Information et devoir de transparence : un nouvel espace de dialogue à Radio-Canada

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

La direction de l’information de Radio-Canada s’installe sur internet avec un blogue pour expliquer comment et pourquoi elle prend ses décisions éditoriales. Tiré d’ICI.Radio-Canada.ca

Nous vivons à une époque où le public réclame une plus grande transparence des institutions et des pouvoirs publics. Au Service de l'information d'ICI Radio-Canada, nous n'échappons pas à ce phénomène.

Le Mot de l'Info de Michel Cormier
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Plusieurs mécanismes régissent déjà nos activités.

Il y a le mandat de diffuseur public de Radio-Canada, le CRTC, nos propres normes et pratiques journalistiques ainsi que l'ombudsman, qui traite les plaintes à l'égard de notre travail.

Lors des campagnes électorales, nous invitons de plus des groupes de citoyens à évaluer notre couverture.

Nous sommes également soumis à la loi d'accès à l'information.

Depuis l'an dernier, nous divulguons aussi sur notre site Internet les activités extérieures de nos journalistes.

Si toutes ces choses contribuent à augmenter notre transparence et notre imputabilité, elles ne vous permettent pas pour autant d'apprécier les raisons qui sous-tendent nos choix éditoriaux ou qui expliquent nos méthodes de travail.

C'est pourquoi j'inaugure aujourd'hui ce blogue qui vise à établir un plus grand dialogue avec vous du public. Il servira à expliquer comment nous faisons les choses et pourquoi nous les faisons.

Le journalisme en zone de guerre

Récemment, vous avez été nombreux à vous préoccuper du sort de notre correspondant Raymond Saint-Pierre et de son équipe lorsqu'ils ont été l'objet de bombardements en Syrie.

Les questions portaient surtout sur notre décision de couvrir de telles zones de guerre et sur les mesures que nous prenons pour assurer la sécurité de nos équipes lorsque nous décidons de le faire.

Permettez-moi de commencer par la question de la sécurité. Nous la prenons très au sérieux. Dès qu'il est question de déployer une équipe dans une zone dangereuse, nous procédons à une évaluation de risque très détaillée.

Nous disposons à Radio-Canada d'un expert en sécurité, un ancien militaire, avec une longue expérience des zones de conflits. Il évalue les risques, mais s'assure également que nos équipes ont la formation nécessaire, notamment en termes de premiers soins et de connaissances balistiques, ainsi que tout l'équipement requis pour se déployer dans ces zones.

Nous ne pouvons pas éliminer les risques, mais nous pouvons les mesurer.

La décision ultime me revient, comme directeur général de l'Information. Nous évaluons chaque fois la valeur du journalisme que nous pouvons produire et son intérêt public par rapport aux risques qu'il comporte.

Dans le cas de la Syrie, par exemple, nous jugeons qu'il est trop risqué pour l'instant de nous aventurer dans les zones contrôlées par les armées rebelles, tellement l'instabilité et le risque d'enlèvement y sont importants.

Il est à noter que tout journaliste peut décider de ne pas accepter une affectation en zone dangereuse. Chaque déploiement fait l'objet d'un post mortem rigoureux pour tirer les enseignements de nos déplacements dans les zones de conflit.

Quant à la question de savoir pourquoi nous envoyons des journalistes dans des affectations risquées, elle tient à notre volonté et à notre devoir d'informer le public de façon indépendante.

Dans le cas du déploiement de Raymond et de son équipe en Syrie, cela nous a permis d'aller voir sur le terrain ce qui se passe dans les zones contrôlées par le gouvernement syrien grâce à l'appui militaire russe.

Les conditions n'étaient pas idéales dans le sens où notre équipe, comme la trentaine d'autres journalistes, n'était pas libre de ses mouvements. Les militaires et les responsables du ministère des Affaires étrangères russes amènent les journalistes où ils le veulent.

Néanmoins, ce déplacement dans un village supposément libéré par les forces gouvernementales a montré le contraire. Le fait que le convoi ait été bombardé a démontré à quel point la situation reste instable malgré la déclaration d'une trêve.

Il est toujours préférable de constater les choses sur place que de se fier à des images et à des informations de sources dont on ne peut pas toujours être certains de la fiabilité, de porter notre propre regard journalistique sur une situation plutôt que de se fier aux autres. C'est pour cela que nous continuons à nous déployer dans les zones de conflit.

J'espère que ces quelques explications seront utiles. Si vous avez des questions ou des suggestions sur la façon dont nous couvrons ce sujet ou d'autres, voici l'adresse où vous pouvez nous écrire : michelcormier@radio-canada.ca.

Pour ce qui est des plaintes à l'égard de notre couverture journalistique, je vous encourage à continuer de les faire suivre à l'ombudsman de Radio-Canada.

Cordialement,

Michel Cormier
Directeur général de l'Information

Pour me joindre :

ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc