La Norvège accusée de censure par la Suède

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du site web du Courrier International

Un comédien suédois a accusé la Norvège d'être un pays raciste, dans un talk-show diffusé dans les deux pays. Une séquence coupée dans la version norvégienne. La presse suédoise crie à la censure politique, tandis que les responsables norvégiens s'en défendent.

Par Kristina Rönnqvist

Sur le plateau de l'émission "Skavlan", le comédien suédois Özz Nûjen, d'origine kurde, a accusé la Norvège d'être un pays raciste. Cette séquence n'a pas été diffusée en Norvège - DR Sur le plateau de l'émission "Skavlan", le comédien suédois Özz Nûjen, d'origine kurde, a accusé la Norvège d'être un pays raciste. Cette séquence n'a pas été diffusée en Norvège - DR

Normalement, les Suédois et les Norvégiens voient la même version du talk-show le plus populaire de Scandinavie, "Skavlan". Il s'agit d'une co-production suédo-norvégienne, présentée par le journaliste norvégien Fredrik Skavlan et enregistrée à Stockholm.

Mais vendredi 18 octobre, la chaine de la télévision publique norvégienne, NRK, a coupé environ une minute d'un dialogue entre le comédien suédois Özz Nûjen (d'origine kurde) et l'ancien Premier ministre norvégien, le social-démocrate Jens Stoltenberg. Le comédien a accusé la Norvège de racisme, s'appuyant sur le fait que le parti xénophobe "Fremskrittspartiet" ("le parti du progrès") se trouve désormais au gouvernement, dans la coalition avec le parti conservateur "Höyre" ("la droite").

D'après le quotidien suédois Expressen, Jens Stoltenberg a maintenu que Fremskrittspartiet n'était pas raciste. Ce qui a fait réagir Özz Nûjen, qui a alors répliqué : "Les deux partis Fremskrittspartiet et Höyre veulent que les Roms soient expulsés en masse de la Norvège. Si cela n'est pas du racisme, alors qu'est que le racisme ? "

Auto-censure

"Les Norvégiens ont été 'épargnés' de regarder cet échange cinglant et pouvaient confortablement rester dans leurs canapés-télé", explique Expressen, pour qui il est "difficile de voir là autre chose que de l'auto-censure". Le quotidien se demande si "c'était vraiment cela que Jens Stoltenberg voulait dire, lorsque, après les tueries d'Utöya, il a déclaré que 'notre réponse doit être plus de démocratie et une plus grande ouverture'".

Et le journal de rappeler que le parti de l'extrême droite Fremskrittspartiet a actuellement sept ministres dans le gouvernement norvégien, dont une, la chef du parti (Siv Jensen), qui est la ministre des finances, "a alerté contre l'islamisation en douce de la société. Cela n'est pas une bagatelle et qu'un comédien suédois en parle, devant le leader de l'opposition lui-même, devrait pouvoir être toléré par la NRK".

La suite de cet article au bout de ce lien.

Pour me joindre :

ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc