La Sûreté du Québec enquête à nouveau sur des sources journalistiques

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Communiqué de presse de la Fédération professionnelles des journalistes du Québec

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) dénonce l'enquête criminelle qui vient d'être ordonnée par le directeur général de la Sûreté du Québec (SQ), Mario Laprise, sur les fuites qui auraient alimenté les récents reportages sur l'écoute électronique du président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Michel Arsenault.

Cette enquête menace fatalement les sources confidentielles qui ont fourni aux journalistes des informations essentielles d'un intérêt public évident au moment où la commission Charbonneau se penche sur le monde syndical.

Ces révélations journalistiques non démenties ont permis de savoir que la SQ a communiqué au gouvernement des informations qu'elle aurait dû garder pour elle, et que cette divulgation inopinée a entraîné l'échec de l'Opération Diligence, une opération policière d'importance.

Sans les médias pour dévoiler ces faits, une bavure des autorités publiques serait restée dans l'ombre, et le questionnement nécessaire sur les liens trop intimes entre la police et l'État n'aurait pu être soulevé.

Ces bienfaits pour le public dépassent nettement les éventuelles entorses au Code criminel qu'auraient commise les sources des journalistes.

La nouvelle enquête de la SQ rappelle l'affaire Ian Davidson quand, en février 2012, le ministre de la Sécurité publique de l'époque, Robert Dutil, avait ordonné une enquête policière sur la source de certaines fuites.

La FPJQ craint que l'enquête n'amène à mettre des journalistes sous écoute, à saisir leur matériel ou à les forcer de révéler en cour le nom de leurs informateurs.

Il y a ici un enjeu de liberté de presse primordial. Ces sonneurs d'alarme sont essentiels à la vitalité de la démocratie car, placés en première ligne, ce sont eux qui peuvent le mieux dénoncer les dérives de la part des administrations publiques.

Ils doivent être protégés et non pourchassés.

Sans sources confidentielles, le vigoureux journalisme d'enquête du Québec perdra ses moyens. Le public en sortira perdant et les autorités qui ont des choses à cacher, comme les raisons de l'échec de l'Opération Diligence, seront ravies de ne pas avoir de comptes à rendre.

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