France : Le Front national accusé de passer au crible la vie privée des journalistes

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web du quotidien français Le Figaro

Le Front national aurait décidé de passer au crible la vie privée des journalistes qui couvrent son actualité. Et ce dans le but de «les écraser» et de leur «marcher dessus». Les mots sont de Philippe Martel, le chef de cabinet de Marine Le Pen, bcité par Le Point. Des propos en partie démentis par l'intéréssé.

«On va vous rentrer dans le lard», a expliqué à une journaliste de l'hebdomadaire cet ancien collaborateur d'Alain Juppé passé au Front national.

Dans son viseur: «Tous ces connards de journalistes institutionnels». «De toute façon, les Français vous détestent. Notre plan média, c'est de vous attaquer à mort. La presse nous est défavorable, pourquoi continuer à collaborer avec elle?» dit-il. Et d'ajouter: «Il faut dire les études que vous faites, les appartements que vous habitez».

Le frontiste confirme que le FN a constitué des fiches sur le parcours des journalistes et se félicite de sa stratégie. «Vous avez vu comment Marine a attaqué Apolline de Malherbe? Ce n'est rien, ce n'est que le début», prévient le collaborateur de la présidente du FN. La journaliste de BFM-TV a été bousculée lors de l'émission du 11 mai: la présidente du FN avait notamment rappelé les études à Sciences Po et le passé chevènementiste de l'intervieweuse.

Sur Twitter, Philippe Martel a démenti une telle stratégie. «Anna Cabana (l'auteur de l'article du Point, ndlr) ne devrait pas se laisser influencer par des considérations personnelles quand elle signe un papier. C'est la NSA qui fait des fiches, pas le FN. Je n'ai conçu aucune stratégie à l'encontre de la presse. Le Front national n'a ni plan médias ni fiches sur les journalistes. Il s'adresse aux électeurs.» A l'AFP, Philippe Martel a en revanche concédé s'en être pris aux «connards de journalistes institutionnels.» «C'est tout à fait possible que je l'ai dit», reconnaît-il en revanche, avant d'ajouter: «Complètement interchangeables comme des petits pois, je me vois très bien dire ça».

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