Trois études universitaires concluent à la neutralité de la couverture médiatique du « printemps érable »

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Lors du « Printemps érable », des étudiants et des manifestants se sont plaints que leurs actions et leurs points de vue étaient traités de façon préjudiciable par les médias. Or, une série d’analyses approfondies que le Centre d’études sur les médias a rendu publiques montrent que ce jugement n’est pas fondé. En effet, les médias québécois ont offert des contenus le plus souvent sans orientation positive ou négative. Et quand ils ont coloré leurs contenus, ils ont été en général plus critiques envers le gouvernement du Parti libéral qu’envers le mouvement étudiant.

Journaux quotidiens et émissions de télévision ont été étudiés suivant des méthodes quantitatives et qualitatives, et le portrait est complété par une analyse d’entrevues de groupes permettant de connaître la perception des Montréalais du travail des médias.

Dans chacun des quatre quotidiens analysés (La Presse, Le Devoir, Le Journal de Montréal, The Gazette), quelque 80 % des nouvelles couvrent ou interprètent les événements sans que le texte ne dégage une impression d’ensemble positive ou négative que ce soit à l’égard du gouvernement, du mouvement étudiant ou des diverses associations étudiantes. Dans la portion qui contient une orientation, trois des quatre journaux (Le Journal de Montréal, La Presse et Le Devoir) ont davantage rapporté des éléments défavorables envers le gouvernement qu’envers le mouvement étudiant qui lui faisait la lutte. Une particularité au Devoir : les aspects positifs de la croisade étudiante ont eu légèrement le dessus.

Par ailleurs, les chroniques du Journal de Montréal sont surtout opposées aux étudiants. Peut-on blâmer ces chroniqueurs d’avoir exprimé leur opinion? Le journal les paie pour cela. Il n’empêche qu’on aurait pu souhaiter une plus grande diversité. Nous dénombrons en effet 50 chroniques très défavorables aux étudiants comparativement à cinq très défavorables au gouvernement. Un panel d’experts auquel ces chroniques ont été soumises estime que « la logique journalistique est ici respectée : les chroniques, par définition, permettent l’affirmation de points de vue personnels et subjectifs. Il n’y a donc, à cet égard, rien de véritablement surprenant ni d’éthiquement condamnable dans les commentaires, jugements et parfois “coups de gueule” relevés. »

Des cinq émissions de télévision analysées, trois correspondent particulièrement au constat général de grande neutralité, soit le téléjournal de fin de soirée de TVA et celui de Radio-Canada, de même que l’émission d’affaires publiques 24 heures en 60 minutes, de RDI. Environ 80 % de leur contenu ne recelait pas d’orientation négative ou positive à l’égard des parties impliquées.

Les trois études du Centre d’études sur les médias de l’Université Laval au bout de ce lien.

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