Journalisme : du danger de tweeter

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tweet sur Valérie Trierweiler: Pierre Salviac fait appel contre RTL

(Tiré du magazine français L’Express)

Le journaliste Pierre Salviac a fait appel dans son conflit avec RTL ce mardi. La radio l'avait remercié en 2012 après un tweet jugé injurieux à l'égard de Valérie Trierweiler et des femmes journalistes. Trois jours après l'élection de François Hollande, il avait lancé le 9 mai 2012 sur Twitter: "A toutes mes consoeurs, baisez utile, vous avez une chance de vous retrouver première Dame de France". Il faisait alors référence à la journaliste de Paris Match, alors compagne du chef de l'État.

Un humour "beauf" et "macho".

Son tweet, intensément commenté sur les réseaux sociaux, avait provoqué une rafale de réactions dénonçant son "machisme", son "sexisme" ou sa "beaufitude". La direction de RTL avait répliqué le jour même en annonçant à Pierre Salviac qu'elle mettait un terme à son "contrat de consultant rugby".

Le journaliste avait assigné la radio en justice, dénonçant une "rupture fautive de ce contrat" et une "atteinte à sa liberté d'expression". Il avançait notamment que son tweet "humoristique", qu'il avait rapidement supprimé et dont il s'était excusé, était étranger au contrat le liant à RTL. Il a cependant été débouté le 19 février. La 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris a considéré que RTL avait légitimement appliqué une clause de résiliation, prévue en cas de déclarations de nature à nuire à l'image de la radio.

Conflits d'intérêts

"Pierre Salviac conteste que RTL ait pu rompre son contrat en se fondant sur une clause qui est trop générale pour être applicable, et dont l'appréciation est arbitraire", a justifié son avocat, Maître Basile Ader. "Cette clause ne saurait pouvoir autoriser RTL à rompre un contrat de journaliste pour des déclarations qui n'ont pas été faites sur son antenne, mais sur son compte Twitter personnel", a-t-il ajouté, invoquant le "principe constitutionnel de liberté d'expression".

Pierre Salviac "était en droit de diffuser ce tweet, lequel avait pour unique but de dénoncer, sur un ton qui lui est propre, les conflits d'intérêt qu'entretiennent, dans leurs relations personnelles, les politiques et les journalistes français, dans de trop nombreux exemples." Le journaliste conteste en outre "le caractère injurieux ou sexiste de ce tweet" selon son avocat, précisant que celui-ci n'avait fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire.

Pour en savoir plus sur ce sujet : d’autres articles de L’Express au bout de ce lien.

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