Les faits qui gâchent une bonne histoire...

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

« Don’t let the facts get in the way of a good story. » L’adage que les journalistes se rappellent entre eux, officiellement pour blaguer, nous vient de Samuel Langhorne Clemens, un journaliste américain du XIXe siècle. Les journalistes d’aujourd’hui auraient intérêt à se rappeler que ce n’était pas à son travail de gazetier que Lanhorne Clemens appliquait son aphorisme, mais à ses activités de romancier qui en ont fait un des plus grands écrivains américains. Son nom de plume : Mark Twain. Variations sur le thème par la chroniqueuse du quotidien La Presse Nathalie Petrovsky.

Par Nathalie Petrowsky

Tous ceux qui pratiquent le métier de journaliste connaissent la citation: ne laissez pas la vérité gâcher une bonne histoire.

La citation est attribuée à l'écrivain Mark Twain, mais comme on est de moins en moins sûrs de bien des choses ces jours-ci, ça pourrait aussi bien être une citation de Molière ou du fils de feu Kadhafi.

N'empêche. Cette citation résume en une seule et magnifique phrase tout le dilemme et toute la difficulté du métier de journaliste. Car malheureusement, ou heureusement, lorsqu'on est journaliste, on est journaliste. Pas écrivain. On doit rigoureusement, religieusement et inconditionnellement s'en tenir aux faits. Rien que les faits. Et des fois, laissez-moi vous dire que de ne rapporter que les faits, rien que les faits, c'est plate à mort.

On part en reportage avec une idée en tête. On espère être en mesure de la valider sur le terrain. Mais rien n'y fait. La réalité refuse souvent de se plier à nos idées, à nos idéaux ou à nos fantasmes. La réalité est une cruelle partenaire. À cause de ses caprices, on ne revient pas dans la salle de rédaction avec une histoire à tout casser. On revient avec trois fois rien, à peine de quoi écrire un entrefilet.

Mais c'est cela, le métier de journaliste. Tous ceux qui le pratiquent connaissent cette loi implacable. Ils savent qu'il y a une ligne à ne pas franchir et ils ne la franchissent pas.

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