La loi sur les médias en Équateur
« grave recul » pour la presse

(Reproduit du site web de France 24)

Par l’Agence France Presse

L'association interaméricaine de presse (SIP), dont le siège est à Miami en Floride, a jugé lundi que la nouvelle loi sur les médias en Équateur constituait « le plus grave recul pour la liberté de la presse et d'expression dans l'histoire récente » de l'Amérique latine.

Pour la SIP, cette loi régule les contenus journalistiques, impose des sanctions économiques et administratives, et établit l'obligation pour les journalistes d'avoir un diplôme universitaire, autant de dispositions qui « réduisent à leur minimum le libre exercice du métier de journaliste », a estimé Claudio Paolillo, président de la commission de la liberté de la presse et d'information à la SIP.

Pour le SIP, « les dispositions de (la loi) ne se différencient en rien de ce qu'avaient mis en place les dictatures militaires qui ont ravagé la région dans les années 70 et 80 ».

« C'est le plus grave recul pour la liberté de la presse et d'expression dans l'histoire récente de l'Amérique latine », a jugé M. Paolillo, directeur de l'hebdomadaire Búsqueda d'Uruguay.

L'assemblée nationale équatorienne a changé par cette loi la répartition des fréquences hertziennes, en accordant 34% aux médias communautaires, 33% au secteur public et 33% au secteur privé.

Le secteur privé contrôle actuellement 85,5% des fréquences radio et 71% des fréquences télévisées.

La loi prévoit aussi la création d'un conseil régulateur qui restreint la diffusion de contenus violents, explicitement sexuels ou discriminatoires.

Le président équatorien Rafael Correa a défendu de son côté la loi, accusant les médias privés de « vouloir convertir l'information en marchandise ».

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