Washington l'incestueux

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du quotidien montréalais La Presse

Par RICHARD HÉTU

Collaboration spéciale

(New York) Andrea Mitchell est l'une des journalistes-vedettes de la chaîne de télévision NBC, où elle couvre les affaires étrangères. Elle est également l'animatrice d'une émission quotidienne d'affaires publiques sur MSNBC, la petite soeur de l'autre sur le câble. Depuis 1997, elle est mariée à Alan Greenspan, qui a été président de la Réserve fédérale de 1987 à 2006.

Le couple a une vie sociale très active à Washington, assistant à ses soirées mondaines avec une assiduité remarquable. Au fil des ans et des administrations, il a noué des amitiés avec quelques-unes des personnalités politiques les plus influentes de la capitale américaine, dont Al Gore, Lloyd Bentsen, secrétaire au Trésor sous Bill Clinton, et Condoleezza Rice.

Ces relations personnelles ont valu à Andrea Mitchell d'être qualifiée de «conflit d'intérêts ambulant» par ses critiques, surtout après le krach financier de 2008, qui a provoqué une remise en cause des politiques de son mari à la tête de la Fed. Comment pouvait-elle traiter ce sujet? La journaliste et animatrice s'est toujours défendue de manquer à l'éthique de sa profession. «Mais dans l'environnement raréfié et interconnecté d'Alan et Andrea, c'est comme un hibou qui tente d'éviter les arbres», peut-on lire dans This Town, le livre politique de l'heure aux États-Unis.

Écrit par Mark Leibovich, ex-journaliste du Washington Post aujourd'hui à l'emploi au New York Times, l'ouvrage de 400 pages décrit de façon caustique les relations incestueuses entre journalistes, politiciens, lobbyistes et autres membres du «Club» qui règne sur Washington et dont l'auteur fait partie à son corps défendant.

Le livre paraît à une époque où la cote de popularité de la capitale américaine est à son plus bas dans le reste des États-Unis en raison des divisions partisanes et idéologiques qui la paralysent. Mais Leibovich fournit aux Américains d'autres raisons de haïr Washington, détaillant les moeurs d'une élite impossible à déloger qui y défend ses propres intérêts et ceux des 1%.

Andrea Mitchell est loin d'être l'unique cible de Leibovich parmi les figures médiatiques.

La suite (encore longue) de cet article, sur le site web de La Presse au bout de ce lien.

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