Ville de Montréal : Des stratégies politiques laissent des journalistes sans réponse

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré de la lettre hebdomadaire de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

Plusieurs journalistes ont récemment observé une intervention politique dans les affaires administratives de la Ville de Montréal.

C’est le cas de Christopher Nardi, du Journal de Montréal, qui a posé des questions, au mois d’août, à une fonctionnaire responsable des communications de la Ville. Les questions n’étaient pas d’ordre politique et le journaliste ne demandait pas de réactions politiques.

Pourtant, ce ne sont pas les responsables des communications de la Ville qui lui sont revenus, mais plutôt l’attachée de presse du maire de Montréal, en septembre. On lui répond que la Ville est en train de préparer une annonce plus large qui concerne sa question. La Ville pourra donc répondre à ses questions lors de cette annonce à l’automne, lui dit-elle.

«Cette situation se répète souvent à la Ville. On fait une demande d’information aux services et, quelques jours, ou parfois quelques semaines plus tard, le politique nous répond qu’il faut attendre l’annonce du maire. Cette annonce peut venir longtemps après.»

Constat similaire du côté d’Anne-Marie Provost, journaliste au 24 heures. C’est le cabinet du maire qui lui est revenu par rapport à ses questions d’ordre administratif qui étaient plutôt destinées aux fonctionnaires responsables des communications de la Ville. Le Cabinet du maire lui répond qu’il prépare une sortie publique qui concerne ses questions. Le Cabinet souligne qu’il n’a pas encore élaboré une stratégie de communication, donc on demande à la journaliste de patienter.

Une autre journaliste a écrit à la FPJQ en évoquant le même type de problème :

«Plusieurs des demandes nous sont refusées sous prétexte qu’une annonce est à venir, que les détails publics ne sont pas encore prêts», a-t-elle affirmé.

Dans les trois cas, les journalistes n’ont pas été en mesure d’obtenir des réponses à leurs questions.

Contrairement à l’argument de la confidentialité, des secrets industriels et de la protection de la vie privée, préparer une annonce plus large n’est pas un motif pour refuser de répondre à une institution publique aux questions des journalistes.

Depuis le printemps dernier, la FPJQ a reçu plusieurs témoignages de journalistes qui ont rencontré des difficultés à avoir accès à de l’information à la Ville de Montréal provenant des élus municipaux ou des fonctionnaires. Certains font état de manipulations ou de tentative de contrôle du message. Listes de questions demandées à l’avance, longs délais, annonces à venir, en sont quelques exemples. D’autres journalistes ont aussi reçu des appels de relationnistes de la Ville pour critiquer des textes et demander à ce qu’ils soient modifiés.

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