Plus clair, plus accessible, plus transparent

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Le site web de l’ombudsman fait peau neuve

C’est un rare privilège pour un journaliste d’occuper la fonction d’ombudsman de presse. D’abord parce qu’ils sont peu nombreux à remplir cette tâche. Au Canada, la « confrérie » se limite à quatre personnes. Je devrais d’ailleurs plutôt parler de « sororité » puisque mes trois collègues sont des femmes. À CBC/Radio-Canada, nous sommes deux ombudsmans : ma consoeur Esther Enkin pour les Services anglais, et moi-même pour les Services français. Les deux autres travaillent dans la presse écrite, au Toronto Star et au Globe and Mail.

Un privilège également du fait d’avoir été jugé suffisamment expérimenté et compétent pour porter un regard critique sur une profession qui obéit à des règles souvent mouvantes et toujours sujettes à interprétation.

Mais ce qui rend le travail d’ombudsman si exceptionnel, c’est qu’il consiste essentiellement à réfléchir à l’exercice du journalisme, à se pencher sur toutes ses formes et pratiques et à analyser les contenus d’information à la lumière de l’éthique, du droit d’expression et de l’intérêt public.

C’est donc avec le souci de partager cette réflexion que nous avons revu le site web de l’ombudsman.

Avec son nouveau design, sa foire aux questions améliorée, un accès et une navigation facilités, une procédure de plainte simplifiée, le site web de l’ombudsman de Radio-Canada se rend plus utile, plus efficace, et plus aisé à consulter.

À partir de maintenant, les auditeurs qui souhaitent me faire des suggestions ou des commentaires, ou encore réagir ou se plaindre d’un reportage ou d’un autre élément d’information entendu, vu ou lu sur l’une ou l’autre des plateformes de Radio-Canada n’auront qu’à remplir un formulaire disponible et facile à trouver sur le site.

Le quotidien du journaliste est maintenant fait d’heures de tombée multipliées à l’infini par l’information continue et l’instantanéité du web. En même temps, l’environnement économique exerce une pression constante sur les ressources dont il dispose.

Le journalisme est donc devenu, à bien des égards, un exercice périlleux, parfois même extrême. Le public, lui, mieux informé, mieux éduqué, plus conscient de ses droits, est plus vif à repérer les erreurs et les errances de la presse et plus prompt à demander réparation.

En tant que service public, Radio-Canada doit s’ouvrir le plus possible à la critique de ses auditoires et discuter en toute transparence et sincérité des reproches qui lui sont faits. Je crois que la nouvelle version du site web de l’ombudsman améliore encore cette ouverture et favorise cette discussion.

Le site continuera de recevoir les révisions des plaintes qui me sont demandées par les auditeurs. Je poursuivrai aussi la publication sur mon blogue d’articles soulevant des questions éthiques sur la pratique journalistique auxquels vous pourrez toujours réagir en m’envoyant vos commentaires, ou par Twitter.

Au plaisir de vous lire.

Pierre Tourangeau
Ombudsman des Services français
CBC/Radio-Canada