La censure en «temps réel»

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Comment se fait-il qu’en cette ère d’instantanéité de l’information les nombreuses agressions sexuelles contre des femmes survenues en Allemagne durant les Fêtes aient mis tant de temps à faire leur chemin dans les médias ? Un questionnement de Christian Rioux, correspondant du Devoir à Paris.

Nous vivons, dit-on, à l’heure de l’information instantanée. C’est ce que certains « poètes » qui s’ignorent nomment l’information « en temps réel ». Comme si l’immédiateté des faits avait quelque chose à voir avec leur réalité. En ces temps d’immédiateté de l’information, il aura pourtant fallu une bonne semaine pour apprendre que plus de 500 femmes avaient subi des violences sur la grande place de la gare à Cologne. Le 1er janvier, un rapport de police avait osé conclure à une nuit « globalement calme ». Deux semaines plus tard, le nombre de plaintes atteignait 560, dont 40 % pour tentative de viol ou agression sexuelle. La plupart désignent des hommes d’origine étrangère, probablement maghrébine ou moyen-orientale.

Un vieillard est agressé dans un village perdu et, dans l’instant, sa photo tourne en boucle sur les chaînes d’information continue. Un maire de province lance une baliverne sur Twitter et les radios en rendent compte illico avec moult détails et commentaires inspirés. Mais plus de 500 femmes se font agresser pendant le réveillon du jour de l’An sur une grande place publique d’une métropole européenne où festoient des milliers de personnes, toutes munies de téléphones ultrasophistiqués branchés sur le monde, et on ne l’apprendra que… cinq jours plus tard ! Pas une organisation féministe ou de défense des droits pour sonner l’alarme et s’inquiéter du silence de la police. Serions-nous revenus à l’époque de la diligence et du télégramme ?

À moins que nous soyons à celle du « pas d’amalgame ».

La suite de cet article de Christian Rioux sur le site web du Devoir au bout de ce lien.

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