dallaire de poursuivre :

« Vous reconnaissez vous-même que l’efficacité du traitement n’est pas clairement démontrée. Les experts que vous citez expriment la même réserve dans leur conclusion sur une étude menée sur 100 patients. Pourquoi reprocher à La facture d’y faire écho?

Quant au rapport du groupe Cochrane, cité par le journaliste, le porte-parole de la direction de l’Information précise qu’il portait bien « sur la traction sous toutes ses formes, incluant la technique utilisée par Zéro Gravité » :

« Vous considérez que l’étude menée par le groupe Cochrane a des défauts, des faiblesses qui affectent ses conclusions. La facture, de son côté, s’est évidemment assurée de la crédibilité du groupe Cochrane auprès de la communauté scientifique.

Du reste, deux de vos experts suggérés, Alex Macario et Joseph Pergolizzi, ont procédé à leur propre revue de la littérature sur la décompression neurovertébrale par les tractions motorisées pour soigner les douleurs chroniques au dos.

Les auteurs ont inclus certaines études analysées par le groupe Cochrane. Leurs conclusions sont essentiellement les mêmes que celles auxquelles sont arrivés les chercheurs du groupe Cochrane (…) http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmedhealth/PMH0023770/ »

Quant aux autres reproches des plaignants, voici une succession d’extraits pertinents de la réponse de M. André Dallaire qui portent le point de vue de Radio-Canada :

« Vous vous offusquez que le journaliste ait dit (parlant de Mme Pauline Lafontaine) que "la clinique l’a convaincue de ramener ses objectifs à 20 pour cent". Or, dans vos propres notes, telles que consignées dans le dossier de Pauline Lafontaine, et remises à M. Dallaire (le journaliste), vous écrivez ceci : "ses objectifs d’amélioration minimum sont de 50 pour cent et une discussion avec le docteur ramène les objectifs à la fin du traitement à 20 pour cent." Ce n’est donc pas de sa propre initiative que Mme Lafontaine a ramené ses objectifs à 20 pour cent. Le journaliste, en cela, est resté fidèle à vos notes au dossier.

Vous écrivez plus loin, "ce qu’il faut éviter avec les patients qui fondent trop d’espoir dans nos soins, c’est une inflation dans leurs attentes". C’est une attitude professionnelle qui vous honore, mais dans les faits, selon les témoignages recueillis au cours des derniers mois, ce n’est pas comme cela que les consultations se passent dans vos cabinets. Sur 28 ex-patients à qui notre journaliste a parlé, tous sauf un se sont fait promettre un résultat.

(…)

Vous reprochez au journaliste d’avoir dit à propos de Mme Marc-Aurèle : "Zéro Gravité confirme que les améliorations ont été suivies par des rechutes. La clinique estime qu’elle aurait dû persévérer dans ses traitements, mais à quel prix?" Cette phrase, selon vous, "laisse encore sous-entendre que nos soins sont inefficaces."

En plus du Dr Roy et du directeur du département de chiropratique de l’UQTR, notre journaliste s’est entretenu avec le Dr Patrice Montminy, le nouveau directeur du département d’orthopédie du centre hospitalier de l’Université Laval. Voici ce qu’il dit à propos des tractions, incluant les techniques employées par Zéro Gravité :

"La littérature scientifique nous démontre clairement que ça ne marche pas. (…) Et ça c'est clairement démontré, partout dans la littérature, et c’est la raison pour laquelle on dit que la traction, pour les maux de dos, c'est peu utile."

Plusieurs des ex-patients déçus ont confié à notre journaliste avoir effectivement connu des épisodes où ils sentaient une amélioration, mais que ces épisodes étaient de courte durée. Mme Marc-Aurèle a dit que pour continuer à connaître ces épisodes, il fallait continuer à fréquenter la Clinique Zéro Gravité. (…)

Mais on peut comprendre qu’à 225 dollars la séance, elle ait hésité à poursuivre ses traitements au-delà des 23 séances déjà payées.

(…)

À vos yeux, Mmes Lafontaine et Marc-Aurèle ne se sont pas aidées, l’une en utilisant une planche d’inversion, l’autre en participant à un voyage de pêche. Faut-il donc rester chez soi, limiter ses activités, pour prolonger la durée des tractions effectuées à Zéro Gravité?

(…)

C’est durant l’entrevue avec vous que M. Dallaire (le journaliste) a appris que Zéro Gravité tenait un dossier dans lequel des observations étaient écrites sur l’état de chaque patient, et ce, à chaque séance. Dans le cas de Mme Lafontaine, le journaliste nous signale que vous n’avez fait mention que des améliorations que votre préposée avait relevées. Vous avez sciemment évité de préciser que Mme Lafontaine avait aussi connu des épisodes de douleurs, entre certaines séances.

Quant à son arthrose, tout comme vous, La facture n’a pas dit que vous prétendiez guérir l’arthrose. Le directeur du département de chiropratique, Martin Normand, a expliqué cependant que la traction pouvait faire du bien, mais temporairement.

