Entrevue commerçant Plateau-Mont-Royal (Samedi et rien d’autre)

Révision de Julie Miville-Dechêne, ombudsman | Services français

Sommaire

Le plaignant estime que l’entrevue de Joël Le Bigot, l’animateur de l’émission Samedi et rien d’autre, avec un restaurateur de l’avenue Mont-Royal, a manqué d’impartialité et contient des faussetés.

Quand une émission « d’intérêt général », qui n’est pas produite par du personnel journalistique, traite d’un sujet controversé d’actualité, deux des cinq valeurs présentes dans les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada s’appliquent : l’équilibre et l’équité.

Il n’y a pas eu de recherche d’équilibre des points de vue dans l’émission Samedi et rien d’autre sur la politique de stationnement sur le Plateau-Mont-Royal. Étant donné que cette clause des Normes et pratiques journalistiques est nouvelle, il me semble souhaitable qu’il y ait une réflexion sur cette question dans les émissions d’intérêt général.

LA PLAINTE

Le 28 novembre 2010, M. Pierre-Alain Cotnoir m’a fait parvenir une plainte dont voici l’essentiel :

« Je désire, par la présente, porter plainte à l’endroit de la Société Radio-Canada et de son animateur, Joël Le Bigot, de l’émission hebdomadaire, Samedi et rien d’autre, pour son manque flagrant d’objectivité et sa partialité au cours de l’émission du 27 novembre 2010 au cours de laquelle celui-ci interviewait un commerçant de l’avenue du Mont-Royal, M. Patenaude, concernant la politique de stationnement qu’entend mettre en place l’arrondissement du Plateau Mont-Royal.

Nonobstant le ton complaisant, sinon complice de l’animateur envers son invité, cette entrevue véhiculait des faussetés criantes. Ainsi, il est faux de prétendre que la politique de stationnement obligerait les résidents des rues locales à imposer à leurs visiteurs un déboursé pour le stationnement pouvant aller jusqu’à 6$. Au contraire, il est prévu que les résidents bénéficieront de billets de stationnement qu’ils pourront offrir à leur visite afin de leur permettre de stationner sans frais. Il est également faux de prétendre qu’il n’y a pas eu de consultation de la population environnante, ni des commerçants, ces derniers ayant même été représentés, entre autres, par M. Depati, responsable de la SDC Mont-Royal, au sein d’un comité aviseur créé spécifiquement pour développer cette politique.

L’animateur a par la suite entraîné M. Patenaude vers une autre fausseté, n’ayant rien à voir avec la politique de stationnement en lui demandant : « Est-ce que c’est vrai qu’y déneige toujours pas l’hiver la fin de semaine? ». Cette affirmation plantée par l’animateur à laquelle le commerçant a renchéri est fausse et dénuée de fondement. La politique de déneigement accorde la priorité, les fins de semaine, au déneigement des trottoirs, par l’utilisation des chenillettes, à celui de la cueillette de la neige qui aura été préalablement tassée sur le bord des rues. Autrement dit, la sécurité des piétons demeure pour l’arrondissement plus importante que le déneigement des bords de rue au seul profit des automobilistes. Évidemment, en posant une telle question, il a permis à son interlocuteur de déformer à nouveau l’information, sans aucune retenue de la part de l’animateur.

M. Le Bigot, dans sa partialité a ensuite fait une salade indigeste des préjugés qu’il véhicule à l’endroit de l’arrondissement du Plateau Mont-Royal en affichant un parti pris grotesque, en associant le jugement gratuit du commerçant disant que Luc Ferrandez « c’est un homme arrogant » à une autre affirmation gratuite voulant que « si vous allez là (dans le Plateau), vous vous faites attraper et si vous vous faites attraper c’est des contraventions, c’est plus cher, il n’y a pas de places de stationnement. C’est l’image du Plateau Mont-Royal qui souffre énormément ». Il a ainsi pavé la voie à son interlocuteur qui en a rajouté affirmant « à chaque fois qu’il (Luc Ferrandez) ouvre la bouche, il parle tellement négativement ».

