Serge July « Il faut donner à la presse le droit au blasphème »

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Un point de vue éclairé sur la liberté de blasphémer, celui de Serge July, co-fondateur du quotidien français Libération qu’il a dirigé pendant 33 ans. Tiré du site web du magazine L’Express.

Son Dictionnaire amoureux du journalisme l’atteste : l’ancien patron de Libération n’a rien perdu de sa flamme pour un métier qui – Charlie le rappelle – reste au cœur du combat pour la liberté. A l’heure où le monde de l’information traverse une profonde mutation, il n’en élude ni les carences ni les exigences.


Vous écrivez dans l’avant-propos de votre dernier ouvrage (1) : « D’emblée, la presse a été contestée et mise en cause à ce titre. Elle l’est aussi pour sa trop grande liberté… » Trouvez-vous que les journalistes usent parfois trop de cette liberté, jusqu’à en oublier l’esprit de responsabilité ?


De tout temps, la presse a été contestée. Il suffit de se replonger dans les écrits du xviiie siècle, quand la presse – et, avec elle, le concept d’opinion publique – voit le jour, pour constater que, d’emblée, elle incarne un pouvoir insupportable. Tout cela invite à la prudence. Quand j’entends des professeurs dire, à la lueur des drames qui viennent de se produire en France, qu’ils ne savent pas comment parler à leurs élèves, comment leur décrypter, leur contextualiser ces événements, je leur réponds simplement : « Lisez-leur Voltaire. » Faites-leur découvrir l’affaire Calas ou des chapitres du Traité sur la tolérance, qui sont d’une actualité éloquente : ils s’apercevront alors que le droit au blasphème était déjà une bataille au xviiie siècle.

La suite sur le site web de L’Express au bout de ce lien.

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