MÉDIAS : Paris, démagogie et trolls

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Stéphane Baillargeon, chroniqueur médias du quotidien Le Devoir sur l’utilisation de Twitter en contexte de crise.

Par Stéphane Bailargeon

Les médias sociaux sont efficaces, généreux d’une formidable utilité. Ils l’ont encore prouvé dans la tragédie parisienne. Facebook assure que sa page de « contrôle d’absence de danger » a été utilisée par plus de 4 millions de personnes en 24 heures pour« prendre rapidement contact avec des amis dans la zone des attaques terroristes ».

D’autres nouveaux réseaux ont aussi énormément servi pour diffuser des informations et les commentaires en provenance des autorités, des médias, des témoins et des victimes. Les fausses informations ont évidemment circulé. Ainsi va la communication, vieille ou neuve.

Le cas de Twitter paraît plus troublant. Cet outil merveilleux a en même temps encore prouvé à quel point il peut être dangereux pour ceux qui le manipulent sans soin, au risque de s’autopeluredebananiser la réputation, ou ce qui en tient lieu.

On commençait à peine à mesurer l’ampleur de la tragédie vendredi soir quand la commentatrice libertarienne Joanne Marcotte a ironiquement gazouillé ceci : « Pas de souci, le monde. La plus grande menace dont on a à faire face [sic], ce sont les changements climatiques... »

Richard Martineau a lui aussi pondu très tôt vendredi soir pour reprendre son antienne, où s’embrouillent des fixations antireligieuses et antilibérales. Dès son deuxième message, il s’en prenait à des chroniqueurs de La Presse : « La plus grande menace en France, c’est l’islamophobie. Hein Marc Cassivi ? Hein, Rima Elkouri ? » Au bout d’une quinzaine depunchs, un lien était fait entre la réaction de Justin Trudeau et sa promesse électorale de bonifier la subvention à Radio-Canada.

Marie-Claude Lortie, spécialiste des bonnes et des belles affaires à La Presse, fournit un autre exemple de manipulation périlleuse du commentaire. Le 10 novembre, avant les attentats du 13, elle publiait sur son compte que « l’arrivée de réfugiés signifie l’arrivée de beaucoup de savoirs, incluant… la cuisine ! Hâte aux nouveaux restos syriens. #épicerieaussi ».

La suite de cette chronique d’opinion sur le site du Devoir au bout de ce lien.

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