(…)

Dans votre plainte, vous notez "qu’elle (Mme Lafontaine) ressent des améliorations à 16 reprises sur 20 visites". Vous auriez pu aussi mentionner qu’à 12 occasions, elle a aussi noté qu’elle souffrait "à différents endroits et à différents degrés" jusqu’à pleurer la nuit.

(…)

Quant au cas de Mme Marc-Aurèle, (…) qu’en est-il donc de son état? De votre lettre, l’on retient ceci : "au cours des soins, nous pouvons observer une progression en dent-de-scie où parfois elle note des améliorations et parfois des rechutes au niveau des symptômes." (…) "Aurait-il fallu que Mme Marc-Aurèle persévère davantage? Nous pouvons le supposer."

Qu’a dit M. Dallaire (le journaliste)? Voici l’extrait du reportage en question :

"Zéro Gravité confirme que des améliorations ont été suivies par des rechutes. La clinique estime qu’elle aurait dû persévérer dans ses traitements. Mais à quel prix ?"

Nous considérons que le journaliste est resté fidèle à vos propos (…)... Quant à la question du prix, voici ce que Mme Marc-Aurèle lui disait en entrevue :

"Pour eux, fallait toujours y aller pour se faire entretenir. Mais là, à un moment donné, les moyens… Non. Ça coûtait trop cher pour le bien que j’avais."

Et elle continue :

"À 225 dollars le traitement, si je me rappelle bien, j’y allais deux fois par semaine au début, ça fait cher au bout de la semaine!"

(…)

Il est vrai que, dans le reportage, lorsqu’apparaît pour la première fois Mme Marc-Aurèle, le plan où on la voit monter un escalier pendant quelques secondes a été ralenti au montage. Vous y voyez une tricherie destinée à faire croire qu’elle peine à gravir les marches. L’explication est plus simple : le réalisateur a voulu laisser le temps aux téléspectateurs de bien identifier la dame (on vient de quitter Mme Lafontaine) tandis que le journaliste en voix hors champ présente son cas.

Vous écrivez ensuite : "devant les évidences factuelles que Mmes Lafontaine et Marc-Aurèle mentaient, le journaliste aurait dû retourner voir les participantes." Vous aurez aussi compris, à la lecture de ce qui précède, qu’à la suite de l’entrevue avec les plaignants, M. Dallaire (le journaliste) a de nouveau parlé avec Mmes Lafontaine et Marc-Aurèle. Leurs réponses étaient satisfaisantes.

(…)

Fallait-il interviewer des clients satisfaits aux fins de ce reportage? Pas dans ce contexte. Tout comme, par exemple, nous n’interviewons pas les clients satisfaits d’Hydro-Québec pour parler d’un problème lié à un client qui s’estime lésé par Hydro-Québec.

(…)

Dans une lettre qu’elle nous a fait parvenir, la syndique Diane Pinard nous a indiqué qu’une enquête du syndic était en cours sur l’entreprise que vous dirigez. Tout bien considéré, La facture a servi l’intérêt public en diffusant le reportage sur Zéro Gravité le 9 avril dernier. »

LA DEMANDE DE RÉVISION

Cette réponse n’a pas du tout satisfait les plaignants qui m’ont demandé de réviser le dossier.

« À la lecture de sa réponse, écrivent-ils, il est évident que M. Dallaire ne fait pas une analyse du fond de la plainte. Il s’attarde plutôt à défendre bec et ongles les pratiques du journaliste en laissant déferler un flot de mots qui tantôt noie la nature de nos récriminations, tantôt dévie l’attention du cœur du problème. »

Dans cette très longue réplique à la très longue réponse de M. André Dallaire, MM. Bélanger et Bureau réitèrent essentiellement les positions qu’ils ont déjà prises à l’égard du reportage.

Je ne les répéterai pas ici ni ne les résumerai, pas plus que leurs arguments. Je me contenterai de citer de leur réplique certains extraits que voici :

« Si nous interrogions tous nos patients satisfaits (et ils se comptent par milliers), ils nous diraient que les honoraires déboursés pour les soins ont été pour eux un investissement. Le changement que les traitements ont apporté dans leur vie est inestimable.

(…)

Nous pouvons affirmer que nos docteurs sont présents et disponibles pour les patients, et ce, à chacune des visites.

(…)

Autre point sur lequel le journaliste et M. Dallaire ont décidé d’inclure dans leur "choix éditorial", est celui de l’effet placébo qui semble-t-il explique les résultats que nous obtenons. La décision d’inclure les extraits où l’effet placébo est mentionné, est tendancieuse car elle vise à influencer le public et lui laisser croire que nos seuls résultats y sont attribuables.

(…)

Il est intéressant que le journaliste persiste à consulter des "spécialistes" qui sont ignorants de la décompression neurovertébrale malgré les noms que nous avons fournis. C’est ainsi qu’il demande une opinion professionnelle au Dr Patrice Montminy, orthopédiste. Malgré que ce médecin soit connaissant et compétent dans les limites de son champ d’expertise, sa déclaration démontre son ignorance du traitement que nous offrons.

