Le Point condamné pour diffamation pour un article sur les immigrants chinois

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web du quotidien français Le Monde

Le directeur de la publication de l'hebdomadaire Le Point, Franz-Olivier Giesbert, a été condamné vendredi 24 janvier à 1 500 euros d'amende pour diffamation envers les immigrants chinois en France, en raison d'un article publié en août 2012. Il a été déclaré coupable de « diffamation publique envers un groupe de personnes à raison de leur origine ou nationalité chinoise ».

« A notre connaissance, il s'agit d'une première en France », a déclaré Me Alexandre-M Braun, avocat de SOS Racisme, qui avait porté l'affaire devant la justice. Intitulé « L'intrigante réussite des Chinois de France », l'article litigieux dépeint le parcours décrit comme typique de l'immigrant chinois, de la clandestinité à la réussite.

Si le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le prévenu pour les propos contenus dans l'article principal, il a jugé trois des cinq « Commandements de l'entrepreneur chinois en France », qui figuraient dans une infographie, diffamatoires : « Tu ne rémunèreras pas tes employés car ce sont des membres de ta famille », « Tu ne cotiseras pas et donc tu ne toucheras pas d'aides » et « Tu ne paieras pas d'impôts ».

« C'ÉTAIT DE L'HUMOUR »

Le tribunal, qui a également condamné M. Giesbert à verser à SOS Racisme 1 500 euros de dommages et intérêts et la même somme pour les frais de justice, a écarté le droit à l'humour invoqué par l'avocat du Point, Me Renaud Le Gunehec. A l'époque où la polémique avait éclaté, Franz-Olivier Giesbert avait déploré « que cette histoire ait été prise au premier degré, alors que c'était de l'humour, une forme d'humour qui n'est pas passée ».

Le jugement rendu vendredi « vient rappeler qu'il n'y a pas de divisibilité du racisme », a souligné Me Braun, qui a dénoncé des « poncifs discriminatoires ». Il est temps de marquer un coup d'arrêt à « ce racisme anti-chinois qui est devenu trop banalisé », a-t-il ajouté.

Maryline Zheng, vice-présidente de l'Association des jeunes chinois de France (AJCF), a salué une décision « historique, symbolique ». Les limites de la liberté d'expression n'ont pas été respectées par cet article, « qui n'a fait que véhiculer des fantasmes, des suspicions sur les Français d'origine chinoise ». « C'est vraiment une belle décision », a renchéri David Li, président de l'AJCF, confiant avoir été « ému » en entendant le délibéré.

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