FPJQ et manifestations étudiantes : des agressions inadmissibles contre des journalistes

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Prise de position de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec à propos de la violence à l’endroit des journalistes couvrant les manifestations étudiantes au Québec par les policiers autant que les manifestants.

Les premières journées officielles de grève étudiante ont été le théâtre de graves entraves à la liberté de presse, alors que des manifestants et des policiers s’en sont pris physiquement à des journalistes.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) condamne ces actes de violence survenus à Montréal et à Québec en début de semaine.

Au centre-ville de Montréal, mardi soir, des manifestants masqués qui vandalisaient des voitures de police ont repoussé par la force des photographes de presse et un caméraman.

Le photographe Sébastien St-Jean, de l’Agence QMI, a été poussé dans le dos et a reçu une main au visage. Le photographe du journal Métro, Yves Provencher, et un caméraman de Radio-Canada se sont aussi fait interdire de capter la scène, repoussés par le groupe de manifestants.

Un peu plus tôt, à la même manifestation, le photographe pigiste Félix-Olivier Jacques Fournier, qui prenait des photos pour La Presse, a été poussé par un policier brandissant une matraque. M. Jacques Fournier, qui portait sur lui trois appareils photos et une ceinture d’équipement de photographie, a crié « presse, presse » et tenté de sortir sa carte de presse avant de se faire pousser vers le sol.

Lundi, lors d’une manifestation étudiante à Montréal déclarée illégale et rapidement dispersée, des contestataires se sont rués sur le journaliste de TVA, Maxime Landry, et sur le caméraman qui l’accompagnait, Kevin Crane-Desmarais. Ils ont donné un coup de pied à M. Landry et tenté de s’emparer de l’équipement de tournage de l’équipe.

La FPJQ encourage les journalistes victimes d’agression à porter plainte et à en aviser la fédération. Elle appelle également leurs collègues et les membres du public à soutenir leur travail et à dénoncer d’éventuels comportements violents.

À Québec, lundi, la tension est montée lors du débrayage à l’Université Laval, où des altercations entre étudiants ont nécessité l’intervention de policiers.

Le journaliste Jean-Simon Bui, de la radio FM93, affirme s’être fait plaquer, à trois reprises, contre un mur par un étudiant. Son collègue Patrick Bégin, a reçu une tasse de café en plein visage de la part d’un étudiant, dans des circonstances confuses ou chacune des parties accuse l’autre d’avoir initié la confrontation.

Rappelons que plusieurs journalistes ont été brutalisés, tant par des manifestants que par des policiers, lors du « printemps érable » de 2012. À l’époque, des manifestants avaient, entre autres, physiquement empêché le journaliste de TVA, Félix Séguin, de les suivre et endommagé son équipement. Un journaliste de Cogeco Nouvelles, Philippe Bonneville, s’était fait assaillir par quatre protestataires qui lui avaient arraché la carte de presse qu’il portait autour du cou et tenté de lui enlever son téléphone. Lors d’un autre évènement, le photographe du Devoir, Jacques Nadeau, avait été projeté à terre par un policier à cheval.

À l’aube d’un possible printemps chaud au Québec, la FPJQ dénonce fermement toute atteinte à la liberté de presse, pilier fondamental de cette même démocratie que les manifestants disent défendre.

Les journalistes qui couvrent ce type d’évènements se retrouvent souvent entre deux feux, mais doivent pouvoir exercer leur travail librement. La Fédération continuera de dénoncer les agressions physiques envers tous les journalistes, qu’ils soient membres ou non de la FPJQ.

Quant aux journalistes membres de la FPJQ, ils s’engagent à respecter leur Guide de déontologie, dont le texte complet est accessible en ligne sur le site de la Fédération.

La FPJQ appelle au calme et presse les leaders étudiants, les manifestants, et les policiers d’assurer le respect du travail journalistique.

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