Loi d’accès à l’information – Noirceur intolérable au CUSM, révèle le Journal de Montréal

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré de la page hebdomadaire de la Fédération des journalistes du Québec

Un percutant article d’Éric Yvan Lemay dans le Journal de Montréal révèle l’ampleur de l’opacité qui règne depuis des années au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et souligne l’inefficacité manifeste de l’actuelle Loi d’accès à l’information au Québec. La liste des demandes d’accès à l’information faites par le Journal ces dernières années, incluant des demandes à propos du salaire de l’ancien directeur général,  Arthur T. Porter, et des dépenses en terme de construction de l’hôpital, illustre le climat de noirceur du CUSM. Ce climat, on le sait aujourd’hui, a laissé place à l’un des plus flagrants exemples de corruption que le Québec ait connu ces dernières années.

Le rédacteur en chef du Journal de Montréal, Dany Doucet, a réagit avec un appel au changement à la loi:

«Ce qui se passe au CUSM est une belle preuve que la loi québécoise sur l’accès à l’information date d’une autre époque», a-t-il souligné dans l’article de son journaliste. «Il faut lui donner des dents, la moderniser et la rendre conforme à une plus grande transparence de l’État comme Philippe Couillard l’a promis avec raison dès le lendemain de son élection».

Et de renchérir le président de la FPJQ, Pierre Craig:

«On a eu au CUSM ce qui représente probablement un des plus grands scandales de collusion des dernières années», a-t-il dit au Journal de Montréal. On ne peut pas laisser ces gens-là continuer à faire de l’opacité».

À ces demandes du Journal s’ajoute la révélation récente, obtenue après plus de deux ans de demande d’accès par le quotidien The Gazette, des coûts de la Bentley d’Arthur Porter , une voiture de luxe qui s’ajoutait aux dépenses de gestion de l’hôpital et dont certains membre du conseil d’administration n’étaient aucunement au courant, selon le journaliste de The Gazette Aaron Derfel.

Voici un extrait de l’article d’Éric Yvan Lemay qui dresse la liste des demandes d’accès au CUSM:

«En voici d’autres vécus par le Journal de Montréal et ses recherchistes au cours des dernières années.

Le contrat de St.Clair Armitage

Il a fallu plus de deux ans pour obtenir le contrat d’embauche et les allocations de dépen­se de celui qui est aujourd’hui visé par un mandat d’arrestation international. La demande a été faite en janvier 2010 et après discussions avec les avocats externes embauchés par le CUSM, les informations ont été transmises en novembre et décembre 2012.

Le salaire d’Arthur Porter

En janvier 2013, le CUSM a indiqué dans une réponse à une demande d’accès faite des mois plus tôt qu’Arthur Porter avait touché 348 033,81 $ pour l’année 2011 en salaires et primes. Cette demande avait été faite à des dizaines d’établissements qui avaient répondu beaucoup plus tôt.

Les coûts du futur hôpital

Le 6 novembre 2012, le Journal a demandé via l’accès à l’information d’avoir les montants dépensés jusqu’à présent pour la construction du nouveau CHUM et du nouveau CUSM. Le CHUM a répondu en huit jours alors que nous n’avons jamais eu de réponse du CUSM. Une demande identique a été faite le 28 avril dernier et il n’y a toujours pas de réponse de McGill.

Les infirmières à 100 000 $

Depuis quelques années, nous avons tenté d’obtenir par la Loi d’accès à l’information le nombre d’infirmières qui gagnent plus de 100 000 $. Si la plupart des grands hôpitaux ont l’habitude de répondre, le CUSM se fait tirer l’oreille à chaque demande.

Erreur de communication

Le 25 février dernier, une demande d’accès a été faite pour connaître le nombre d’accouchements par césarienne dans plusieurs hôpitaux. Le CUSM a envoyé un accusé de réception le 4 mars avant de dire le 11 avril qu’il y avait eu une «erreur de comm.»

Temps supplémentaire des infirmières

Preuve que les problèmes ne datent pas d’hier, une demande d’accès faite dans 50 hôpitaux en juillet 2008 a mené à la publication d’un article en novem­bre suivant puisque la très grande majorité avait répondu positivement. En 2010, le CUSM n’y avait toujours pas répondu.

Au moins deux autres demandes ont été envoyées au cours des dernières semaines. La Loi d’accès à l’information oblige normalement à répondre dans les 20 jours sauf en cas de contestation. Au cours des derniers mois, des problèmes semblables ont commencé à poindre au CHUM et à l’Hôpital général juif, où les délais avant de transmettre l’information se sont étirés.»

L’article du Journal de Montréal au bout de ce lien.

Pour me joindre :

ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc