Une journaliste de CBC Montréal condamnée pour diffamation

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(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré de l’édition en ligne du Trente, le magazine québécois du journalisme — par Stéphanie Lalut La journaliste Joanne Bayly a été condamnée à payer la somme de 10 000$ en dommages moraux et punitifs à François Lukawecki, un professeur d’école primaire, suite à des courriels jugés diffamatoires à son endroit. Fait intéressant pour les journalistes,…

(Tiré de l’édition en ligne du Trente, le magazine québécois du journalisme)

par Stéphanie Lalut

La journaliste Joanne Bayly a été condamnée à payer la somme de 10 000$ en dommages moraux et punitifs à François Lukawecki, un professeur d’école primaire, suite à des courriels jugés diffamatoires à son endroit.

Fait intéressant pour les journalistes, le juge Michel Pinsonnault de la Cour du Québec a tenu compte des vingt-cinq années d’expérience en journalisme de l’accusée lors de l’attribution des dommages punitifs au plaignant. Le jugement mentionne qu’avec son expérience dans les médias, Mme Bayly était à même de comprendre les limites imposées à la liberté d’expression et les conséquences de diffuser de fausses informations.

Selon le magistrat, la crédibilité de Mme Bayly comme journaliste et comme personnalité connue du public est considérée comme un facteur aggravant dans sa distribution de propos jugés diffamatoires. Le juge souligne aussi que l’emploi de son adresse de courriel de la CBC et sa signature en tant que « Joanne Bayly, Journalist/Editor, CBC Radio News Montreal” a ajouté une pression indue sur les récipiendaires de ses courriels.

Dans le jugement, le juge explique que les écrits de Mme Bayly portaient atteinte à la réputation du plaignant et ont endommagé sa carrière.

La poursuite a été déclenchée suite à un incident en octobre 2007 entre Mme Bayly et M. François Lukawecki, professeur à l’école primaire Bancroft, située sur le Plateau Mont-Royal. Mme Bayly s’est présentée à l’école pour prendre des photos des élèves pendant une activité sur l’heure du diner. Mme Bayly ne prenait pas les photos dans le cadre de son travail de journaliste mais pour publication dans l’infolettre du comité de parents de l’école (Parents’ Participation Organization) dont elle faisait partie. M. Lukawecki aurait refusé qu’elle prenne les photos, invoquant entre autres la nécessité d’avoir l’autorisation des parents d’élèves et de la direction.

S’en est suivie une série de courriels négatifs concernant M. Lukawecki par Mme Bayly à différentes personnes du milieu scolaire, dont les supérieurs du professeur, sur une période de plusieurs mois. Ce sont ces courriels qui sont au coeur de la poursuite. Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large de frictions entre différents intervenants et organisations dans cette école.