Les futurs bourreaux de la presse brandissent l'« éthique » comme justification

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web du Comité pour la Protection des Journalistes

Partout dans le monde, des dirigeants autoritaires et leurs affidés épiloguent sur ​​la « responsabilité de la presse».

Par Jean-Paul Marthoz

La plupart du temps, leurs discours et prêches préconisant l'adoption de codes d'éthique et de déontologie servent à mettre du plomb dans les ailes des journalistes indépendants et à museler la presse. L'invocation de nobles notions comme le patriotisme, l'honneur, la réputation et le respect de l'autorité est destinée à dissuader tout enquête ou reportage dénonçant leurs abus de pouvoir ou leurs biens mal acquis.

Ils brandissent également l'éthique lorsque la presse aborde des sujets sensibles comme la religion, le nationalisme ou l'ethnie. Sous le vernis de la protection des minorités contre les discours d'incitation à la haine, ou de la prévention de l'incitation à la violence, les gouvernements s'emploient souvent à censurer des reportages sur des sujets d'intérêt public et qui méritent d'être publiés.

Dans les pays aux régimes autoritaires, les appels aux journalistes de faire preuve de responsabilité ou de décence sont pour la plupart une façon détournée de les censurer. En Égypte, après le renversement du gouvernement dirigé par les Frères musulmans en juillet 2013, les nouveaux dirigeants soutenus par l'armée ont immédiatement annoncé leur intention de créer un code de déontologie du journalisme et ont fait de son adoption une condition pour lever la censure qui pèse sur la presse.

En Équateur, le président Rafael Correa s'est illustré dans le dénigrement des médias pendant des années, les accusant d'être des « menteurs », de proférer « des discours orduriers » ou de « manquer d'éthique ». Après le raz-de-marée électoral qui l'avait reconduit dans ses fonctions en février 2013, il a averti, comme l'a rapporté John Otis, correspondant du CPJ, que « s'il y [avait] une question qui [méritait] d'être réglée, [c'était] bien celle de la presse qui manque totalement d'éthique et de scrupules ». Depuis, Rafael Correa a « réglé » la question de la presse à travers l'adoption d'une nouvelle loi sur les médias qui restreint sévèrement la liberté de la presse, conférant ainsi au gouvernement le pouvoir de réguler les contenus et d'imposer des sanctions arbitraires contre la presse.

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