Le Figaro Magazine : un reportage-marathon financé en grandes pompes

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Un reportage fleuve largement illustré du Figaro Magazine sur la course d’un de ses rédacteurs en chef au marathon de Boston fait des vagues. Le reportage était financé par une marque de souliers. Tiré du site web du quotidien Libération.

Par Alexandre HERVAUD

Les 11 pages largement illustrées, qui ont fait grincer les dents de la Société des journalistes, ont été financées par une marque de chaussures de sport, rapporte le «Canard enchaîné».

La semaine dernière, le Figaro magazine publiait sur pas moins de 11 pages le récit poignant d’un exploit sportif, celui d’un «Rastignac version running» ayant participé au marathon de New York. En l’occurrence de Guillaume Tabard, l’un des rédacteurs en chef duFigaro en goguette à Manhattan et à l’honneur de moult photos, dont deux étalées sur des doubles pages. Sur Twitter, Tabard avait annoncé plusieurs jours auparavant la publication de son vibrant témoignage, photo de médaille à l’appui.

Vendredi, PureMédias révélait l’agacement de la Société des journalistes (SDJ) du Figaro qui, dans un mail interne, appelait sa direction à «plus de mesure dans la mise en avant de tel ou tel collaborateur», regrettant la distorsion dans la hiérarchie de l’information impliquée par ce type de reportage, devançant même le sujet affichée en couverture sur les «flics de l’ombre» chargés de traquer l’islam radical.

L’histoire aurait pu s’arrêter là – un long récit en partie à la première personne, parsemé d’envolées lyriques du type «je sue, donc je suis. Et je poursuis»- mais les révélations du Canard Enchaîné de cette semaine lui donnent une tournure bien plus problématique, déontologiquement parlant. Le journal nous apprend en effet que le reportage a été payé par la marque de chaussures Asics, dans le cadre d’un voyage de presse négocié des mois auparavant. Aucune mention d’un tel partenariat n’est faite le long des 11 pages de l’article.

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