Le principe de précaution : un point de repère pour les médias

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Communiqué de presse du Conseil de Presse du Québec

La couverture médiatique joue-t-elle un rôle dans le passage à l'acte des auteurs d'homicides intrafamiliaux? Quel effet le travail des médias a-t-il sur les proches de victimes, sur la communauté et sur le grand public? Telles étaient, en somme, les deux grandes questions sur lesquelles s’est penché un comité de chercheur dans le cadre d’une étude pilotée par le Conseil de presse du Québec (CPQ).

Bien que l’étude n’ait pas établi de lien de cause à effet entre la couverture médiatique et le nombre d'homicides intrafamiliaux, elle en arrive cependant à la conclusion qu’il y a lieu d'user de prudence, lors du traitement de ces événements extrêmement sensibles, autant à l'égard des personnes vulnérables, des proches impliqués que du public en général.

Il s'agit en effet du principal constat de l'étude « La couverture médiatique des homicides intrafamiliaux : mieux en comprendre les effets », réalisée pour le Conseil de presse du Québec par un comité de quatre chercheurs : Suzanne Léveillée, professeur au Département de psychologie de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR); Michel Tousignant, professeur associé à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre du Centre de recherche sur le suicide et l'euthanasie (CRISE); Julie Laforest, conseillère scientifique, prévention de la violence, Sécurité et prévention des traumatismes, Institut national de santé publique du Québec (INSPQ); Pierre Maurice, chef d'unité scientifique, Sécurité et prévention des traumatismes, INSPQ.

Ce rapport a été réalisé grâce à une subvention du Ministère de la Santé et des services sociaux, dans le cadre de travaux initiés en 2013 par le CPQ, à l'invitation du ministre de la Santé de l'époque, Réjean Hébert, et dans la foulée d'une recommandation du rapport du Comité d'experts sur les homicides intrafamiliaux, publié en 2012. À la même époque, le coroner Yvon Garneau avait également invité le CPQ à se pencher sur la question d'un possible effet d'entraînement provoqué par la couverture médiatique des homicides intrafamiliaux.

L'étude, qui comprend une analyse de la couverture médiatique de ce type d'homicides dans la presse écrite entre 2007 et 2012, constitue pour le CPQ un tremplin pour un travail de réflexion, de sensibilisation et de formation auprès des professionnels de l'information. Ce travail, le CPQ l'a déjà amorcé en réunissant journalistes, experts, représentants du réseau de la santé et des organismes communautaires, porte-parole de proches de victimes et des autorités policières, dans le cadre d'un forum de discussion d'une journée au printemps 2014.

« Ce forum a constitué une formidable opportunité d'échange entre des univers très différents, souvent appelés à interagir en parallèle lorsque surviennent des homicides intrafamiliaux. La rencontre a créé une rare occasion de rapprochement de ces mondes, une meilleure compréhension mutuelle de la réalité et du rôle de chacun, ainsi qu'une ouverture aux diverses perspectives sur le phénomène des homicides intrafamiliaux. Cette rencontre a par-dessus tout généré une précieuse réflexion sur les moyens à mettre en œuvre, de part et d'autre, afin de favoriser une couverture médiatique de qualité, respectueuse des personnes et responsable », a résumé Guy Amyot, secrétaire général du Conseil de presse du Québec.

« La publication de ce rapport de recherche ne doit pas être vu comme la conclusion d'une réflexion, mais bien comme le catalyseur d'un processus de réflexion et d’une série d’initiatives que mènera le CPQ afin d’accroître la sensibilité des médias et des journalistes, notamment par l’élaboration d’une formation en déontologie et éthique adaptée à la couverture médiatique de la violence en général », a conclu M. Amyot.

Le rapport complet est disponible en cliquant ici.

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