Mali ou les huis-clos d’une guerre sans médias, ni témoins

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(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

tiré du site web du magazine L’Express — PAR RENAUD REVEL Plonger dans les archives de la guerre de « 1914-1918 » revient à découvrir des trésors. Ainsi les « poilus » de Verdun furent-ils un jour réquisitionnés afin de « rejouer », face aux caméras du Cinéma des armées, des scènes, entièrement reconstituées, où l’on…

(tiré du site web du magazine L’Express)

PAR RENAUD REVEL

Plonger dans les archives de la guerre de « 1914-1918 » revient à découvrir des trésors. Ainsi les « poilus » de Verdun furent-ils un jour réquisitionnés afin de « rejouer », face aux caméras du Cinéma des armées, des scènes, entièrement reconstituées, où l’on voyait des soldats français victorieux enfoncer, baïonnettes aux canons, de fantomatiques tranchées allemandes! Destinées à l’opinion française, ces images de propagande inondèrent les salles de cinéma parisiennes.

De la même manière, l’armée Russe officialisa, images à l’appui, la libération du camp d’Auschwitz que quelques semaines après sa libération effective, une fois ses derniers occupants, -une poignée de déportés fantomatiques-, soignés et remis sur pieds, afin que des images de liesse, s’il en fut, puissent être exploitées par la propagande de Staline.

De tous temps, guerres et conflits ont fait l’objet de manipulations médiatiques. On se souvient de ces contingents de journalistes embarqués, -« embedded »- par la coalition durant la première guerre du golfe sur le théâtre d’opérations transformés en safari photo pour Gentils membres en mal d’images et de sensations.

De la même manière, mais pour d’autres raisons, le conflit malien, qui vire au huis-clos,

risque vite de tendre les relations entre une profession, fermement cantonnée à Bamako, c’est-à-dire à plusieurs centaines de kilomètres de la ligne de front, et des militaires décidés à sanctuariser leur champs de manœuvre. Pas une image, pas un son, pas un témoignage.

Si les politiques à Paris et les galonnés de l’Etat-major invoquent la dangerosité du conflit, les journalistes présents sur place ne l’entendent pas de cette oreille.

Afghanistan, Tchétchénie, Bosnie, Irak…bien d’autres théâtres de conflits ont vu toute une génération de reporters d’images braver ces interdits, au nom du droit à l’information.

La suite de cet article sur le site de l’Express au bout de ce lien.