É-U - Le native advertising : un nouveau péril en uniforme de journalisme

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré de la lettre hebdomadaire de la Fédération professionnelle de journalistes du Québec. Avec trois liens vers des articles du Wall Street Journal, du New York Times et de PaidContent

Pour le rédacteur en chef du Wall Street Journal, Gerard Baker, le native advertising est un pacte avec le diable. La pratique, de plus en plus répandue jusque dans des médias respectables, consiste à permettre à des marques de créer du contenu qui sera inséré dans leur site, sous une forme qui ressemble peu ou prou à celle de l'information. La mention qu'il s'agit d'un contenu promotionnel est plus ou moins claire, parfois inexistante.

Les marques minent ainsi ce qui fait la valeur et la crédibilité des médias, leur indépendance. À terme cependant elles se tirent dans le pied. Tout le contenu du journal, incluant leur propre contenu commandité, n'aura plus de crédibilité.

L’article du Wall Street Journal en cliquant ici.

Des médias permettent à des annonceurs et à des firmes de relations publiques d'avoir accès directement à l'outil de gestion de leur site web. Ces firmes peuvent alors publier elles-mêmes leur propre contenu sur le site du média qui leur a si aimablement ouvert les portes de la citadelle.

Ces pratiques menacent le contrat tacite entre les médias d'information et leur public. Comment savoir qui est derrière l'information publiée et quelle est sa valeur?

Mais pour un magazine comme Forbes, qui utilise abondamment le native advertising, tous les indicateurs sont devenus positifs: ventes en kiosque en hausse de 17% et revenus doublés. Le magazine se permet même de remporter des prix de journalisme.

L’article du New York Times sur le sujet en cliquant ici.

Le native advertising ou content marketing ou les autres expressions qui décrivent un rapprochement entre la publicité et l'information ne veulent pas toujours dire la même chose et elles ne recouvrent pas toujours la même réalité.

Un article essaie de répartir en cinq niveaux les liens variables entre la publicité et l'information sur les sites des médias. Cela va de la bannière publicitaire classique bien identifiée jusqu'à la totale, où la promotion ne se distingue plus de l'information et dispose des mêmes fonctionnalités comme la possibilité d'être partagée sur les réseaux sociaux.

Cet article sur le site de PaidContent au bout de ce lien.

Le congrès de la FPJQ aborde cette question le 23 novembre sous le titre «De l'info à la promo: 50 nuances de gris».

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