Non seulement, l’animateur n’a pas remis en question des attaques diffamatoires à l’endroit du maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, mais de surcroît il s’est permis d’affirmer une exagération tirée par les cheveux, en déclarant à son tour : « Peut-être qu’il va demander aux gens de Rosemont de monter les stationnements, pis d’empêcher les voitures de passer, pis de crever des pneus, on ne sait jamais. » Ici, l’affirmation de M. Le Bigot, faite sur le ton d’une fausse question, s’apparente plus à du libelle diffamatoire à l’endroit d’un élu du Plateau Mont-Royal qu’à un échange mené lors d’un interview journalistique.

Ce à quoi le commerçant, se sentant libre d’en rajouter, a affirmé péremptoirement : « Oui, parce que je sais que son but, c’est de devenir maire de la ville de Montréal. » (…) »

Le 21 décembre, Mme Danielle Leblanc, chef du contenu à la Première Chaîne de la Radio de Radio-Canada, a transmis cette réponse au plaignant :

« (…) J’ai écouté attentivement l’entrevue qui a provoqué votre plainte. Vers 10 h 15 ce matin-là, M. Le Bigot recevait un marchand du Plateau-Mont-Royal, M. Claude Patenaude. Ce dernier est patron depuis 45 ans de « Ti-coq BBQ », un restaurant existant depuis une soixantaine d’années. Pour la petite histoire, l’ancien annonceur de Radio-Canada Roger Baulu en a été propriétaire dans les années 50 et l’auteur Michel Tremblay y a été livreur.

M. Patenaude n’a certes pas ménagé ses mots envers l’administration de l’arrondissement où est situé son restaurant. Par ses questions, notre animateur l’a cependant obligé à s’expliquer. L’invité a donné une opinion différente de celle du maire de l’arrondissement que nous entendons souvent. Les hommes politiques sont des personnages publics et leurs commettants peuvent les critiquer. Il ne nous appartient pas d’empêcher un invité de s’exprimer. La neutralité ne signifie pas qu’il faille exclure des points de vue différents sur une question. L’équilibre des opinions sur un sujet est atteint dans l’ensemble de notre programmation. Ainsi, on a pu souvent voir et entendre M. Luc Ferrandez ou ses propos à Radio-Canada, ce qui n’est pas le cas cependant pour M. Claude Patenaude.

Je suis désolée si cette entrevue vous a déplu. (…) »

LA RÉVISION

Vous pouvez écouter l’entrevue à cette adresse :

http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2010/CBF/SamediEtRienDautrePourquoiPasDimanche201011271008.asx

(à 8 minutes 50 du début)

L’émission Samedi et rien d’autre, diffusée le samedi matin de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de la Radio de Radio-Canada, est une émission d’intérêt général qui mélange les segments d’information et de divertissement. L’ombudsman de Radio-Canada peut se pencher sur tout ce qui constitue de l’information à l’antenne :

« La juridiction du Bureau de l’ombudsman s’étend à toute information diffusée à Radio-Canada, quel qu’en soit le média, radio, télévision ou Web. Il s’agit des émissions de nouvelles, des émissions d’affaires publiques proprement dites de même que du traitement, dans tout genre d’émission, de sujets d’affaires publiques, politique, d’économie ou affaires sociales. Cela comprend aussi le traitement journalistique de l’agriculture, des arts, de la musique, de la religion, des sciences, des sports et même des variétés. (…) »

Toujours en vertu de son mandat, l’ombudsman interprète les principes édictés par CBC/Radio-Canada, les Normes et pratiques journalistiques (NPJ), pour se prononcer sur les plaintes des citoyens :

« L’ombudsman juge si la démarche journalistique ou l’information diffusée qui fait l’objet de la plainte enfreint les dispositions de la politique journalistique de Radio-Canada. (…) »

L’entrevue de Claude Patenaude, un restaurateur de l’avenue Mont-Royal, à propos de la politique de stationnement du maire de l’arrondissement Mont-Royal, Luc Ferrandez, constitue sans nul doute de l’information. Quelles sont les règles journalistiques qui s’appliquent dans ces cas-là?

