Loi anti-terroriste : la dérive orwellienne du régime égyptien

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web de Reporters sans frontières.

Reporters sans frontières (RSF) dénonce l’interdiction faite aux journalistes de contredire les versions officielles lors des attentats, prévue par une nouvelle loi anti-terroriste édictée par le président Al-Sissi.

“Le journalisme serait-il en soi un crime ? En Egypte, manifestement oui, s’indigne Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). Avec la nouvelle loi “anti-terroriste”, le régime d’Al-Sissi interdit désormais aux journalistes d’exposer les versions contradictoires. Les Egyptiens entrent dans un monde orwellien où le pouvoir est seul habilité à donner sa version. Même dans les pays où la liberté de l’information est la plus restreinte, il est rare qu’une loi condamne aussi clairement le pluralisme. Le pays s’enfonce chaque jour dans un despotisme de plus en plus terrible où le régime, non content de contrôler l’information, de retenir des reporters en prison, veut imposer la vérité officielle.”

La loi visant officiellement à renforcer l’arsenal anti-terroriste égyptien a été ratifiée le 16 août par le président Al-Sissi, en l’absence de l’élection d’un parlement. Publiée au Journal officiel, la nouvelle législation prévoit des amendes allant de 200 000 à 500 000 livres égyptiennes (de 23 000 à 57 000 euros) pour toute personne qui diffuserait de “fausses” informations sur les attentats ou les opérations des groupes djihadistes. Ainsi, un journaliste ne reprenant pas les chiffres officiels concernant le bilan de morts lors d’un attentat se rendrait coupable d’une infraction pénale.

Depuis l’accession au pouvoir du maréchal, le régime use et abuse du prétexte fallacieux de la lutte contre le terrorisme pour justifier sa répression systématique des journalistes ne suivant pas la ligne officielle. Au moins quinze journalistes sont actuellement détenus simplement pour avoir exercé leur mission d’information. Le pays figure à la 158ème place sur 180 pays du Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2015 par RSF.

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