Interview Jacques Duchesneau (Tout le monde en parle)

RĂ©vision de Kirk LaPointe, ombudsman | Services anglais

Révision de l’ombudsman au sujet de l’interview de Jacques Duchesneau présentée à l’émission Tout le monde en parle à la Télévision de Radio-Canada.

Le 25 septembre 2011, le talk-show de la Télévision de Radio-Canada, Tout le monde en parle, présentait une interview de Jacques Duchesneau, ancien chef de police de la Ville de Montréal et directeur de l’Unité anticollusion du Québec, chargée d’examiner l’étendue du crime organisé et de la corruption dans le secteur de la construction. Il donnait cette entrevue deux jours avant sa comparution prévue dans ce dossier devant un comité de l’Assemblée nationale du Québec.

M. Michel Lebel a écrit à l’ombudsman le 26 septembre pour se plaindre de la démarcation floue qui existe entre l’information et le divertissement dans le cas d’un tel événement. Le terme qu’il a utilisé est « mélange des genres ». Il a mis en question l’éthique de Radio-Canada dans la présentation de cette interview dans le talk-show susmentionné et a laissé entendre qu’une interview plus pertinente aurait pu être faite dans le cadre d’une émission d’information. Il était également préoccupé par les extraits promotionnels qui avaient été diffusés ailleurs au réseau au sujet de la présence de M. Duchesneau à l’émission.

Mme Lynn Phaneuf, chef de contenu, Émissions culture, variétés et société, à Radio-Canada, a répondu à M. Lebel le 11 octobre 2011. Elle a écrit que Tout le monde en parle n’était pas une émission d’information, mais une émission de variétés. Elle a précisé que M. Duchesneau était invité à l’émission en vue de donner des éclaircissements sur la fuite concernant la publication imminente de son rapport sur le secteur de la construction. Elle a ajouté que l’animateur, Guy A. Lepage, a posé des questions pertinentes sur la sécurité de la population et sur les répercussions financières de la corruption. Elle a conclu que les politiques de Radio-Canada permettaient de diffuser dans la programmation d’information des extraits de l’interview avant et après l’émission.

Selon la Politique des programmes de Radio-Canada, les émissions et contenus d’intérêt général, « lorsqu’ils abordent des enjeux d’actualité, particulièrement lorsqu’il y a controverse », doivent respecter les valeurs d’équilibre et d’équité, telles qu’elles sont exprimées dans les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.

Les Normes et pratiques journalistiques stipulent que l’intérêt public doit guider toutes les décisions de Radio-Canada, que les personnes doivent être traitées avec respect et sans parti pris, et que Radio-Canada assume la responsabilité de publier les propos d’une personne dans un contexte précis. Lorsque des opinions sont exprimées, on s’attend à ce que le réseau diffuse une grande variété de points de vue sur le sujet sur toutes ses plateformes.

Conclusion

L’émission Tout le monde en parle n’est pas produite par des membres du personnel journalistique de Radio-Canada ou leurs collaborateurs, et elle n’est donc pas normalement assujettie aux Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada. Il existe d’autres mécanismes qui traitent de la plus grande partie de son contenu.

Les Normes et pratiques journalistiques stipulent que, lorsqu’une émission d’intérêt général traite de questions controversées, elle doit respecter les critères d’équilibre et d’équité.

Les questions en cause dans cette révision sont toutefois plus simples à trancher.

Dans ce cas-ci, M. Duchesneau présentait de l’information factuelle et faisait les manchettes. Même les opinions qu’il exprimait étaient susceptibles d’intéresser les médias, y compris sa remarque selon laquelle il y avait eu plus de corruption dans le secteur de la construction ces dernières années.

À noter que, Radio-Canada ayant diffusé sur l’ensemble de son réseau une grande variété de points de vue sur le sujet, elle satisfaisait donc à l’exigence d’équilibre et d’équité dans sa programmation.

Je précise également que le service de l’Information de Radio-Canada avait le droit d’utiliser des extraits de l’interview comme information valable et n’enfreignait ainsi aucunement les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.

Kirk LaPointe
Ombudsman intérimaire des Services français
CBC/Radio-Canada

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Version PDF de la révision.

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