Les règles du jeu viennent de changer. Radio-Canada a modifié la portée des nouvelles NPJ, entrées en vigueur à la fin de 2010. Pour cette raison, je dois mesurer l’impact de ces nouvelles règles sur la portée du mandat de l’ombudsman. Voyons ce que disent les nouvelles NPJ sur les émissions comme Samedi et rien d’autre :

« Lorsqu’ils abordent des enjeux d’actualité, particulièrement lorsqu’il y a controverse, les émissions et contenus d’intérêt général ainsi que le personnel qui les produit pour tous nos médias doivent respecter les valeurs d’équilibre et d’équité, telles qu’elles sont exprimées dans les NPJ. C’est également ce que prévoit la Politique des programmes de Radio-Canada.»

En d’autres mots, quand une émission qui n’est pas produite par du personnel journalistique traite d’un enjeu controversé d’actualité, elle doit respecter deux des cinq valeurs énumérées dans les NPJ : l’équilibre et l’équité. Elles sont ainsi définies par Radio-Canada :

« Équilibre : Nous contribuons aux débats sur les enjeux qui touchent le public canadien en présentant une diversité d’opinions. Nos contenus d’information, dans tous nos médias, offrent un large éventail de sujets et de points de vue.

Lorsque nous abordons des sujets controversés, nous nous assurons que les points de vue divergents sont reflétés avec respect. Nous tenons compte de leur pertinence dans le cadre du débat et de l’ampleur du courant qu’ils représentent.

Nous nous assurons également de présenter ces points de vue dans un délai raisonnable. »

Et

« Équité : Au cours de la collecte d’information et dans nos reportages, nous traitons les personnes et les organismes avec ouverture et respect.

Nous sommes conscients de leurs droits. Nous les traitons sans parti pris. »

Pour le personnel journalistique qui œuvre normalement dans les émissions d’information, trois autres valeurs fondamentales doivent être respectées, à savoir l’exactitude, l’impartialité et l’intégrité.

Cela veut-il dire que le personnel des émissions d’intérêt général n’a aucune règle à suivre en matière d’exactitude, d’intégrité ou de neutralité? Bien sûr que non. Toutefois, ces règles sont décrites dans d’autres politiques de Radio-Canada. Ces autres politiques sont un peu plus souples que les NPJ en matière d’impartialité, mais assez explicites sur les questions d’exactitude et d’intégrité.

Or, le mandat de l’ombudsman, tel que défini par le Conseil d’administration de Radio-Canada, est de veiller à l’application des NPJ et non pas des autres politiques internes.

Dans la plainte qui m’est soumise, je me baserais donc uniquement sur le respect des valeurs d’équité et d’équilibre, telles que nouvellement définies par les NPJ.

L’interprétation de ces nouvelles règles

L’entrevue d’un restaurateur de l’avenue Mont-Royal par l’animateur Joël Le Bigot porte sur un sujet controversé d’actualité. Dans les jours précédant l’émission, les commerçants ont exprimé leur colère sur toutes les tribunes. Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, est même intervenu dans le dossier en raison de l’opposition des marchands. La question des parcomètres dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal est donc un sujet d’actualité. On peut certainement le qualifier de controversé, étant donné les divisions entre les élus municipaux, les commerçants et les résidents du quartier, les divisions entre les défenseurs de l’automobile et ceux du transport en commun.

Samedi et rien d’autre et son animateur sont donc tenus, étant donné la nature du sujet, d’être équitables et équilibrés.

L’équité

Les élus et les personnalités publiques, quels qu’ils soient, doivent s’attendre à leur lot de critiques. Ce qui ne devrait pas empêcher de les traiter équitablement, avec « ouverture », « respect » et « sans parti pris », d’après les NPJ. Bien que le maire d’arrondissement Luc Ferrandez ne soit pas en studio, il est l’objet central de cette entrevue. L’animateur parle de lui et de ses politiques.