(…)

Comment M. Dallaire peut-il affirmer que "son journaliste n’a pas dit que vous prétendiez traiter l’arthrose" alors que durant l’émission, il (François Dallaire) mentionne ceci : (…) "Pour Zéro Gravité, Mme Lafontaine qui souffre d’arthrose était traitable."

(…)

Les informations sur le cas de Mme Marc-Aurèle (sous formes de questions précises) ont été demandées en catastrophe une semaine avant la date limite. (…) Et malgré notre célérité à répondre et la pertinence des données, aucune information transmise n’a été incluse au reportage.

(…)

Quant à l’explication de M. Dallaire relativement au ralenti d’image sur Mme Marc-Aurèle, il est difficile d’y adhérer lorsqu’on y regarde de plus près. Même avec le ralenti, nous voyons le visage de madame moins de trois secondes alors que dans les plans suivants, il est davantage facile de l’identifier. »

LA RÉVISION

La plainte de MM. Bélanger et Bureau soulèvent plusieurs questions légitimes sur le contenu du reportage de La facture. La réponse de la direction de l’Information à leur plainte répond à ces questions de manière très détaillée et souvent polémique, ce qui explique sans doute que la réplique des plaignants à cette réponse soit elle aussi considérable.

Toutefois, cet échange, tout instructif qu’il soit, nous entraîne parfois loin du nœud du problème que j’ai à trancher dans cette révision. Car, ce que je dois déterminer, c’est si le reportage présenté par La facture sur Zéro Gravité a enfreint les NPJ de Radio-Canada, et si oui, comment et pourquoi.

Je n’ai donc pas à me prononcer sur l’efficacité des méthodes utilisées par MM. Bélanger et Bureau dans leur entreprise, ni sur qui a raison dans le débat entre ceux qui jugent efficace et utile le recours à la « décompression neurovertébrale » et ceux qui considèrent qu’elle n’est qu’une autre forme de traction de la colonne vertébrale et, donc, qu’elle est aussi inefficace et inutile que celle-ci.

Je n’ai pas non plus à établir si les patientes qui témoignent dans le reportage ont raison d’être aussi insatisfaites des traitements qu’elles ont reçus de la Clinique Zéro Gravité, ni si elles ont été peu, en partie, totalement ou pas du tout soulagées par les dits traitements.

Pourquoi? Parce je ne suis pas médecin, ni chiropraticien, ni chirurgien orthopédiste. Pas plus que le journaliste François Dallaire, l’auteur du reportage, France Larocque, la réalisatrice qui a travaillé avec lui, ou encore le rédacteur en chef de La facture.

Il est d’ailleurs plutôt rare, sauf, parfois, dans certains secteurs spécialisés du journalisme, que les journalistes soient eux-mêmes des praticiens du domaine d’activités qu’ils couvrent.

Par contre, ce que je dois déterminer, c’est si les points de vue, les opinions, les arguments et les faits présentés dans le reportage étaient légitimes, l’ont été correctement, sans parti-pris et avec respect, et conformément aux exigences de l’ensemble des NPJ de Radio-Canada.

Celles-ci, dès leur chapitre d’introduction, établissent qu’en matière d’impartialité les journalistes doivent fonder leur jugement professionnel « sur des faits et sur l’expertise ». Leur propre expertise de journaliste, bien sûr, qui leur permet entre autres de décrire et de traiter de situations et de sujets complexes en les rendant digestes et compréhensibles pour l’auditeur, mais aussi sur l’expertise externe pertinente des spécialistes des sujets abordés, puisque, comme je l’expliquais plus tôt, les journalistes sont rarement des experts pointus des sujets dont ils traitent.

La définition de la valeur d’impartialité dit aussi :

« Nous ne défendons pas un point de vue particulier dans les questions qui font l’objet d’un débat public. »

D’entrée de jeu, je citerai ici les quatre autres valeurs, en plus de la valeur d’impartialité que je viens de mentionner, autour desquelles sont bâties les NPJ, et à la lumière desquelles j’examinerai les affirmations des plaignants et de la direction de l’Information :

« Exactitude

Nous recherchons la vérité sur toute question d’intérêt public. Nous déployons les efforts nécessaires pour recueillir les faits, les comprendre et les expliquer clairement à notre auditoire.

Les techniques de production que nous utilisons servent à présenter nos contenus d’une manière claire et accessible. »

« Équité

Au cours de la collecte d’information et dans nos reportages, nous traitons les personnes et les organismes avec ouverture et respect.

Nous sommes conscients de leurs droits. Nous les traitons sans parti pris. »

« Équilibre

Nous contribuons aux débats sur les enjeux qui touchent le public canadien en présentant une diversité d’opinions. Nos contenus d’information, dans tous nos médias, offrent un large éventail de sujets et de points de vue.

Lorsque nous abordons des sujets controversés, nous nous assurons que les points de vue divergents sont reflétés avec respect. Nous tenons compte de leur pertinence dans le cadre du débat et de l’ampleur du courant qu’ils représentent.

Nous nous assurons également de présenter ces points de vue dans un délai raisonnable. »

« Intégrité

La confiance du public est notre capital le plus précieux. Nous évitons de nous placer en situation de conflit d’intérêts réel ou potentiel. Cela est essentiel au maintien de notre crédibilité. »

Les coûts sont onéreux

Dans la manchette qu’il livre en ondes, au début de l’édition du 9 avril 2013 de La facture, l’animateur Pierre Craig pose la question suivante :

« Ce traitement onéreux pour les maux de dos est-il éprouvé scientifiquement? »

Dans le reportage lui-même, le journaliste ajoute :

« Malgré l’absence de preuves scientifiques, ces traitements coûtent très cher, entre 200 et 325 dollars la séance. »

Jugement de valeur, soutiennent les plaignants. À preuve, disent-ils, d’autres spécialités médicales, comme l’orthodontie ou la chirurgie esthétique, coûtent au moins aussi cher.

Je veux bien admettre cette comparaison. Mais je n’ai pas besoin de procéder par sondage pour être convaincu que la grande majorité des gens qui ont eu à défrayer des traitements d’orthodontie, voire de dentisterie, les considèrent « onéreux ». Cet adjectif, selon les dictionnaires, est un synonyme de « cher ». On l’utilise pour signifier que quelque chose « impose des frais importants ».

On peut difficilement prétendre que les traitements d’orthodontie, ou de la Clinique Zéro Gravité n’imposent pas de « frais importants ». Ils sont donc onéreux, c’est un fait.

Ces traitements sont-ils « très » chers, donc « très » onéreux, comme le soutient le journaliste dans le reportage? C’est discutable, donc matière à opinion.

Comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises dans des révisions précédentes, les journalistes devraient éviter les épithètes et les adverbes et laisser au public le soin d’apprécier les faits qu’on leur présente. Le journaliste François Dallaire aurait « très » bien pu se priver de cet adverbe, voire de l’adjectif sur lequel il appuyait. Sa phrase aurait été aussi complète si elle avait été dite de cette façon : « malgré l’absence de preuves scientifiques, ces traitements coûtent entre 200 et 325 dollars la séance. » Ainsi, l’auditeur aurait pu se forger sa propre opinion.

Toutefois, je ne vois pas dans cet écart une manifestation de partialité de la part du journaliste, ni la volonté de faire passer une opinion personnelle. Une enflure verbale, tout au plus, qui n’a pas d’incidence sur le reste du reportage d’autant qu’elle n’est pas répétée.

Traction ou décompression?

Les plaignants ont soutenu avec insistance que la démonstration du journaliste sur l’efficacité de la « décompression neurovertébrale », dispensée à la Clinique Zéro Gravité, était faussée par l’amalgame de cette technique avec la méthode traditionnelle ou habituelle de « traction » de la colonne vertébrale pratiquée par certains chiropraticiens.

Selon eux, ce sont deux types de traitement différents, comme ils soutiennent l’avoir expliqué au journaliste, et il était erroné et malicieux d’appliquer à la décompression neurovertébrale les conclusions d’études scientifiques et de spécialistes qui portaient sur la traction de la colonne vertébrale.

Dans le reportage, les experts entendus et les études citées concluent à l’inefficacité et à l’inutilité des tractions pour soigner les maux de dos. D’ailleurs, les plaignants se disent d’accord avec cette affirmation; mais, encore une fois, ils considèrent que la décompression n’est pas une forme de « traction ».

J’ai toutefois pris connaissance des entrevues accordées au journaliste pour les besoins de son reportage par les deux spécialistes qui y apparaissent : le Dr Jean-François Roy, un chirurgien orthopédiste spécialisé dans les problèmes de colonne vertébrale; et M. Martin Normand, neurobiologiste et chiropraticien, aussi directeur, à l’époque de la diffusion du reportage, du département de chiropratique de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Il m’apparaît très clair de leurs propos que lorsqu’ils parlent de « traction », ils englobent aussi la « décompression neurovertébrale » qui, pour eux, n’est qu’une traction mécanique assistée par ordinateur.

Dans le reportage, le Dr Roy parle clairement de l’inefficacité de « toutes les formes de tractions », ce qui, pour lui tout comme pour M. Normand, comprend la décompression neurovertébrale.

Même chose pour le rapport du groupe Cochrane, lui aussi cité dans le reportage, et dont les plaignants prétendent qu’il ne concerne que la traction, et non pas la décompression neurovertébrale. Pourtant, le rapport Cochrane est clair. Voici ce qu’on y lit dans la partie portant sur les critères retenus pour inclure les études analysées :

« Randomized Control Trials using any type of traction were included, such as mechanical traction, manual traction (…), computerized traction (…) »

« Ont été incluses les études à l’aveugle contrôlées sur tous les types de traction utilisés, comme la traction mécanique, la traction manuelle (...), la traction informatisée (…) (NDLR : ma traduction) »

J’ai par ailleurs beaucoup de difficulté à suivre les arguments des plaignants. D’une part, réagissant aux conclusions du rapport Cochrane, M. Yves Bélanger dit dans le reportage : « ils disent qu’il y a de fortes raisons, comme vous le disiez, de fortes raisons de croire qu’il n’y a pas d’effet alors que ce n’est pas vrai. C’est vrai au niveau académique, mais c’est pas vrai au niveau pratique. »

Il me semble évident que M. Bélanger parle ici de la décompression neurovertébrale, admettant par le fait même que les conclusions du rapport s’appliquent aussi à cette technique et pas seulement à la traction. Sinon, M. Bélanger se contredit en disant « que ce n’est pas vrai au niveau pratique » puisqu’il admet volontiers dans sa plainte et sa demande de révision que la traction n’est pas efficace pour traiter les maux de dos.

Un survol rapide du web m’a également permis de constater que d’autres chiropraticiens qui pratiquent la décompression neurovertébrale la considèrent bel et bien comme une forme de traction.

Voici, à titre d’exemple, quelques extraits d’un rapport sur la décompression vertébrale produit par le M. Sylvain Desforges, docteur en chiropratique, disponible sur le site web de la société Tag Med :

« La décompression neurovertébrale est une technologie récente qui sert à traiter la hernie discale sans chirurgie, en appliquant une série complexe de tractions contrôlées par un programme informatique sophistiqué (…) »

« L’Ordre des chiropraticiens du Québec nous confirme que la décompression vertébrale est en fait une forme de traitement chiropratique de traction (…) »

Vérification faite auprès de l’Ordre des chiropraticiens du Québec, celui-ci considère effectivement la décompression comme une forme de traction.

La syndique de l’Ordre, Mme Chantal Pinard, avec laquelle j’ai discuté, est d’ailleurs catégorique sur cette question. La décompression neurovertébrale, telle que pratiquée par la Clinique Zéro Gravité de MM. Bélanger et Bureau, est bel et bien une forme de traction. Elle ajoute d’ailleurs que si la décompression neurovertébrale n’était pas de la traction, il serait illégal pour un chiropraticien, et par conséquent pour Zéro Gravité, de la pratiquer.

Mme Pinard m’a précisé qu’une plainte contre Zéro Gravité avait été portée à l’attention du Comité de discipline de l’Ordre en 2008, justement parce que l’entreprise de MM. Bélanger et Bureau avait prétendu, dans une publicité, que la décompression n’était pas de la traction. Lors de leur comparution, les fondateurs de la clinique avaient en fin de compte admis que la décompression neurovertébrale était bel et bien de la traction.

La syndique de l’Ordre conclut que si MM. Bélanger et Bureau prétendent toujours le contraire, ils diffusent une information erronée et commettent une infraction.

Par ailleurs, l’écoute de l’entrevue accordée par MM. Bélanger et Bureau au journaliste François Dallaire montre que leurs explications à ce sujet sont contradictoires, puisqu’ils disent tantôt que la décompression neurovertébrale n’est pas de la traction, tantôt qu’il s’agit d’une « traction mécanisée contrôlée par un système informatique qui contrecarre la résistance des muscles ».

Au vu de l’absence de preuves scientifiques pouvant confirmer l’efficacité de la traction, on peut comprendre que les plaignants n’aient pas envie que la décompression neurovertébrale soit perçue comme une forme de traction.

On peut aussi comprendre qu’ils préfèrent, sur le site web de leur entreprise Zéro Gravité, décrire la décompression neurovertébrale comme un traitement « qui vise à étirer de manière contrôlée la colonne vertébrale » plutôt que comme une forme sophistiquée de traction.

Les plaignants ont beau affirmer qu’il existe des « différences fondamentales entre la traction et la décompression », il n’y a aucun doute que la décompression neurovertébrale est bel et bien considérée par la profession chiropratique comme une forme de traction.

Sur cette question, le reportage de La facture respecte donc la valeur d’impartialité puisqu’il est bien fondé sur les faits.

L’expertise des spécialistes retenus

MM. Bélanger et Bureau remettent aussi en question la compétence du Dr Roy et de M. Normand en matière de décompression, affirmant qu’ils ne connaissent pas la technique.

J’ai vérifié les compétences et expertises des deux spécialistes.

En ce qui concerne d’abord M. Normand, il a dirigé pendant plusieurs années la seule école universitaire de chiropractie au Canada. Il possède un baccalauréat et une maîtrise en sciences de l'activité physique, un doctorat en neurobiologie, et un doctorat en chiropratique. Il effectue de la recherche en biomécanique clinique et en réadaptation, et a livré et publié plusieurs communications et articles scientifiques, notamment sur la colonne vertébrale.

Quant au Dr Roy, c’est un chirurgien orthopédiste, spécialiste de la colonne vertébrale, un praticien reconnu par ses pairs qui supervise la recherche et l’enseignement dans sa spécialité à l’Université Laval. Il a publié de nombreux articles scientifiques sur la question et a livré près d’une centaine de conférences dans autant de réunions et congrès médicaux en Amérique du Nord et en Europe.

Je considère donc que ces deux spécialistes sont suffisamment savants et compétents pour porter un jugement éclairé sur les techniques et méthodes utilisées par la Clinique Zéro Gravité des plaignants. Que MM. Bélanger et Bureau ne soient pas d’accord avec eux n’enlève rien à leur expertise.

À cet égard, l’équipe de La facture a donc là aussi respecté la valeur d’impartialité puisqu’elle s’est fondée sur l’expertise de spécialistes compétents pour discuter de l’efficacité.

