Les médias canadiens ont été un modèle de journalisme pendant la fusillade à Ottawa

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du magazine en ligne Slate.fr

Demandez à un journaliste quel est l'aspect le plus compliqué de son métier et il vous répondra probablement la gestion des directs.

Ce mercredi 22 octobre, des tirs ont eu lieu près du parlement d'Ottawa. Les membres du parlement ont été confinés dans plusieurs pièces du bâtiment, pendant que les autorités canadiennes abattaient l'assaillant, Michael Zehaf-Bibeau, un Canadien d'une trentaine d'années.

Alors que les chaînes en continu américaines et françaises sont régulièrement critiquées pour leur gestion de ces évènements, la chaîne canadienne CBC (Canadian Broadcasting Corporation) a donné une leçon de journalisme, remarque Mother Jones.

«Présentées par Peter Mansbridge, les informations sur la fusillade à Ottawa se sont déroulées sur CBC comme sur beaucoup d'autres chaînes: beaucoup de détails approximatifs, des informations contradictoires, des témoins à qui l'on ne peut pas faire confiance, et un immense brouillard. Tout cela, on connaît. Ce qu'on a moins l'habitude de voir, c'est la façon dont le présentateur et son équipe ont géré cette confusion, en donnant une version concise des évènements et basée sur des faits vérifiés.»

Voilà ce que cela a donné en direct:

«La situation est tendue, et n'est pas claire. C'est dans ces moments-là que l'histoire prend différentes tournures, qu'il y a plusieurs changements, et que souvent des rumeurs commencent. Nous essayons de ne pas les inclure dans notre couverture mais quand elles viennent de sources officielles (comme les membres du parlement), on leur donne un peu plus de crédit. Mais nous les jugeons avec prudence, et les comparons avec ce que nous voyons. Il est clair que tout ceci n'est pas fini. Il est clair que la police continue de surveiller la zone et jusqu'à ce que quelqu'un crie "c'est terminé", nous continuerons à suivre ce qui se passe.»

Même les sites web ont donné une leçon de retenue. Voici par exemple en un tweet, la situation vue par la rédaction américaine de CNN (à gauche) et la rédaction canadienne de CBC (à droite).

La critique est très forte envers les médias américains, habitués à ce genre de dérapages. En septembre 2013, après la tuerie du Washington Navy Yard, le site de critique des médias On the media avait publié un manuel pour les gens qui suivent ce genre d'évènements. Le site américain explique ainsi que «les médias vont faire des erreurs dans les minutes qui suivent» et qu'«il n'y a quasiment jamais de second tireur».

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