En l’absence d’obligation d’impartialité, telle que définie dans les NPJ, la direction de Radio-Canada peut autoriser Joël Le Bigot à exprimer ses réserves face à la politique de stationnement du maire, ce qu’il fait allègrement. Toutefois, la clause d’équité exige qu’on s’abstienne de parti pris. Je constate que les auteurs des nouvelles NPJ ont voulu distinguer l’absence de parti pris du principe d’impartialité. À mon avis, l’absence de parti pris signifie ici que l’animateur doit se garder de déformer les propos du maire, de refléter sa position de façon erronée ou trompeuse. Comme l’essentiel de la plainte porte sur les présumées inexactitudes véhiculées par la personne interviewée (M. Patenaude), et que ces erreurs alléguées n’ont pas été relevées par l’animateur, je dois me demander si les propos du maire ont été déformés de telle manière qu’il aurait été traité avec irrespect ou parti pris.

J’ai donc vérifié l’essentiel des affirmations de M. Patenaude. J’ai constaté une erreur de chiffre (6 $ plutôt que 1 $ pour les vignettes des visiteurs de résidents) et un certain manque de précision. Cette erreur et ces imprécisions ne sont pas suffisamment graves pour y voir une tentative de déformer la position du maire. Je dois donc en conclure que l’animateur n’a pas été inéquitable en ne remettant pas en question les propos de Claude Patenaude.

Selon moi, le seul point soulevé par la plainte qui pourrait être interprété comme une marque importante d’irrespect relève plutôt de la caricature. Vers la fin de l’entrevue, l’animateur fait cette remarque :

JOËL LE BIGOT : « Ben, peut-être qu’il [Luc Ferrandez] va demander aux gens de Rosemont de monter les stationnements, puis d’empêcher les gens de passer, puis de crever des pneus, peut-être, on sait jamais. »

Pour les habitués de l’émission, et de l’humour irrévérencieux de l’animateur, cette dernière remarque est tellement caricaturale qu’elle ne peut qu’être perçue que comme de l’ironie.

L’équilibre

Radio-Canada a jugé que la valeur d’équilibre était suffisamment importante pour l’étendre à l’ensemble des émissions quand elles traitent d’un sujet controversé d’actualité. L’équilibre commande de diffuser des points de vue divergents et pertinents dans un délai raisonnable.

L’octroi d’un délai raisonnable implique une certaine souplesse. L’équilibre ne doit pas nécessairement être atteint dans une seule émission. Selon les circonstances, on peut prendre en considération les opinions diffusées dans plusieurs émissions différentes, y compris les émissions d’information proprement dites. L’équilibre peut aussi être atteint dans une seule entrevue quand l’animateur joue son rôle d’avocat du diable et présente bien les points de vue opposés à ceux de son invité.

Par ailleurs, on doit comprendre que plus le sujet est controversé, plus la nécessité de l’équilibre doit être considérée avec sérieux par chaque émission, y compris les émissions d’intérêt général.

J’interprète cette nouvelle clause comme une façon d’inciter les différentes émissions d’intérêt général à présenter des points de vue variés, divergents, à leurs publics respectifs, quand elles choisissent de traiter d’un enjeu controversé d’actualité.

Joël Le Bigot a expliqué en ondes qu’il a invité Claude Patenaude, car « M. Ferrandez [est] invité dans les informations pour s’expliquer sans arrêt, mais on entend peu les commerçants qui eux sont furieux. » Vérification faite, l’information radio a bien couvert la révolte des marchands. L’émission d’actualité Désautels a reçu en entrevue à cinq jours d’intervalle Michel Depatie, le directeur de la Société de Développement commercial de l’avenue Mont-Royal (qui représente les commerçants), et le maire d’arrondissement Luc Ferrandez.

À Samedi et rien d’autre le 27 novembre, l’entrevue d’un commerçant, qui en avait gros sur le cœur contre le maire Ferrandez, offrait aux auditeurs un seul et unique point de vue. L’animateur n’a pas tenté de rétablir l’équilibre en se faisant l’avocat du diable. Au contraire, il en rajoutait. Dans les semaines qui ont précédé ou qui ont suivi cet épisode, je n’ai pas repéré d’entrevues à Samedi et rien d’autre qui présentaient une autre opinion sur la politique de stationnement sur le Plateau.

Cette clause sur l’équilibre, telle que libellée dans les nouvelles NPJ, mérite une réflexion approfondie.

L’exactitude

Les NPJ ne prévoient pas que le principe d’exactitude s’applique au traitement d’enjeux d’actualité controversés par des émissions d’intérêt général.

Toutefois, le public ne sait sans doute pas qu’en matière d’exactitude un autre texte que les NPJ, la Politique des programmes, s’applique à toute l’information diffusée à l’antenne, qu’elle soit produite ou non par des journalistes :

« Il est essentiel que l’information diffusée par la CBC/Radio-Canada soit aussi précise et complète que possible. Pour ce faire, la préparation d’une émission doit s’appuyer sur une recherche minutieuse et un contrôle rédactionnel rigoureux. Cette règle ne s’applique pas seulement aux émissions tombant traditionnellement dans le domaine de l’information (nouvelles et actualités, arts, lettres et sciences humaines, agriculture et industrie, enseignement et jeunesse, religion), mais touche également les grands reportages, et même les docudrames.

Des erreurs de fait, même mineures, peuvent nuire à la crédibilité des émissions et servir de prétexte pour critiquer la CBC/Radio-Canada et mettre en doute les intentions de la Société dans des secteurs de programmation importants.»

C’est à la direction de Radio-Canada de s’assurer que la Politique des programmes soit respectée, et donc que les erreurs de faits, s’il y en a, soient reconnues. Le plaignant avance qu’il y a des « faussetés » dans l’entrevue en cause. J’ai traité cette question plus haut sous l’angle de l’équité.

Dans sa réponse à M. Cotnoir, la direction écrit que ce que dit l’invité, Claude Patenaude, relève de « l’opinion ». Il est vrai que les animateurs reçoivent des invités pour leur demander d’exprimer leurs opinions. L’opinion est une chose. Toutefois,
dans des questions controversées d’actualité, le public de toutes les émissions est en droit de s’attendre à ce que l’animateur relève une déformation évidente de faits, ou tout au moins qu’il émette des réserves s’il n’est pas certain que son invité lui livre les faits.

Il est important de noter que l’auditoire, lui, ne fait pas la distinction entre le statut des animateurs d’émissions « d’intérêt général », comme Samedi et rien d’autre ou C’est bien meilleur le matin, et celui d’une émission « d’information », comme Désautels. Le public ne sait pas que ces trois animateurs ne sont pas soumis aux mêmes règles journalistiques, car de l’extérieur rien ne différencie le format d’émissions matinales et celui d’émissions de retour à la maison. Dans les deux cas, on y mélange des chroniques de circulation, de culture, de sport et des entrevues d’actualité sur un ton plus ou moins léger, selon les sujets.

Au-delà de ce cas particulier, l’adoption de nouvelles NPJ est l’occasion idéale pour tout le personnel de réfléchir à ses pratiques et à ce que le public attend de Radio-Canada. Plus spécifiquement, il m’apparaît souhaitable que les équipes de toutes les émissions prennent le temps de se pencher sur les meilleures façons de respecter les valeurs fondamentales d’équilibre et d’équité quand il est question de sujets controversés d’actualité.

En dernier lieu, j’invite les responsables des émissions à observer une grande transparence dans leurs réponses aux plaignants, et à reconnaître les erreurs. Cela me semble particulièrement important dans un environnement où les explications de Radio-Canada deviennent rapidement des documents publics, affichés dans des blogues.

Conclusion

Quand une émission « d’intérêt général », qui n’est pas produite par du personnel journalistique, traite d’un sujet controversé d’actualité, deux des cinq valeurs présentes dans les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada s’appliquent : l’équilibre et l’équité.

Il n’y a pas eu de recherche d’équilibre des points de vue dans l’émission Samedi et rien d’autre sur la politique de stationnement sur le Plateau-Mont-Royal. Étant donné que cette clause des Normes et pratiques journalistiques est nouvelle, il me semble souhaitable qu’il y ait une réflexion sur cette question dans les émissions d’intérêt général.

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