France - Déontologie : un rapport scrute les dérapages des médias à la loupe

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web Téléram.fr

Le désamour entre les médias et les Français n'a jamais été aussi grand... Dans un rapport sur “l'insécurité de l'information”, l'Observatoire de la Déontologie propose qu'une structure régule la profession.

Par Olivier Tesquet

La presse marche dans les pas de François Hollande, mais ce n’est pas forcément ce que vous pensez. D’après une enquête réalisée en décembre 2012 par le Cevipof (le Centre de recherches politiques de Sciences Po), la cote de confiance des Français envers les médias est aussi basse que la popularité du président ; 23%. Le baromètre annuel TNS Sofres/La Croix n’est guère plus rassurant. Si la radio recueille 54% d’« opinions favorables », 35% des citoyens ont de sérieux doutes au sujet de l’information qu’ils lisent en ligne.

Partant de ce triste constat, l’Observatoire de la Déontologie de l’Information (ODI), une association créée en septembre 2012 s’est fendue d’un rapport sur « l’insécurité de l’information »… « Le terme d’insécurité n’est pas un hasard, elle concerne le lecteur, mais elle est évidemment économique », précise d’emblée Patrick Eveno, professeur en histoire des médias à la Sorbonne et membre du bureau de l’ODI. Pas de révélation dans ces cinquante pages, mais un travail de recension mené de front avec quelques médias (un seul en fait : Ouest-France), des représentants du public (les sociétés de lecteurs de Sud-Ouest et du Monde, notamment), et quelques personnalités indépendantes (dont Jean-Claude Allanic, l’ancien médiateur de France Télévisions, et Jean-Michel Dumay, le président de la société des rédacteurs du Monde de 2006 à 2008 qui avait tenu tête à Alain Minc alors président du conseil de surveillance du groupe Le Monde).

Le conseil de presse, un serpent de mer

A l’heure où la presse cherche sa martingale comme Taxi Girl cherchait le garçon, le rapport fait l’inventaire d’un secteur où le manque de moyens se conjugue à « une dictature de la vitesse ». En une cinquantaine d'exemples. Outre des errances géographiques dans les DOM-TOM, des confusions turco-syriennes ou des amalgames iconographiques entre chefs islamistes, le rapport évoque – sans nommer les médias responsables – l’interview d’un faux Luc Chatel par le site Atlantico, l’imposture de Rémi Gaillard dans l’émission Confessions Intimes, ou la rumeur du compte en Suisse de Laurent Fabius montée en Une de Libération. Plus dans l’air du temps, l’ODI relève aussi la montée en puissance du fact-checking, l’essor des faux experts travaillant pour le compte de marques sur les sites d’info participatifs ou les questions posées par l’ex-couple Audrey Pulvar-Arnaud Montebourg. C’est parfois trivial, parfois pas du tout. Parmi les problèmes plus encombrants soulevés par cet attelage hétéroclite, l’effacement de la frontière entre le journalisme et la communication, les conflits d’intérêts, le poids des actionnaires, des collectivités territoriales, les publi-reportages dissimulés, etc. Tous ces thèmes sont longuement évoqués dans le rapport, qui préconise en conclusion de « consolider le mur [...] entre l’économique et le rédactionnel ». Le mur, ou la ligne Maginot ?

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