Grossesse et chocolat: méfiez-vous des médias!

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Chocolat, Saint-Valentin, grossesse, science et médias. Quant on peut dire une chose et son contraire à partir d’une étude scientifique. Tiré des sites web de l’Agence Science Presse et de Maman Éprouvette.

Par Kathleen Couillard

À quelques jours de la Saint-Valentin, le titre est accrocheur : « Le chocolat serait très bon pour les femmes enceintes ». Malheureusement, il s’agit d’un excellent exemple d’une étude médiatisée pour aucune autre raison que celle de contenir le mot chocolat.

Avouons tout de même que le nom de l’étude porte à confusion. En effet, les chercheurs qui devaient présenter leurs résultats à Atlanta dans le cadre du Pregnancy Meeting ont intitulé leur présentation « Le chocolat à haute teneur en flavanol pour améliorer la fonction placentaire et diminuer le risque de pré-éclampsie : un essai clinique randomisé en double aveugle ». Bien sûr, notre réaction à la lecture de ce titre est de dire « Cool ! Le chocolat noir prévient la pré-éclampsie ». Cependant, erreur ! Prenons donc un moment pour en savoir plus sur l’étude en question.

L’idée de tester l’effet du chocolat pendant la grossesse provient de chercheurs de l’Université Laval. Leur objectif était effectivement de démontrer que le chocolat noir peut réduire le risque de pré-éclampsie. Il faut mentionner que des études avaient déjà été réalisées sur le sujet dans le passé et étaient arrivées à des résultats contradictoires. Pour faire la lumière sur tout ça, les chercheurs de Québec ont divisé129 femmes enceintes en deux groupes. Le premier allait manger 30 g de chocolat noir tous les jours pendant 12 semaines. Le deuxième allait se contenter de chocolat ordinaire. Ils ont ensuite mesuré le flux sanguin de l’utérus, du placenta et du fœtus de même que le poids du placenta et du bébé à la naissance. Ils ont aussi évalué la fréquence de la pré-éclampsie et de l’hypertension gestationnelle.

Après toutes ces savantes observations, les chercheurs ont fait la stupéfiante découverte suivante : aucune différence entre les deux groupes ! Par conséquent, leur hypothèse de départ s’est avérée rejetée. Le titre de leur étude aurait dû être « Le chocolat à haute teneur en flavanol pour améliorer la fonction placentaire et diminuer le risque de pré-éclampsie… ne fonctionne pas. »

La suite de cet article sur le site web de l’Agence Science Presse au bout de ce lien.

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