L’absence de contrepartie crédible

Les plaignants estiment que le journaliste François Dallaire aurait dû présenter l’opinion d’experts qui défendent l’efficacité de la décompression neurovertébrale pour faire contrepoids aux opinions expertes de MM. Jean-François Roy et Martin Normand.

Ils admettent qu’ils ont eux-mêmes répondu à ces opinions, dans le reportage, en présentant leurs arguments et points de vue.

Mais, ajoutent-il, « ne sommes-nous pas des "experts non crédibles" considérant notre position de conflit d’intérêts? »

Et ils précisent avoir donné au journaliste « des références de médecins spécialistes et de médecins chercheurs qui reconnaissent la valeur thérapeutique de la décompression neurovertébrale ».

Le journaliste François Dallaire, avec qui j’ai longuement discuté, affirme qu’il a effectivement vérifié la pertinence de consulter plusieurs des spécialistes recommandés par MM. Bélanger et Bureau.

L’un d’entre eux travaille maintenant pour le fabricant de l’appareil utilisé par Zéro Gravité. Son témoignage n’aurait donc pas été plus « neutre » que celui des plaignants.

Les trois autres sont signataires d’une étude effectuée pour le fabricant de l’appareil et présentée au congrès de l’American Society of Anesthesiologists en 2006. Cette étude conclut effectivement, comme l’expliquait M. André Dallaire dans sa réponse aux plaignants, que l’absence de groupes témoins n’a pas permis de vérifier « dans quelle mesure les bienfaits observés sur les patients étaient dus à l’effet placébo, à un rétablissement spontané ou aux traitements ». Je ne vois donc pas en quoi leur témoignage, dans le reportage, aurait pu présenter un point de vue plus favorable aux plaignants.

En fait, contrairement à ce que MM. Bélanger et Bureau soutiennent, ils étaient effectivement les mieux placés pour répondre de leurs pratiques et défendre la décompression neurovertébrale : ils sont tous les deux docteurs en chiropractie, ils ont recours à la décompression neurovertébrale et l’ont pratiquée dans leurs cliniques sur des milliers de patients.

Leur point de vue, opinions, arguments et objections, selon ce que j’ai vu et entendu ou lu dans le reportage et dans le matériel réuni par l’équipe de La facture pour sa réalisation, ont été correctement et suffisamment présentés.

La « malhonnêteté » de Zéro Gravité

Selon les plaignants, le reportage contient plusieurs insinuations à l’effet que leur entreprise soit malhonnête.

La phrase suivante, par exemple, est perçue par MM. Bélanger et Bureau comme laissant croire qu’ils forcent leurs patients « à se fixer des objectifs faciles à atteindre » :

« Son objectif était d’améliorer sa situation d’au moins 50 pour cent mais la clinique l’a convaincue de ramener ses objectifs à 20 pour cent. »

Voici pourtant ce qu’on peut lire au dossier de la patiente, que j’ai pu moi-même consulter :

« Ses objectifs d’amélioration minimum sont de 50 pour cent et une discussion avec le docteur ramène ses objectifs à la fin du traitement à 20 pour cent. »

C’est exactement ce que rapporte le journaliste.

Je ne comprends d’ailleurs pas que les plaignants s’en offusquent puisque de fixer des objectifs réalistes à un patient qui a des attentes démesurées m’apparaît plutôt comme une manifestation de bonne foi et d’honnêteté.

Ils voient aussi une suggestion de malhonnêteté dans le fait de signaler dans la même phrase que les « traitements coûtent très cher », bien que leur efficacité n’a pas été prouvée par la science. Je ne reviendrai pas sur l’utilisation des termes « très cher », dont j’ai déjà discuté plus haut, mais il est un fait que le traitement n’a pas été prouvé scientifiquement et même les plaignants le reconnaissent. Ce facteur, me semble-t-il, mérite d’être retenu quand vient le temps pour un patient de déterminer si, pour lui, il vaut la peine de payer ce qu’on lui demande. La même remarque s’applique aussi aux autres objections des plaignants à propos des références aux prix des traitements ailleurs dans le reportage.

Les plaignants en ont aussi contre l’utilisation par le journaliste du terme « étirement » pour qualifier leur traitement de décompression neurovertébrale. C’est pourtant ce terme qu’ils ont eux-mêmes utilisé lors de l’entrevue accordée au journaliste François Dallaire, et qu’ils utilisent dans leur documentation en ligne sur leur site web.

MM. Bélanger et Bureau accusent également le journaliste de donner « l’impression claire » qu’ils mentent à leurs patients « en leur disant que l’arthrose est traitable ».

Parlant de Mme Lafontaine, le journaliste dit, dans le reportage :

« Pour Zéro Gravité, Mme Lafontaine, qui souffre d’arthrose, était traitable. »

Immédiatement après, le directeur du département de chiropratique de l’UQTR, M. Martin Normand, chiropraticien, vient dire qu’on ne peut nullement traiter l’arthrose par la traction.

Puis, M. Marc Bureau, un des deux dirigeants de Zéro Gravité, affirme qu’il était tout à fait justifié de traiter le mal de Mme Lafontaine par la décompression vertébrale.

Voici l’extrait de l’entrevue faite par le journaliste François Dallaire avec le Dr Marc Bureau, chiropraticien, sur la question de l’arthrose :

QUESTION : « Les gens qui souffrent d’arthrose dans le dos, est-ce que vous les traitez ou vous les traitez pas? »

RÉPONSE : « Oui, c’est de la dégénérescence discale. Oui, c’est des patients qu’on peut traiter. »

QUESTION : « L’arthrose, pour vous, c’est de la dégénérescence discale? »

RÉPONSE : « Oui, l’arthrose vertébrale, c’est de la dégénérescence discale qui fait que le disque s’affaisse tranquillement et, éventuellement, ça fait de la pression sur les structures dont les nerfs. »

QUESTION : « Et ça donne des résultats? »

RÉPONSE : « Oui, définitivement. On a beaucoup de patients, qui ont des problèmes de dégénérescence discale ou d’arthrose, comme vous dites, c’est la même chose, et qui ont de très bons résultats. »

QUESTION : « Mme Lafontaine a été diagnostiquée par la Clinique Zéro Gravité souffrant d’une dégénérescence discale et lorsqu’elle est allée passer des radiographies par la suite après ses traitements, on a vu que c’était de l’arthrose. Donc, pour vous c’est la même chose? »

RÉPONSE : « C’est la même chose. »

Il n’y a rien d’équivoque dans cet échange et le journaliste a eu tout à fait raison de soutenir que les plaignants affirmaient pouvoir traiter l’arthrose de leur patiente.

Finalement, les plaignants soutiennent que le journaliste François Dallaire, « pour prouver que les traitements reçus ne les avaient soulagées que très brièvement », a délibérément omis de mentionner que les deux patientes, dont il présente le cas, ont effectivement connu des améliorations notables de leur condition.

Leur affirmation repose sur les notes au dossier des deux patientes inscrites par les praticiens après chaque traitement.

Ces notes, que j’ai parcourues, montrent effectivement que les patientes, de façon générale, ont souvent été soulagées, en partie du moins, après leurs séances de traitement.

Mais elles montrent aussi que ce soulagement ne durait guère, malgré le fait que les séances avaient lieu quotidiennement au début, puis aux deux ou trois jours par la suite.

Il ne faudrait pas non plus écarter le témoignage des patientes elles-mêmes, qui doit bien compter pour quelque chose : leur soulagement, témoignent-elles, était bien de courte durée.

Les plaignants estiment qu’elles ont menti et que le journaliste aurait dû les confronter à la version de Zéro Gravité telle qu’appuyée par les notes à leur dossier. Après vérification, c’est précisément ce que le journaliste François Dallaire a fait.

Par ailleurs, ma propre lecture des notes ne me convainc pas que les patientes ont menti. Tout au plus, sommes-nous en présence de deux interprétations valables des faits à partir des mêmes données. Il demeure que l’état de santé des patientes, en fin de compte, n’a pas changé au terme des traitements reçus, peu importe que le soulagement qu’elles disent avoir ressenti se soit dissipé une demi-journée ou plusieurs jours après leur dernier traitement.

Enfin, MM. Bélanger et Bureau ont pu s’expliquer de ces résultats dans le reportage et donner leur version des choses.

La manipulation de l’image

Dans le reportage, lorsqu’on montre Mme Flore Marc-Aurèle, la deuxième patiente dont on nous présente le cas, on la voit au ralenti en train de monter des marches. Les plaignants affirment que, juste avant, on la voit pourtant qui « se dirige d’un pas assuré vers l’escalier ». Et ils estiment que l’image a été ralentie afin de simuler une difficulté à monter les marches ».

La direction de l’Information et le réalisateur qui a supervisé le montage du reportage, M. François Sanche, soutiennent qu’il s’agissait là tout simplement d’une manière d’utiliser au maximum une séquence trop brève.

Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que la femme qu’on nous présente par ces images souffrait de douleurs aux jambes, qu’elle avait suivi de nombreux traitements chez Zéro Gravité, et qu’elle prétendait n’en avoir tiré à peu près aucun bienfait.

Les images au ralenti nous montrent d’abord un plan de face de toute la personne de Mme Marc-Aurèle en train de monter l’escalier, puis, surtout, un plan rapproché de ses jambes seulement. Pourquoi ce plan rapproché sur ses jambes?

M. Sanche, explique que ce plan rapproché des jambes de Mme Marc-Aurèle avait été tourné et utilisé parce qu’on l’avait traitée pour des douleurs aux jambes.

Voici ce qu’il m’a écrit :

« Dans ce cas-ci, il ne m'est jamais venu à l'esprit que ralentir les images de Mme Marc-Aurèle pourrait faire croire qu'elle est plus souffrante qu'elle ne l'est en réalité. Cela me semble farfelu. Son témoignage est amplement suffisant. Je doute d'ailleurs que les téléspectateurs l'aient vu de cette façon.

Les procédés de réalisation font partie des moyens qui nous permettent de transmettre de l'information, mais je reste conscient qu'ils ne doivent pas servir à exagérer la réalité vécue par cette personne. Dans ce cas-ci, deux plans au ralenti de Mme Marc-Aurèle montant un escalier n'est pas exagéré. »

La question n’est pas de savoir s’il est « exagéré » ou non d’utiliser « deux plans au ralenti », mais plutôt si leur utilisation, dans le contexte du reportage, a « exagéré la réalité vécue par » Mme Marc-Aurèle.

J’ai beau regarder la séquence en question, que ce soit la partie qui nous est montrée en vitesse normale que celle qui nous est présentée au ralenti, je ne constate ni dans l’une ni dans l’autre que Mme Marc-Aurèle se déplace difficilement.

Pourquoi alors nous montrer Mme Marc-Aurèle au ralenti en train de monter un escalier, qui plus est en focalisant en gros plan sur ses jambes?

Les NPJ nous mettent en garde contre ce genre de procédés :

« Principes - Production

En matière d’information, la forme est importante. Les techniques de production contribuent au sens de nos contenus et à leur impact. Elles permettent de capter l’attention et peuvent faciliter la compréhension. Notre utilisation des techniques de production respecte l’exactitude des faits et l’équité qu’exige la démarche journalistique. Nous devons donc faire des choix judicieux lorsque les contenus d’information sont présentés avec de la musique ou des effets visuels qui peuvent en colorer la perception ou l’impact. (…) »

Dans le contexte du reportage, je considère que le ralenti et le gros plan sur les jambes de Mme Marc-Aurèle suggèrent que sa démarche est difficile, même si ce n’est pas évident. Ils viennent donc dramatiser la situation et colorer la perception que peut en avoir l’auditeur.

L’absence de patients satisfaits

MM. Bélanger et Bureau déplorent que le reportage soit centré sur les griefs de deux patientes insatisfaites et que l’équipe de La facture ait refusé d’y faire entendre des patients satisfaits des services de Zéro Gravité. Les sondages maison de l’entreprise auprès de sa clientèle démontrent, disent-ils, que 96 à 99 pour cent de leurs milliers de patients sont satisfaits des services qu’ils reçoivent et que les cas présentés par La facture sont isolés et donc peu représentatifs.

Ces cas ont été présentés pour illustrer certaines carences observées dans les procédures et l’encadrement des patients : apparence de promesses de résultats; apparence de traitement inapproprié; efficacité non scientifiquement établie du traitement et non reconnue par la médecine et les autorités chiropratiques; apparence de suivi et d’encadrement inadéquat de la part des chiropraticiens; utilisation d’un appareil interdit de vente; caractère onéreux du traitement compte tenu de ce tous les éléments qui précèdent…

Le fait de présenter des témoignages de clients satisfaits n’aurait permis en rien de démentir ces éléments. Tout au plus auraient-ils pu montrer que, dans leur cas, il n’y avait pas eu de promesses de résultats et que le traitement reçu avait été approprié et efficace.

Il faut aussi savoir que de 90 à 95 pour cent des maux de dos, tout souffrants soient-ils, se résorbent d’eux-mêmes avec le temps et sans traitement particulier ou avec un traitement mineur aux antiinflammatoires. Cette donnée m’a été confirmée par les spécialistes que j’ai consultés pour cette révision. Une revue rapide que j’ai faite de la documentation disponible en ligne sur le sujet va aussi dans le même sens. En conséquence, le témoignage des patients satisfaits de la Clinique Zéro Gravité n’auraient pas été particulièrement éclairant.

MM. Bélanger et Bruneau ont eu l’occasion dans le reportage de souligner que pour eux, le nombre de clients satisfaits, malgré l’absence de preuves scientifiques, illustrait l’efficacité de leur thérapie. Et ils étaient beaucoup mieux placés que n’importe quel de leurs clients satisfaits pour défendre les éléments soulevés dans le reportage tant par les deux patientes qu’on y entend que par les experts entendus.

La vendetta du journaliste

Les plaignants concluent leur plainte en abordant l’intention du journaliste et de l’équipe de La facture de produire un deuxième reportage sur la Clinique Zéro Gravité, ce qui, à leur avis « relève de la vendetta et de l’acharnement ».

Ils estiment aussi que le journaliste a manqué d’impartialité dans la préparation de ce reportage parce qu’il a fait la bise à la conjointe d’un patient de Zéro Gravité qui poursuivait les plaignants devant la Cour des petites créances.

Je ne me prononcerai pas sur ces aspects de la plainte puisqu’ils concernent un reportage qui n’avait pas encore été diffusé au moment où MM. Bélanger et Bureau me les ont formulés. S’ils souhaitent se plaindre de ce deuxième reportage, diffusé le 10 septembre 2013, ils peuvent s’adresser à nouveau à moi et le processus habituel suivra son cours.

Conclusion

Mis à part un accroc mineur aux principes balisant l’utilisation des techniques de production, le reportage de l’édition du 9 avril 2013 de l’émission La facture, sur le traitement de décompression neurovertébrale offert à la Clinique Zéro Gravité, respecte les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.

Version PDF de la révision.

Pour me joindre : ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc