Une fondation pour soutenir les bonnes pratiques en matière d’information ?

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(Les textes que je publie dans cette revue de presse sont des références. Il ne faut pas les interpréter comme des opinions personnelles. Pierre Tourangeau)

Tiré du blogue de Collette Brin, professeure titulaire au département d’information et de communication de l’Université Laval — Par Colette Brin Je réfléchis présentement à un projet un peu fou: la mise sur pied d’un organisme de soutien à l’innovation et au développement de bonnes pratiques en matière d’information. Les initiatives indépendantes pour promouvoir l’information…

Tiré du blogue de Collette Brin, professeure titulaire au département d’information et de communication de l’Université Laval

Par Colette Brin

Je réfléchis présentement à un projet un peu fou: la mise sur pied d’un organisme de soutien à l’innovation et au développement de bonnes pratiques en matière d’information.

Les initiatives indépendantes pour promouvoir l’information de qualité bourgeonnent au Québec, parfois dans des lieux insoupçonnés. Dans les meilleurs des cas, elles servent de véritables laboratoires en milieu naturel pour les entreprises de presse. Ce sont par contre le plus souvent des projets personnels et bénévoles: les artisans y investissent talent et énergie mais assument tous les risques, notamment financiers. Beaucoup de ces projets, pourtant prometteurs, s’éteignent trop rapidement faute de ressources ou de visibilité.

Une fondation pour l’information de qualité?

Compte tenu des défis importants en information au Québec –alphabétisation, éducation et formation continue, diversité culturelle et régionale, changements technologiques, entre autres–, de telles initiatives sont pourtant vitales. Le développement du mécénat, combiné à des aides publiques bien ciblées, pourrait servir à soutenir et diversifier notre écosystème médiatique.

La culture du mécénat n’est pas très développée au Québec. L’intervention de l’État y est davantage privilégiée. Mais les subventions exigent de la part des demandeurs une connaissance fine des rouages des programmes et des règles des concours. Les dossiers de demandes peuvent prendre des semaines, voire des mois à préparer. Les fondations et autres organismes philanthropiques permettent de pallier ces limites et de soutenir, avec plus de souplesse, des initiatives d’intérêt public qui ne correspondent pas aux critères, souvent assez stricts, des programmes gouvernementaux.

Car les ressources de l’État –et des donateurs potentiels– étant limitées, il faut bien établir des priorités de financement. À mon sens, le développement d’applications technologiques et l’autonomie financière à long terme peuvent faire partie de tels projets, mais ne devraient pas en être le moteur.

Je conçois plutôt une fondation consacrée à l’information de qualité, sorte de croisement entre le Conseil de presse du Québec et la Fondation québécoise pour l’alphabétisation. Elle aurait comme mission première le développement des compétences, voire des «bonnes pratiques» à toutes les étapes du processus: la mise en forme, la diffusion et la réception de l’information. Il s’agit là d’une des responsabilités du système d’éducation, mais force est de constater que celui-ci ne suffit plus à la tâche dans l’environnement numérique.

Des fondations américaines comme Knight, Pew et Poynter œuvrent dans ce domaine depuis des décennies. Le rapport du Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec a recommandé la mise sur pied d’un fonds pour le journalisme à l’instar des ProPublica et autres OSBL vouées au journalisme d’intérêt public.

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