Des chroniqueurs vin à indépendance variable

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Article tiré du Huffington Post

Par Yves Mailloux, blogueur et chroniqueur en vin

En cette ère de grande communication dans laquelle nous sommes supposés vivre, il est quelque peu étrange que l'information semble de plus en plus contrôlée. À la suite de cette concentration dans le traitement de la nouvelle, de nombreux postes de journalistes ont été coupés. Certes, on communique aujourd'hui beaucoup et à tout vent, mais sommes nous mieux informés pour autant? Voyons ensemble comment cette tendance se traduit dans le monde du vin au Québec.

On n'a jamais autant parlé et écrit sur le vin au Québec que maintenant. Les télés, les postes de radio, les quotidiens et journaux de quartier ont presque tous une chronique sur ce sujet puisque cela répond à un besoin des consommateurs qui recherchent de l'information. Bravo.

Mais encore faut-il, pour que cette information apparaisse crédible, qu'elle provienne d'une source non biaisée et objective, c'est-à-dire la plus indépendante possible, à l'abri de tout conflit d'intérêt. Agir autrement c'est faire douter de la qualité de l'information que l'on transmet. Tout comme pour la justice où il doit aussi avoir apparence de justice, l'information livrée au public doit pouvoir apparaître comme non manipulée.

Une situation troublante

Je n'ai moi-même appris que très récemment que la Société des alcools, par l'entremise de son service des communications, avait une flopée de chroniqueurs vin qu'elle mettait gratuitement et sur demande à la disposition des médias privés. Après tout, cela n'est mentionné nulle part sur leur site internet. On peut consulter sur le site de vinquebec.com un résumé sur ce sujet méconnu du grand public et que je vous invite à lire.

Le principe est simple : la société d'État qui a le monopole de la vente du vin au Québec, fournit et paie des chroniqueurs vin aux médias. Et ce sont surtout ces médias que je désire ici blâmer avant tout. Car en échange d'un coût nul, d'innombrables stations de radio, de magazines et d'hebdos régionaux à travers la province (plus d'une trentaine en 2010 et on ignore combien aujourd'hui), acceptent de livrer à leurs auditeurs et lecteurs de la publicité déguisée sous le noble prétexte qu'ils font de l'information publique. Publique peut être, objective, non.

Le deal tacite est simple: tu me donnes du contenu et je te donne du temps d'antenne (ou de l'espace écrit) pour "ploguer" ton entreprise et tes produits. Car c'est bien connu, les médias ont besoin parfois d'un peu de contenu à placer entres leurs annonces publicitaires.

La suite de cet article sur le site du Huffington Post au bout de ce lien.

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