CBC: Prudence en période électorale

(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tirée de la chronique Tour du Monde déontologique du Conseil de Presse du Québec

En faisant une entrevue avec un candidat aux élections municipales, lors d’une émission réalisée à Aylmer, l’équipe de Ottawa Morning a enfreint les Normes et pratiques journalistiques de CBC/Radio-Canada.

Dans leur réponse au plaignant, les responsables de l’émission ont fait valoir que l’objectif de cette émission diffusée le 25 octobre n’était pas de couvrir la campagne électorale. Il s’agissait plutôt de visiter l’un des quartiers de la région d’Ottawa et de discuter des enjeux importants de cette communauté avec les gens de ce secteur et des conseillers municipaux. Des trois invités, un seul s’est présenté.

Dans son analyse, l’ombudsman de CBC, Esther Enkin, note que cette émission était réalisée dans le contexte de la campagne électorale municipale et que les enjeux soulevés étaient les mêmes que ceux abordés par les candidats.

Elle rapporte que l’animatrice a d’ailleurs conclu son entrevue en donnant une minute au candidat présent pour expliquer pourquoi les gens devraient voter pour lui. « Même si Mme Bresnahan [l’animatrice] avait évité toute référence à la campagne, le contexte était politisé », souligne Mme Enkin, en rappelant que les règles entourant les élections mentionnent la nécessité d’avoir un traitement équitable et équilibré.

Esther Enkin conclut que peu importe quels étaient les objectifs des responsables de l’émission pour réaliser une émission à Aylmer, ils devaient prendre en compte le contexte dans lequel il se déroulait.

L’ombudsman a fait valoir les mêmes arguments dans une décision rendue au sujet d’un reportage réalisé à Halifax. On y abordait le sujet de la candidature d’Amanda Dickie, présidente du Centre des femmes de l’Université Saint Mary’s, à la tête de l’association étudiante.

La plaignante estimait que le fait de ne parler que d’une candidature représentait une prise de position de la part de CBC. La direction rappelle pour sa part qu’Amanda Dickie a décidé de se présenter en raison de la controverse (une vidéo montrant des étudiants entonnant une chanson encourageant le viol et les relations sexuelles avec des mineurs) ayant forcé cette élection à la présidence.

Reconnaissant qu’il n’était pas réaliste de penser que CBC pouvait faire des reportages sur les autres candidats à la présidence de l’association étudiante de l’université, Mme Enkin estime que CBC aurait dû au moins nommer les autres candidats, afin de respecter les politiques en vigueur lors d’une élection.

La décision complète de Mme Enkin au bout de ce lien.

Pour me joindre :

ombudsman@radio-canada.ca

Twitter : @ombudsmanrc