The Guardian: le journalisme d'enquête ébranlé

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Article tiré du quotidien La Presse

Par NATHALIE COLLARD

Le journalisme d'enquête est en péril en Grande-Bretagne. C'est du moins l'avis d'Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian, le quotidien anglais qui a publié les révélations d'Edward Snowden sur l'ampleur de la surveillance gouvernementale aux États-Unis.

Dans un article qui a pratiquement fait le tour du monde et qui a causé une véritable onde de choc dans le monde médiatique et politique, Alan Rusbridger raconte qu'il y a un mois, à la suite de pressions de plus en plus insistantes de la part de représentants du gouvernement britannique, le Guardian a détruit les disques durs contenant les informations recueillies par Edward Snowden.

Ce consultant pour la National Security Agency (NSA) avait confié des informations très délicates sur le système de surveillance de son employeur au journaliste Glenn Greenwald, qui les a publiées dans les pages du Guardian.

Le rédacteur en chef du journal dit avoir obtempéré aux exigences du gouvernement afin d'éviter des poursuites judiciaires qui auraient empêché son journal de poursuivre l'enquête.

Dans une scène surréaliste qui s'est déroulée dans le sous-sol des bureaux du Guardian, - Rusbridger la qualifie de «moment le plus bizarre de l'histoire du journal» -, un journaliste et un informaticien du quotidien ont pulvérisé les disques durs sous l'oeil attentif de représentants du service de renseignements électroniques du gouvernement britannique qui voulaient s'assurer qu'il ne reste plus un seul morceau utilisable.

Une démolition symbolique

Bien entendu, cette séance de démolition est plus «symbolique» qu'autre chose puisqu'il existe d'autres copies de ces documents. Le Guardian l'a d'ailleurs répété à maintes reprises aux représentants du gouvernement, qui ont tout de même insisté pour que tout soit détruit afin d'éviter que le matériel tombe entre les mains d'espions chinois. Comme si le numérique n'existait pas...

La suite de cet article de Nathalie Collard sur le site web de La Presse.

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