Tarun Tejpal, l'icône déchue du journalisme indien

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web du quotidien français Le Mond

Par Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)

Tarun Tejpal avait choisi d'appeler son magazine Tehelka, « sensations » en hindi. Et en treize ans d'existence, les affaires à sensation n'avaient épargné personne : des hommes politiques aux officiers de police corrompus en passant par des joueurs de cricket. Jusqu'à ce que Tarun Tejpal soit lui-même pris au piège. Dimanche 1er décembre, le plus célèbre investigateur d'Inde a été placé en détention provisoire. Soupçonné d'avoir violé une jeune collègue, Tarun Tejpal a été incarcéré pour une période de six jours qui doit permettre aux enquêteurs de l'auditionner.

Le scandale ébranle le pays tout entier. Car c'est une icône du journalisme Indien qui tombe, précipitant dans sa chute un magazine réputé pour ses enquêtes qui firent vaciller les pouvoirs politique et économique. Dès l'information rendue publique, les chaînes d'information ont aussitôt relégué au second plan la campagne électorale qui bat son plein dans plusieurs Etats, pour ne consacrer leurs éditions spéciales qu'au sort de ce héros déchu.

Malgré son apparente décontraction, sa barbe de trois jours et son catogan, une manière d'afficher son irrévérence vis-à-vis de l'establishment, Tarun Tejpal a livré les attaques les plus féroces contre les maux qui gangrènent le pays, de la corruption aux violences communautaires. Ses méthodes d'enquête, parfois controversées et révolutionnaires pour l'époque, à l'aide de caméras dissimulées, ont fait tomber des hommes politiques pris en flagrant délit de corruption, ou encore démantelé des réseaux de pédophiles ou des mafias. Tehelka donnait surtout à voir une autre Inde, là où la presse anglophone rechigne souvent à se rendre : celle des millions d'aborigènes dépossédés de leurs terres par les industries minières, des intouchables victimes de violence et de discrimination dans les zones rurales.

LUI, LE DÉFENSEUR DES DROITS DE FEMMES

La réputation de Tarun Tejpal avait franchi les frontières de son pays, surtout pour ses oeuvres littéraires. Auteur de plusieurs romans, dont Loin de Chandigarh, une fresque moderne traduite en de nombreuses langues et finaliste du Prix Fémina en 2005, puis de Histoire de mes assassins et La Vallée des masques, il mettait en scène des personnages oubliés de « l'Inde qui brille ».

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