Le Conseil de presse distribue des blâmes

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web du quotidien Le Devoir

Par Stéphane Baillargeon

C’est le festival des reproches dans les dernières décisions du Conseil de presse et il y en a pour tous les journaux francophones montréalais. Trois des décisions concernent des textes publiés en moins de deux semaines, en octobre dernier.

Pour une rare fois, le Conseil de presse du Québec (CPQ) adresse un « blâme sévère » à un journaliste et à un média pour une faute déontologique. La décision vient de tomber contre Michel Beaudry, chroniqueur du Journal de Montréal, pour « banalisation inexcusable de la violence sexuelle envers les femmes ». Le CPQ est le tribunal d’honneur de la profession.

La chronique en litige, publiée le 2 octobre 2013, traitait de l’intervention de membres du groupe Femen à l’Assemblée nationale. M. Beaudry racontait que s’il avait été agent de sécurité, il aurait placé ses deux mains sur la poitrine dénudée d’une des manifestantes. « Le fait que le texte se voulait humoristique ne saurait dédouaner le chroniqueur », écrit le CPQ qui retient le grief pour « atteinte à la dignité humaine ».

Un autre chroniqueur vedette du JdeM, Richard Martineau, reçoit une décision défavorable pour avoir comparé le port du voile islamique à celui de l’étoile jaune. Le texte du 13 octobre 2013 « J’admire les islamistes » semblait établir un lien entre les défenseurs du port du voile et les nazis. L’analogie est jugée « tout à fait irresponsable » et la plainte est donc retenue.

La journaliste Kathleen Lévesque et La Presse reçoivent aussi un blâme (mais pas sévère), dans ce cas pour un « travail journalistique bâclé ». La reporter a publié en ligne, puis sur papier, le 5 et le 6 octobre 2013, un article intitulé « La police se penche sur une plainte contre Projet Montréal ». Ce texte colportait des inexactitudes selon la décision et il a été rédigé sans vérifier les faits, sans même les corriger après que le parti faussement incriminé eut demandé des correctifs.

Finalement, une plainte concernant Le Devoir est retenue pour « information incomplète ». Il ne s’agit donc pas du tout d’un blâme. L’article publié le 11 septembre 2013 sous le titre « C’est une charte contre les femmes » a omis de préciser les affiliations de certaines des personnes interviewées. Deux des cinq juges ont exprimé leur désaccord en trouvant l’omission anodine.

Le CPQ a diffusé jeudi sept autres décisions. On peut les consulter sur le site conseildepresse.qc.ca.

Pour me joindre :

ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc