OMBUDSMAN : Admettre et corriger l’erreur

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Extraits du chapitre du rapport annuel de l’ombudsman des Services français de CBC/Radio-Canada intitulé La nécessaire transparence

Par sa profession de foi en ces institutions que sont devenus ses bureaux de l’ombudsman, CBC/Radio-Canada est (…) plutôt exemplaire dans l’univers des médias. Au Canada encore plus, puisque à part ses deux ombudsmans, on n’en trouve que deux autres dans les grands médias du pays (Toronto Star et Globe and Mail), et aucun chez les radiodiffuseurs ou télédiffuseurs concurrents.

Le maintien de ses ombudsmans n’est pas la seule manifestation de l’importance que la société d’État accorde à la qualité et à la crédibilité de ses contenus d’information. Je rappelle que CBC/Radio-Canada possède un code d’éthique en information – ses Normes et pratiques journalistiques (NPJ) – fort complet. Revu de fond en comble il y a quelques années, ce code se compare avantageusement avec tout ce qui existe de mieux dans les médias d’information du monde entier et il sert, à bien des égards, de référence et de modèle.

Toutefois, je me permets de souligner un élément de cet environnement éthique qui n’est pas, à mon avis, à la hauteur de ce que la Société fait déjà avec ses NPJ, sa procédure de plaintes publique et ses ombudsmans (et) où la volonté de transparence semble faire défaut.

De la lecture du millier de plaintes (et plus) que je reçois chaque année, on peut aisément conclure que le public, en général, croit que les médias cherchent à cacher leurs erreurs, au mieux à les minimiser quand ils n’ont pas le choix de les admettre. Pour eux, Radio-Canada ne fait pas exception. Cela explique que les auditeurs démontrent autant de cynisme, de sarcasme et de colère dans les plaintes qu’ils m’envoient.

Je souhaite donc que les directions qui produisent des contenus de nouvelles, d’actualités et d’affaires publiques relèvent le défi de la transparence et s’y attellent avec sincérité. À défaut, Radio-Canada ne profitera pas réellement des efforts méritoires qu’elle a faits pour asseoir la qualité et la crédibilité de ses contenus d’information, que ce soit par ses NPJ, sa procédure de plaintes et son Bureau de l’ombudsman.

Pour y arriver, il faut d’abord conscientiser les producteurs de contenus, gestionnaires et artisans, qui ne comprennent pas et ne connaissent pas tous également les NPJ et le Code de conduite de CBC/Radio-Canada qu’il leur revient pourtant d’appliquer.

Leur faire comprendre aussi que les erreurs sont normales, mais qu’il est par contre anormal de ne pas vouloir les reconnaître ou de les cacher; que ce comportement nuit à la crédibilité et à la réputation de Radio-Canada, alors qu’au contraire l’admission de bonne foi et la correction honnête d’une erreur augmentent cette crédibilité et améliorent cette réputation…

L’ensemble de ce chapitre et du rapport annuel de l’ombudsman de Radio-Canada au bout de ce lien.

Pour me joindre :

ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc