Les ombudsmans, toujours pertinents ou trop accommodants?

Sommaire

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web ProjetJ.ca, l’Observatoire des médias, une initiative soutenue par la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et institutions du domaine du journalisme. — Note de lecture de la Chaire de recherche en éthique du journalisme de l’Université d’Ottawa Par Carolane Gratton, étudiante à la maîtrise en communication à l’Université…

(Tiré du site web ProjetJ.ca, l’Observatoire des médias, une initiative soutenue par
la Fondation pour le journalisme canadien en partenariat avec des universités et
institutions du domaine du journalisme.)

Note de lecture de la Chaire de recherche en éthique du journalisme de l’Université
d’Ottawa

Par Carolane Gratton, étudiante à la maîtrise en communication à l’Université d’Ottawa.

NDLR : je ne présente ici que des extraits du texte de Mme Gratton. Le texte complet
sur ProjetJ.ca http://projetj.ca/article/les-ombudsmans-toujours-pertinents-ou-trop-
accommodants

« Le monde des médias subit de constantes transformations qui affectent le
fonctionnement de leur salle de presse. Les questionnements liés à leur éthique, leur
devoir de transparence et leur imputabilité sont au cœur de nombreux débats.

Le professeur Huub Evers, en collaboration avec la fondation des ombudsmans de
presse des Pays-Bas, s’intéresse au concept d’Ombudsman. Financée par le fonds
de presse des Pays-Bas, sa recherche a pour but d’étudier les ombudsmans de ce
pays et l’impact qu’ils ont sur le contenu et les pratiques journalistiques. Il se demande
également s’ils ont l’indépendance nécessaire pour adopter une optique critique de leur
institution.

Cette étude s’appuie sur deux sondages, menés en 2008 et 2011 auprès des membres
néerlandais de l’organisation internationale des Ombudsmans de presse. De plus,
le contenu de 300 chroniques des ombudsmans de trois journaux, ainsi que 400
commentaires du public, a été analysé.

Les données recueillies indiquent que le nombre d’ombudsmans et de représentants du
public a grandement diminué de 2008 à 2011 aux Pays-Bas, passant de 12 à seulement
trois. Ces derniers, étudiés lors de cette recherche, proviennent de deux organes de
presses nationaux (un journal et une radio) et d’un journal local.

L’étude des chroniques des trois ombudsman a permis d’observer une certaine
constance dans le traitement du contenu. Les plaintes qu’ils reçoivent sont
généralement en lien avec de potentiels biais, des omissions mineures et des
fautes d’orthographes, etc. Alors que des sujets plus graves comme les pressions
commerciales, le sensationnalisme et la question du journalisme en ligne, etc. sont
moins courants.

(…)

Quant à la diminution du nombre d’ombudsmans aux Pays-Bas, il ne s’agit pas d’une
situation unique. On retrouve le même phénomène aux États-Unis, entre autres.
L’auteur explique, et déplore, que cette situation est causée par deux croyances
majeures. La première veut qu’avec internet et les blogues, où l’interaction avec le
public est constante, l’ombudsman ne soit plus nécessaire. La deuxième croyance veut
que le fait de confier des postes éditoriaux à des journalistes d’expérience permette

d’accomplir la même amélioration du contenu et des pratiques journalistiques que l’embauche d’un ombudsman, qui implique des coûts additionnels.

Cette vision est fortement critiquée par Evers qui précise que les nombreuses recherches de la fondation des ombudsmans de presse des Pays-Bas ont démontré l’impact important que ceux-ci jouent dans l’autocritique, l’autorégulation, la transparence, la qualité et la crédibilité qu’ils apportent à leur journal respectif.

Leur indépendance, quant à elle, se doit d’être assurée et l’auteur soutient qu’un ombudsman indépendant de la salle de presse est préférable à ceux qui font partie du comité éditorial. Ces derniers ont un plus grand poids dans l’application de leurs revendications et possèdent une meilleure connaissance de la culture de l’entreprise, mais il leur manquerait l’indépendance nécessaire pour être suffisamment critique envers leur média. »