RAPPORT ANNUEL DE L’OMBUDSMAN DE RADIO-CANADA

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Le bureau de l’ombudsman des Services français de CBC/Radio-Canada a reçu 1 383 plaintes en 2012-2013 dont 1 130 concernaient l’information. C’est une hausse considérable puisque le bureau a reçu en moyenne 690 plaintes relatives à l’information au cours des cinq dernières années.

À ces 1 130 plaintes, il faut en ajouter 235 autres de citoyens qui protestaient contre l’exclusion du chef d’Option nationale du débat des chefs, lors de la campagne électorale québécoise. Cette augmentation de volume s’explique essentiellement par l’effet combiné du conflit étudiant qui a secoué le Québec l’an dernier et de l’élection québécoise.

Le rapport annuel de l’ombudsman des Services français de Radio-Canada pour 2012-2013 est maintenant disponible en ligne.

Mon bureau a reçu 328 plaintes en rapport avec la couverture du conflit étudiant. Ces plaintes ont débouché sur neuf examens qui n’ont permis de relever, fait à noter, qu’une seule infraction mineure.

L’élection générale au Québec, déclenchée le 1er août 2012, a donné lieu à 186 plaintes d’auditeurs, en plus des 235 mentionnées plus haut. Ces plaintes ont donné lieu à trois examens, dont un particulièrement délicat, à propos de deux reportages de l’équipe d’enquête de Radio-Canada sur une filature à laquelle la Sûreté du Québec a mis fin après que l’individu surveillé eut rencontré le premier ministre Jean Charest.

Cinquante-six auditeurs se sont plaints de ces reportages. J’y ai relevé des vices évidents dans la promotion, la présentation, la mise en ondes et la discussion des reportages.

Ce ne fut pas le seul examen délicat qu’a dû produire le Bureau de l’ombudsman cette année. Quelques semaines avant le déclenchement de la campagne électorale québécoise, la démission de M. Pierre Duchesne de son poste de journaliste politique à Radio-Canada, suivie de son passage rapide au Parti québécois, provoqua la controverse.

Mon bureau a reçu une vingtaine de plaintes à ce propos, dont celle du Parti libéral du Québec qui soutenait que M. Duchesne avait exercé ses fonctions d’analyste politique à l’Assemblée nationale du Québec alors qu’il négociait son passage en politique active.

Après analyse des faits et des témoignages qu’il m’a été possible de recueillir, j’ai conclu que je n’étais pas en mesure d’établir que M. Duchesne s’était placé en situation de conflit d’intérêts alors qu’il travaillait à Radio-Canada.

Enfin, cette année encore, l’éternel conflit israélo-palestinien a entraîné son lot de protestations : 75 plaintes se sont traduites par une douzaine d’examens. Il faut dire que le conflit armé à Gaza entre le mouvement Hamas et Israël, en novembre 2012, a enflammé l’opinion publique.

Des 524 plaignants à qui j’ai demandé aux directions concernées de répondre, 42 ont été déçus de la réponse reçue au point de me demander d’examiner le dossier.

J’ai donc produit cette année 42 examens, ou révisions dans le jargon de l’ombudsman , un sommet. Dans 31 cas j’ai estimé que les plaintes étaient non justifiées, que 7 l’étaient en partie, tandis que 4 l’étaient entièrement.

J’ajouterai en terminant que 2012-2013 a été la première année d’application du nouveau mandat de l’ombudsman adopté en mars 2012 par le Conseil d’administration de Radio-Canada.

Pour rappel, je précise que le libellé du nouveau mandat définit le champ d’intervention de l’ombudsman en termes de contenus plutôt qu’en termes d’émissions. En pratique, cela lui permet d’intervenir plus librement dans tous les secteurs qui produisent des contenus de nouvelles, d’actualités et d’affaires publiques, et pas seulement dans ceux produits par le service de l’Information.

Il faut savoir que, autant à CBC qu’à Radio-Canada, ces contenus ne sont pas exclusivement produits et diffusés par le service de l’Information.

Du côté de CBC, les émissions nationales d’actualités et d’affaires publiques ne relèvent pas de la direction des nouvelles, mais d’un autre secteur ; même chose pour les documentaires. Plusieurs directions, donc, y gèrent l’ensemble de l’Information.

À Radio-Canada, la responsabilité et la gestion des contenus d’information se partage entre deux directions générales. Ainsi, toute l’information produite par les 17 antennes régionales, que ce soit à la télévision, à la radio ou sur le web est placée sous la responsabilité de la direction générale des Régions. Depuis peu, il en va de même également de l’ensemble des émissions d’actualités et d’affaires publiques de la Première Chaîne Radio. La direction générale de l’Information chapeaute de son côté le Réseau de l’information, les bulletins de nouvelles nationaux et les émissions d’affaires publiques et d’information spécialisée à la télévision.

Le nouveau mandat a donc comme avantage de rendre plus « rationnelle » l’interprétation des Normes et pratiques journalistiques (NPJ ) de Radio-Canada en ce qui a trait à leur portée. Il amène aussi une application uniforme des NPJ par les deux ombudsmans des Services français et anglais, à travers l’ensemble de CBC/Radio-Canada.

Plus de détails sur chacun des aspects présentés ici dans le rapport annuel que vous pouvez consulter en cliquant sur ce lien.

Pour me joindre :

ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc