« Hunger Games » sur une terre tourmentée

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Pour un journaliste étranger en poste à Jérusalem, la couverture du quotidien n’échappe jamais au contexte ambiant dominé par le conflit israélo-palestinien. Les réflexions du correspondant de l’Agence France Presse au terme de son affectation qui aura duré cinq ans. Tiré de Making Of, le blogue de l’AFP.

Par Selim SAHEB ETTABA

Même si l'on raffole des aubergines, est-ce une raison pour en manger à tous les repas, déclinées à l'infini, en purée ou entières, farcies, grillées ou gratinées, marinées ou nature?

Telle est la question que je me posais au moment de rejoindre mon poste de journaliste en charge des Territoires palestiniens, basé à Jérusalem, à la fin mai 2010, après de multiples missions sur place, de 1995 quand j'étais encore étudiant en journalisme à 2009, en passant par la deuxième Intifada.

Cette réflexion s'inspirait de l'histoire dans laquelle Nasreddine, personnage de légendes orientales, parvenu à la cour du redoutable Timour Lang, lui fait découvrir ce légume roi de la cuisine régionale. Sur ses conseils, le conquérant ordonne qu'on lui en serve matin, midi et soir. Mais au bout de deux semaines de ce régime, écœuré, il bannit les aubergines de sa table, bruyamment approuvé par son courtisan. Interrogé sur ce brusque revirement, Nasreddine lui rétorque: « Sire, je suis le serviteur de Timour, pas des aubergines ».

Comme les aubergines de cette fable, le conflit israélo-palestinien constitue le plat de résistance quotidien du journaliste à Jérusalem. En particulier du côté palestinien où chaque information ou presque y est directement liée. Couvrir cette actualité pendant plus de quatre ans, voire bien davantage pour nos journalistes locaux palestiniens et israéliens, exige à la fois un estomac bien accroché et une imagination fertile pour ne pas se laisser envahir par la lassitude ou la frustration et capter l'attention d'une opinion publique internationale gavée par des lustres d'hypermédiatisation.

La suite de ces réflexions sur Making Of, le blogue de l’AFP au bout de ce lien.

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