Les pompiers de Montréal tentent de recruter des journalistes

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré de ICI.Radio-Canada.ca

Exclusif - Un analyste en marketing embauché par l'Association des pompiers de Montréal pour créer un nouveau site Internet offre entre 125 $ et 500 $ à des journalistes pour écrire un article sur le conflit de travail entre la Ville et les pompiers à la condition d'y inclure un lien vers le site Internet du syndicat.

Un reportage de Julie Marceau

La proposition a été envoyée à des membres de l'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) qui ont contacté Radio-Canada.

Une pratique normale, selon le syndicat

L'Association des pompiers de Montréal n'a pas voulu accorder d'entrevue. Elle soutient par écrit qu'elle « souhaite simplement, en confiant ce mandat à l'externe (...) voir comment elle peut mettre de l'avant ce qu'elle a déjà annoncé avant les Fêtes, soit exercer un appel au boycott des Jeux mondiaux des policiers et pompiers 2017 (...) susciter un débat animé, par un gestionnaire web de communauté ».

Tout en précisant qu'elle s'attend à ce que ses fournisseurs respectent les règles éthiques, elle soutient que cette pratique est connue et que les « multiples comptes Twitter de personnalités, de tous les horizons, politiques et autres, en sont une preuve ».

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et l'AJIQ dénoncent la tactique.

« C'est une façon de faire du publireportage déguisé, même si on laisse aux journalistes l'entière liberté dans la façon de traiter le sujet. (...) C'est une stratégie qui implique de corrompre les pratiques même de notre profession », affirme le vice-président aux affaires stratégiques et juridiques et porte-parole de l'AJIQ, Simon Van Vliet. »

« Ce qu'on fait indirectement, c'est qu'on s'achète une publicité en finançant un travail journalistique. Du point de vue de la FPJQ, on ne peut pas cautionner ce genre de pratique qui va complètement à l'encontre du code de déontologie », explique sa nouvelle présidente Lise Millette.

« L'information n'est pas une marchandise, le travail des journalistes ne s'achète pas »

Tant l'AJIQ que la FPJQ estiment qu'il y a un travail d'éducation à faire auprès des organisations qui font pression ainsi qu'auprès du public.

« L'année 2015 va certainement être l'année de la liberté de presse, et une presse libre, c'est une presse capable de vivre sans ces contraintes-là. »

« Des contraintes, il y en a partout, que ce soit des contraintes politiques, économiques... on le voit dans les régions, dans les plus petits médias où il y a toujours ce genre de pression-là. C'est un travail pédagogique de répéter que les journalistes travaillent avant tout pour le public », conclut la présidente de la FPJQ.

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