Nouveau modèle d’autorégulation de la presse au Royaume-Uni?

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web du Conseil de Presse du Québec

par Nathalie Villeneuve

La charte royale définissant un nouveau système d’autorégulation de la presse britannique, approuvée par la Reine le 30 octobre, pourrait ne servir à rien. Le gouvernement délaisse le ton intransigeant et entrouvre la porte à une autorégulation sans charte, alors que les travaillistes promettent de ne pas légiférer sur la presse s’ils prennent le pouvoir.

Après des mois de négociation entre les deux partis de la coalition gouvernementale (conservateurs et démocrates) et les travaillistes; après les amendements consentis pour que la presse adhère à la charte et le durcissement de ton du gouvernement envers les éditeurs ces dernières semaines, les regards sont maintenant tournés vers l’IPSO : l’Independent Press Standards Organisation.

Un consortium de journaux et de magazines, l’Industry Implementation Group (IIG), a mis de l’avant ce projet d’autorégulation il y a quelques mois. L’IIG n’a pas l’intention de faire reconnaître l’IPSO par l’organe de reconnaissance créé par la charte royale.

Changement de ton

Dans un contexte évoluant rapidement, le changement de ton des conservateurs et des travaillistes envers la presse est notable. Quelques jours après l’assentiment royal de la charte, lors d’une entrevue accordée à la BBC, la ministre de la Culture, Maria Miler, entrouvrait la porte à une autorégulation parallèle de l’industrie, en admettant que la charte royale puisse devenir redondante, si le projet de l’IPSO fonctionnait.

Un discours conciliant, si on le compare à la mise en garde qu’elle servait à la presse le 11 octobre. Refuser d’adhérer au système d’autorégulation de la charte pourrait conduire à une régulation obligatoire, prévenait-elle. Selon la ministre, les partis travailliste et démocrate auraient pu durcir le ton et demander des modifications législatives en ce sens, advenant le refus des éditeurs de journaux et magazines d’emboîter le pas.

Il semble que les travaillistes n’envisagent plus de s’engager dans cette voie. Harriet Harman, chef de cette formation politique, promet que son parti ne présentera pas de projet de loi restreignant la liberté de presse, s’il est porté au pouvoir en 2015, rapportait Press Gazette le 11 novembre. Mme Harman a fait savoir qu’un gouvernement travailliste serait satisfait si l’IPSO fonctionnait bien et était compatible avec les recommandations de Lord Brian Leveson.

La suite de cette chronique sur le site du CPQ au bout de ce lien.

Pour me joindre :

ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc