A qui appartient le média : au journaliste ou au patron ?

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Un beau débat qui nous vient de Tunisie à l’heure où les syndicats de journalistes se plaignent de plus en plus de l’ingérence des propriétaires dans la ligne éditoriale des médias. Et ce au moment où la Tunisie et ses médias découvrent la démocratie et la liberté de presse après des années de censure. Tiré du média en ligne http://www.businessnews.com.tn/www.businessnews.com.tn.

Du rififi entre les patrons de presse et le syndicat des journalistes à propos de l’ingérence des premiers dans le travail des seconds. Régulièrement, la Haica publie des communiqués épinglant tel ou autre média pour sa ligne éditoriale jugée un peu trop partisane. En pleine croissance, après des décennies de censure, la ligne que doivent suivre les médias tunisiens n’est toujours pas claire.

C’est une journaliste dans le quotidien arabophone Ettounsia qui a déclenché cet énième différend entre le Syndicat des journalistes et la Fédération tunisienne des directeurs de journaux. Elle s’appelle Imen Hamdi et a été chargée de synthétiser le dernier discours de Béji Caïd Essebsi. Une synthèse qu’elle a élaborée à partir du texte officiel de la présidence. Il se trouve que ce texte est différent du discours prononcé par le président de la République qui a donné libre cours à l’improvisation en ce 20 mars 2015. Le fait est que le titre de la journaliste a été jugé inadéquat par son patron Nasreddine Ben Saïda. Ce dernier en choisit un autre, conformément à l’usage. L’usage que le titre soit choisi par la rédaction en chef ou par le secrétariat de la rédaction n’est pas quelque chose de spécifique aux médias tunisiens. La dernière polémique ayant touché le quotidien français Libération et son titre « C'est fini la Tunisie » en est la preuve. C’est la correspondante de Libération en Tunisie, Elodie Auffray, qui a rédigé l’article, mais c’est sa rédaction à Paris qui a choisi le titre. Pourtant, c’est Mme Auffray qui a subi les violentes critiques à propos d’un titre dont elle n’est pas l’auteure.

La nouvelle affaire d’Ettounsia n’est pas très étrangère à celle du quotidien français. C’est le cas d’une journaliste qui n’assume pas le titre que lui a choisi sa direction. A la différence que Libé a bien indiqué, après la polémique, que Mme Auffray n’en était pas l’auteure. Et à la différence, aussi, que Mme Auffray n’est pas allée polémiquer avec les syndicats et étaler le linge sale de son journal à l’extérieur.

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