GazaUnderAttack : la désinformation en images

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web du quotidien français Libération

Par Audrey Destouches

En une semaine, près de 400 000 tweets ont été publiés pour dénoncer les frappes israéliennes, la plupart détournant des photos prises en Syrie, en Irak ou à Gaza il y a plusieurs années.

Tandis que les tirs de roquettes du Hamas et les frappes israéliennes sur Gaza s’intensifient, le hashtag #GazaUnderAttack se répand comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. Venant du monde entier, la plupart de ces tweets reprennent les mêmes photos choc, représentant des bombardements et des enfants morts ou ensanglantés.

Pourtant, l’un des premiers tweets avec ce hashtag date du 3 juillet, soit quatre jours avant le début des frappes aériennes sur Gaza dans le cadre de l’opération israélienne «Bordure protectrice».

A l’origine de ce message, Tyler Durden alias WasimAhmed89, qui se présente sur son profil comme un fan du Liverpool FC habitant dans la banlieue sud de Londres. Le jeune homme a jugé opportun de prendre position sur la situation dans la bande de Gaza entre deux tweets sur la Coupe du monde, et d'illustrer son message par un montage de photos prises en Syrie, en Irak, à Gaza en 2012, comme l'explique la BBC qui les a identifiées. Le tout a été retweeté dans la foulée, sans plus de précautions, par près de 8000 utilisateurs.

La tendance était lancée. Quatre cent mille tweets ont déjà été publiés en une semaine avec ce hashtag, la plupart illustrés des mêmes six images. Quand on remonte le fil, on s'aperçoit que très peu de leurs auteurs peuvent être assimilés à des fidèles du Hamas ou à des antisionistes. Ils ont des âges et des profils variés, sont originaires de toutes les parties du globe et ils se sentent poussés par une volonté d'alerte citoyenne. Certains d’entre eux se targuant de montrer au monde ce que les médias refusent de montrer.

«C'EST GAZA EN CE MOMENT»

C’est le cas d’une jeune fille de 16 ans qui a tweeté une photo de Gaza en flammes datant de novembre 2012 avec pour légende : «C’est Gaza en ce moment. Comme d’habitude, ce ne sera pas montré dans les journaux.» Interrogée par la BBC, elle raconte qu’elle ne savait pas que cette photo était ancienne mais que, de toute façon, «lorsqu’une bombe explose c’est toujours plus ou moins à cela que ça ressemble».

Ce n’est pas la première fois que ce genre de désinformation frappe Internet. Le conflit syrien, les troubles en Irak ou encore la mort de Ben Laden ont déjà donné lieu à la circulation massive de photographies détournées sur le Net.

Pour la suite de cet article de Libération et voir les principales photos postées sur Twitter ces derniers jours, avec des légendes attribuant les scènes de désolation à l'opération israélienne sur Gaza, cliquez sur ce lien.

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