G-B - La loi anti-terroriste utilisée contre le journalisme

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré de la lettre hebdomadaire de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

David Miranda, le partenaire de Glenn Greenwald, le journaliste du Guardian couvrant les programmes de surveillance de masse effectués par la National Security Agency (NSA) américaine a été détenu par la police britannique à l'aéroport d'Heathrow pendant neuf heures, le dimanche 18 août, dans le cadre de « l'annexe 7 » des lois anti-terroristes du Royaume-Uni.

L'annexe 7 permet d'interroger les voyageurs sous le couvert de la prévention du terrorisme. Ils n'ont ni le droit de garder le silence ni de recevoir des conseils juridiques, et ils peuvent être détenus pendant neuf heures. Selon David Miranda, on ne lui a posé aucune question au sujet du terrorisme, mais on l'a contraint, durant son interrogatoire, à divulguer les mots de passe utilisés pour lire ses courriels et utiliser les médias sociaux. Son équipement électronique a également été confisqué. Il transportait des informations destinées au Guardian. Aucun lien entre M. Miranda et une quelconque activité terroriste n’a été établi ni même signifié à ce dernier.

Pour Reporters sans Frontières, «les autorités britanniques ont cherché à déstabiliser Glenn Greenwald et Laura Poitras, une documentariste ayant également travaillé avec Edward Snowden le lanceur d'alerte américain ayant divulgué des documents de la NSA, et que David Miranda était venu rencontrer à Berlin».

Après l'incident, le rédacteur en chef du Guardian, Alan Rusbridger, a révélé que le gouvernement britannique avait contacté le journal au sujet des informations envoyées par Edward Snowden.

Alan Rusbridger a déclaré qu'un haut fonctionnaire du gouvernement lui a demandé de renvoyer ou de détruire tous les documents de la NSA qui ont fait l'objet de fuites. Il a accepté sans difficulté de détruire deux disques durs en présence de deux experts en sécurité du gouvernement britannique. Le geste était sans aucune portée pratique puisque le Guardian possède des copies dans d'autres pays dont les États-Unis et continuera ses révélations, mais d'une grande portée en matière de liberté de presse.ur la Fédération internationale des journalistes (FIJ) "Les incidents de la semaine dernière en Grande-Bretagne constituent une preuve supplémentaire de la poursuite de l'érosion des droits civils et de la liberté des médias. Les journalistes à travers le monde sont soumis à un contrôle et une surveillance de plus en plus stricts : ils sont arrêtés aux frontières, leur travail est entravé simplement parce qu'ils exercent leur profession». La FIJ demande aux autorités européennes de revoir les lois anti terrorisme.

Pour la Fédération internationale des journalistes (FIJ) "Les incidents de la semaine dernière en Grande-Bretagne constituent une preuve supplémentaire de la poursuite de l'érosion des droits civils et de la liberté des médias. Les journalistes à travers le monde sont soumis à un contrôle et une surveillance de plus en plus stricts : ils sont arrêtés aux frontières, leur travail est entravé simplement parce qu'ils exercent leur profession». La FIJ demande aux autorités européennes de revoir les lois anti terrorisme.

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