IN MEDIA STAT VIRTUS… Une étude révèle les hauts et les bas de l’indépendance journalistique

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

tiré du Quotidien Le Devoir

Par Stéphane Baillargeon

Sept journalistes sur dix au Québec jugent que des contraintes d’ordre économique (publicitaires, commerciales ou corporatives) « ont déjà généré de la pression » sur leur travail. C’est déjà beaucoup. Seulement, il y a pression et pression.

Chez les médias de Gesca (La Presse, Le Soleil, etc.), à peine un journaliste sur dix (10 %) affirme que les propriétaires, les dirigeants du média non affecté à l’information ou le personnel des ventes publicitaires interviennent « régulièrement » ou « souvent » dans les décisions de la salle de rédaction. À Radio-Canada, la proportion baisse à 5 %.

Dans les médias de Québecor, la part ombragée gonfle à 20 %. Chez TC Média, l’impression d’un manque d’étanchéité frise les 30 %.

Il faut dire que TC Média possède beaucoup d’hebdomadaires régionaux, et encore plus depuis l’achat de 73 hebdos de Québecor en décembre dernier. Ces publications ont la réputation de favoriser les rapprochements dans le politique, l’économique et le médiatique.

Étude inédite

Ces données se trouvent dans une étude sur l’indépendance journalistique dont Le Devoir a obtenu copie. L’enquête inédite datée de février vient d’être déposée au Conseil de presse du Québec (CPQ), qui l’a commandée. Le CPQ est le tribunal d’honneur de la profession journalistique.

Les révélations sur l’intervention des propriétaires et des têtes dirigeantes dans le contenu rédactionnel ont leur importance en soi. Elles en gagnent dans le contexte de l’entrée en politique active de Pierre Karl Péladeau, propriétaire de Québecor, maintenant candidat pour le PQ dans Saint-Jérôme dans le cadre de la présente campagne électorale. La question constitutionnelle à plusieurs milliards devient toute simple : quel genre de pression les médias de M. Péladeau pourraient-ils continuer à subir de l’ancien baron de la presse et de ses hommes liges ?

39 questions, 7 grades

Le Rapport d’analyse de l’enquête quantitative sur l’indépendance journalistique a été rédigé par le professeur Marc-François Bernier, titulaire de la Chaire de recherche en éthique du journalisme de l’Université d’Ottawa. Le travail a été réalisé en collaboration avec le Conseil de presse du Québec. Ce mandat complète une étude qualitative précédente ayant révélé « bon nombre d’inquiétudes reliées à des facteurs pouvant fragiliser l’indépendance des journalistes ». Le nouveau volet quantitatif vérifie « dans quelle mesure ces inquiétudes [sont] partagées », selon la présentation du document.

Les 39 questions et propositions testaient les niveaux d’accord ou de désaccord des répondants sur une échelle de 7 grades. La position neutre se situe au niveau 4.

Pour découvrir les autres faits saillants de l’enquête, rendez-vous sur le site web du quotidien Le Devoir au bout de ce lien.

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